Alice au pays des Merveilles...

Étalement urbain, Vision zéro, le transport collectif, transport actif, les quartiers oubliés, environnement: qu’ont-ils en commun? Ils envahissent le discours des candidats à la mairie.

Chacun a son refrain pour attirer les votes. Une impression qu’un profil se trace à l’horizon. Une forme de collusion. Il n’y a pas de partis politiques municipaux mais les idées ne s’entrechoquent pas. Un discours, presque mot pour mot, claironné haut et fort ferait en sorte qu’il passe mieux et s’imprime dans l’imaginaire collectif. Étalement urbain, transport collectif, stationnement incitatif, réduction de la circulation automobile, transport actif (à bicyclette, à patins à roulettes, à pied), changement de la desserte des autobus, pollution des autos... et les taxes baisseront.

En 2015, les représentants de la STTR déclaraient que pour circuler aux 15 minutes il faudrait doubler le budget. Essence et trajet augmentent. Bienvenue Alice au pays des Merveilles! Bientôt, Vision zéro et le programme de la pollution par les autos privées. Pour corriger la situation, mettons en place les éléments suivants: diminution de l’étalement urbain, ajout de transports collectifs et actifs afin de réduire la pollution. Optons pour un centre-ville de style européen, avec une forte densité qui garantirait l’efficacité du transport collectif... Hâte d’avoir la facture!

Les candidats, les quartiers oubliés. Nous sommes, aujourd’hui, issus d’une fusion forcée. Cela exigeait un plan global. Des sacrifices, des oubliés. Qualifier cela de dommages collatéraux?

Quartier oublié. Les comités de quartier qui donnaient la vie de quartier. Certains assis sur leur galerie et d’autres investissaient dans le bénévolat. Ils ont perdu la vigueur de la jeunesse. Étant jeune, le bas du Cap, on n’attendait pas après la ville pour nos activités. Avec parc et patinoire on s’organisait. Les commerçants du quartier participaient. Un échevin, uniquement lorsque notre comité avait la maturité et le vent dans les voiles. Un équipage fringant. L’échevin venait nous administrer son poison: la subvention. Ce poison démotive l’équipage, ne veut plus ramer, on a un moteur de soutien: la subvention. Elle part, nous allons à la dérive. Rameurs devenus bedonnants, rompus à l’inactivité sociale du quartier. Pourquoi aller cueillir? On livre à domicile. La vie du quartier a son essence par ceux qui l’habitent. L’échevin n’est qu’un passage: une roue de secours à utiliser en cas d’urgence.

Le quartier vit des gens qui l’habitent. Investir un million pour une fête de quartier, les lumières du spectacle s’éteignent, la morosité reprend son cours. Pour ceux qui me parlent de feu le Festival des amuseurs publics, je suis vraiment navré. Ce festival n’était pas une fête de quartier, mais plutôt celui de feu la ville de Cap-de-la-Madeleine, comme le Festifrancien, comme le secteur des Forges. Les nostalgiques, arrivez en 2019! Pour certains, nous sommes toujours en deuil. Cela prendra une décennie pour oublier.

Une suggestion aux quartiers oubliés: faites votre comité de survie, votre vie de quartier en commençant par une rue, après deux, après trois. L’échevin et le maire du temps arriveront toujours à temps pour couper le ruban et livrer un peu leur poison. Sauf que si ces gens conservent un antidote: le dynamisme.

René Blier

Secteur des Forges

Trois-Rivières