Aide sociale: des citoyens de seconde zone?

OPINIONS / L’auteur, Serge Petitclerc, est porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté.

Dans son dernier budget, le gouvernement du Québec porte une attention particulière aux personnes «vivant des situations très difficiles nécessitant un soutien accru de la part de la société».

Il est vrai que le budget contient des mesures nécessaires pour les femmes victimes de violence conjugale, les personnes aidantes, les parents d’enfants majeurs lourdement handicapés, les aînés en CHSLD et les enfants «maltraités ou négligés». Et c’est très bien.

Cela dit, pourquoi le gouvernement ne considère-t-il pas aussi les prestataires de l’aide sociale et de la solidarité sociale comme des personnes «vivant des situations très difficiles»?

Que le budget ne leur ait pas réservé un sou de plus que ce qui était déjà prévu dans le troisième plan de lutte contre la pauvreté, adopté en 2017, est aussi incompréhensible que désespérant.

Ces personnes devront continuer de se démener pour survivre avec des prestations pas même suffisantes pour couvrir les besoins de base déterminés par la Mesure du panier de consommation, à laquelle se réfère pourtant le gouvernement.

Faut-il rappeler que, dans le cas des personnes seules au programme d’aide sociale, les prestations mensuelles de 690 $ leur permettent de couvrir à peine la moitié de leurs besoins?

Visiblement, les préjugés à l’égard des personnes assistées sociales sont tenaces au gouvernement. Par sa façon de les traiter comme des citoyennes et des citoyens de seconde zone, il semble dire qu’il ne tient qu’à eux d’améliorer leur sort, en faisant des efforts pour retourner sur le marché du travail.

Or la réalité est plus complexe. Et le droit à une vie décente s’applique à tout le monde, même aux personnes assistées sociales.