ABI: mettons ce lock-out derrière nous

L’auteur, Mario De Tilly, est directeur général d’Innovation et Développement économique Trois-Rivières.

Le 11 janvier 2018 restera marqué longtemps dans les annales de la Mauricie et du Centre-du-Québec. L’un des fleurons économiques bécancourois, ABI, décrétait un lock-out. À ce moment, personne ne pouvait prédire l’issue du conflit. Près d’un an plus tard, les parties n’en sont toujours pas venues à une entente. Et cette situation nous inquiète au plus haut point.

Un conflit comme celui qui perdure depuis onze mois maintenant a un effet domino sur l’économie. Ses conséquences sont encore difficiles à chiffrer précisément, mais pensons simplement aux impôts sur les salaires que le gouvernement du Québec ne perçoit plus, aux produits et services qui ne sont plus taxés parce que les travailleurs ont réduit leur consommation, aux revenus de vente d’électricité que n’encaisse plus Hydro-Québec...

Employant plus d’un millier de travailleurs, ABI est un des employeurs privés les plus importants en Mauricie et au Centre-du-Québec. Ces emplois bien rémunérés entraînent des dépenses appréciables dans l’économie locale, sachant que chaque dollar injecté en produit quatre autres par effet d’entraînement.

Avec une masse salariale de quelque 100 M$ par année pour l’usine de Bécancour, on peut imaginer l’impact significatif du lock-out sur nos commerçants locaux. C’est sans compter les sous-traitants qui ont dû mettre à pied des dizaines d’employés, avec toutes les conséquences que cela engendre.

L’impact de ce conflit déborde les frontières de nos deux régions, c’est pourquoi nous trouvons important que le gouvernement du Québec s’implique activement afin qu’il se règle au plus vite. D’ailleurs, nous saluons les efforts mis de l’avant par notre ministre régional, également ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet. Sa ferme volonté de régler ce conflit qui dure depuis trop longtemps doit être applaudie.

À quelques jours de Noël, nous lançons ici un réel cri du cœur. Il est urgent de mettre ce lock-out derrière nous. À ce moment-ci, nous pouvons encore espérer vivre le temps des Fêtes sereinement et commencer la nouvelle année sur de nouvelles bases. Ce scénario est possible.