L’auteur de cette lettre croit qu’il est inévitable pour l’avenir de voir naître des partis politiques municipaux à Trois-Rivières.

À quand des partis politiques municipaux à Trois-Rivières?

OPINIONS / L’actuel conseil municipal navigue souvent en zone de turbulence depuis son élection. Pas moins de trois maires se sont succédé à la tête de notre ville et malgré leurs personnalités somme toute différentes les unes des autres, aucun n’a incarné la voie à suivre ou encore n’a été en mesure d’exercer un réel rôle de meneur. À tort ou à raison, cette perception pourrait faire du millage dans les chaumières trifluviennes et rien ne semble permettre à notre ville de prendre une vitesse de croisière et d’avancer avec un vent favorable.

On parle souvent d’ambiance ou encore de climat de travail pour tenter de trouver ce qui pourrait clocher au sein du conseil. L’élection d’un nouveau maire devait nous apporter un nouveau souffle, mais force est de constater que le navire est toujours malmené par des vagues scélérates. L’ère Lévesque étant maintenant bien dernière nous avec l’arrivée d’un nouveau maire à la feuille de route bien différente, ceci n’a pas empêché une majorité de conseillers de voter contre sa volonté dans le dossier des Aigles et du GP3R ni de faire des sorties médiatiques qui ont eu pour résultat d’écorcher son leadership.

Qu’est-ce qui explique cette constante difficulté à rallier les membres du conseil municipal? Quel est l’avenir réservé à notre appareil politique municipal? À mon humble avis, l’explication est fort simple. Nous avons devant nous un groupe de personnes qui ne forment en rien une équipe partageant une même vision. Bien qu’il soit sain d’avoir des opinions divergentes autour d’une même table afin de nourrir les débats, je crois que le bon fonctionnement de notre ville doit passer par un groupe qui s’entend sur des valeurs et des priorités communes. En d’autres mots, être en présence d’individus à part entière, mais qui s’unissent vers des objectifs concertés à l’intérieur d’une vraie équipe, ce qui fait cruellement défaut actuellement. Cette impression s’est accélérée depuis la démission du maire Lévesque et pendant le court mandat de suppléance de madame Bellemare. Rappelons-nous certains dossiers chauds ou controversés comme Vision zéro ou les refus d’aider financièrement certains projets d’organisations sportives.

Le manque d’unité et d’objectifs communs de nos élus municipaux est, selon moi, palpable. Certains citoyens et commentateurs de l’actualité ont déjà mentionné que nous étions en présence d’un groupe de huit ou même neuf personnes formant un parti politique non officiel à l’hôtel de ville. Est-ce le cas? Peut-être, mais plus sérieusement, nous sommes assurément en présence d’un groupe distinct formé d’individus qui partagent des valeurs et des priorités communes se situant plutôt à gauche sur l’échiquier politique.

Ont-ils le droit de défendre ces valeurs et par le fait même, d’y ajouter cette couleur lors des prises de décision? Absolument! Mais je suis d’avis qu’il serait dans l’intérêt de tous d’avoir l’heure juste sur les «familles politiques» en place. Les électeurs ont le droit de savoir à quelle enseigne logent les candidats lors d’un scrutin, ce qui n’a peut-être pas été le cas pour bon nombre de Trifluviens et Trifluviennes lors des élections de novembre 2017.

Pour plusieurs, ils n’ont pas été en mesure de faire un choix éclairé et constatent désormais le positionnement des gens pour qui ils ont donné leur appui. Savaient-ils que leur conseiller ou conseillère ferait partie d’un groupe d’opposition au maire, et ce, peu importe quel qu’il soit? Avaient-ils pleine conscience en votant pour certains candidats que leur vote allait servir une cause militante à saveur écologique?

Pour ma part, une question demeure entière: notre ville est-elle mure pour voir naître une nouvelle dynamique au conseil municipal par la création de partis politiques à Trois-Rivières? Si certains diront que l’expérience a déjà été tentée et qu’elle n’a pas été couronnée de succès, je leur répondrai que le contexte actuel est drôlement différent. Alors, je vous pose la question, et ce, peu importe de quel côté vous faites pencher la balance politique: êtes-vous d’avis qu’il serait dans l’intérêt des électeurs de voir naître des partis politiques en vue des élections de 2021? Personnellement, je crois que c’est inévitable et que nous devrons approfondir cette avenue très prochainement.

Stéphane Guay

Trois-Rivières