Jean Lamarche, maire de Trois-Rivières
Jean Lamarche, maire de Trois-Rivières

À Trois-Rivières, on reste tissés serré!

OPINION / L’auteur, Jean Lamarche, est maire de Trois-Rivières.

Le 12 mars dernier, la ville a été touchée en plein cœur par la pandémie de la COVID-19. Nous apprenions que la maladie avait atteint directement nos employés, nos concitoyens. Cet électrochoc a, entre autres, fait en sorte de mettre rapidement la Ville en action.

Nos mesures, que j’ai annoncées dès le 14 mars, nous permettront probablement de répondre à l’objectif d’aplatir la courbe de propagation et de permettre au système de santé d’absorber le coup. Probablement, parce que nous ne pouvons qu’espérer que nos sacrifices seront suffisants.

Dimanche dernier, en me rendant au travail, j’ai croisé un enfant qui étrennait un petit vélo, un cadeau de Noël? À la fois poussé et retenu par son père, l’élève maladroit était filmé par sa mère qui marchait à reculons. Les quelques mètres séparant mon véhicule de la scène ne m’ont pas empêché de ressentir une inspirante dose d’amour. Je crois qu’il y aura toujours des oies blanches au plafond et des petits bouts de choux qui pédalent en bottes d’eau pour nous rappeler que la vie reprendra le dessus sur la maladie.

Je ne prétends pas que c’est facile de respecter les règles de distanciation, d’éviter les rassemblements, ou même d’envisager maintenir ou ramener notre économie à son niveau d’avant pandémie. Nous n’avons juste pas le choix d’affronter la situation avec le courage, la fierté, la créativité et la solidarité qui font de nous, les Trifluviennes et les Trifluviens que nous sommes.

Trois-Rivières a subi et combattu le dévastateur feu de 1908. Sur les cendres tièdes du brasier, les Trifluviens ont reconstruit une partie de la ville en un temps record. Le 22 juin 1909, le bihebdomadaire trifluvien Le Bien public soulignait d’ailleurs que «les sinistrés ont donné le spectacle d’un courage, d’une vaillance de cœur extraordinaires.» Cette démonstration de courage aura permis à notre ville de se relever et de s’imposer dans le 20e siècle comme une capitale québécoise du milieu industriel et économique.

Et que dire de cette période sombre des années 90, où les fermetures d’usines et les licenciements massifs ont secoué notre économie régionale et plongé dans l’incertitude des milliers de familles mauriciennes? Vingt-cinq ans, et une véritable révolution plus tard, notre ville s’affiche fièrement comme une capitale de la culture, du tourisme et de l’innovation. Et cette usine, autrefois assise au confluent de la rivière et du fleuve, a fait place à un site majestueux, habité ou fréquenté chaque année par des centaines de milliers de personnes.

Il y a eu un avant COVID-19, il y a un maintenant, et il y aura un après. Il est indéniable que ces trois époques seront distinctes, et ce, même si nous ne connaissons avec certitude que le passé et l’actuel.

Je veux vous remercier. Vous qui maintenez nos services essentiels. Vous qui prenez le temps de prendre soin physiquement ou virtuellement de vos proches. Vous qui faites le choix responsable, au sacrifice de votre bien durement gagné, de modifier ou d’interrompre vos activités. Vous faites la différence dans cette crise planétaire.

Tout comme moi, les conseillers municipaux, gestionnaires et employés de la Ville considèrent que la situation est très sérieuse. Nos déployons les efforts et les moyens qui nous permettront de traverser ce moment désormais historique. Notre souci d’être proactif fera aussi en sorte que nous serons dans le peloton de tête lors de la reprise de nos activités normales.

À Trois-Rivières, même en gardant nos distances, on reste tissés serré!