Les travailleurs syndiqués de Rio Tinto demandent au gouvernement et à Alcoa de rendre des comptes dans le dossier du lock-out à l’ABI.

Alcoa appauvrit le Québec

OPINION / L’auteur, Alexandre Fréchette, est président de l’unité syndicale 1490 de l’Usine Alma, membre du syndicat des Métallos. Il s’exprime ici au nom des travailleurs syndiqués de Rio Tinto aluminium du Québec.

Quelques jours après le refus d’Alcoa de poursuivre les négociations chez ABI, il est bon de remettre certaines pendules à l’heure.

Qu’un lock-out soit assimilé à un «Act of God» dans le contrat qui lie ABI à Hydro-Québec dénature complètement l’équilibre des forces.

Alcoa a obtenu seulement cette carte truquée en 2014, un cadeau du gouvernement. Dans les circonstances, quand le gouvernement nous dit que c’est un conflit privé, c’est totalement ridicule!

Les effets sont nombreux.

D’abord, ce sont les lock-outés et leur famille qui sont les plus touchés. Il semblerait que malheureusement Alcoa s’en fout totalement.

Alors, parlons économie! Manque à gagner pour Hydro-Québec de 165 millions $, pertes d’emplois, pertes de revenus d’impôt et de taxes: la liste est longue. Bref, cela touche l’économie de l’ensemble du Québec. Chaque dollar épargné par Alcoa, sur le dos des travailleurs, c’est un dollar qui sort du Québec. Tout le monde y perd.

Il est grand temps que la population voie le vrai visage d’Alcoa. Cette dernière s’est moquée de tous les processus de négociation. Le conciliateur expérimenté du ministère Jean Nolin, l’ancien premier ministre et négociateur aguerri Lucien Bouchard et même le ministre Jean Boulet ont mordu la poussière.

Malgré les effets spéciaux du ministre qui s’entête à ne pas voir la vraie nature de la partie patronale, un fait demeure: Alcoa refuse de négocier. C’est ce qui a poussé le syndicat à déposer une plainte pour négociation de mauvaise foi. Essayer de dire que les deux parties ont de la volonté de négocier relève du mensonge et a pour effet de faire perdurer ce lock-out. Monsieur le ministre, cessez les effets de toge! Votre jupon dépasse.

Alcoa doit répondre de ses actes publiquement. Actuellement, cette dernière se contente de communiqués vides ou de passer par un obscur professeur d’université pour mettre la pression sur les travailleurs.

C’est notre énergie qui permet à Alcoa, une compagnie américaine, de faire des profits dans ses trois alumineries au Québec. En finançant le lock-out, notre gouvernement joue le jeu d’une compagnie étrangère qui malmène les citoyens du Québec.

Cela doit cesser, l’équilibre des forces doit être rétabli. Ce conflit concerne tous les Québécois. Nous sommes écœurés de payer pour Alcoa.