À propos du projet de Loi 21

OPINIONS / Il semble bien que la majorité des Québécoises et Québécois soient en faveur de l’adoption du projet de la Loi 21. Une minorité s’y oppose.

Parmi les manifestations et les oppositions à la Loi 21, beaucoup laissent entendre que le projet défend le port de signes religieux dans l’espace public, ce qui de fait brimerait la liberté de conscience. Mais il s’agit ici de l’interdiction des signes religieux pour les personnes en exercice d’autorité dans les institutions gouvernementales. Alors n’y a-t-il pas dérive du débat? Pour bien s’entendre, il faut parler des mêmes choses et limiter le dialogue au véritable enjeu.

Une autre question importante est celle de savoir si les institutions scolaires sont considérées comme relevant des institutions de l’État. Sinon l’État ne pourrait imposer certaines règles sans manquer à son rôle de justice et d’égalité de tous ses citoyens surtout en matière de religion. Notons que les religieux, religieuses de dénomination catholique, lors de la laïcisation naissante, ont accepté progressivement et volontairement l’abandon de certains signes religieux dans le milieu scolaire par respect de la séparation de la religion et de l’État. Pourquoi n’en serait-il pas ainsi aujourd’hui pour les mêmes raisons ?

On dit aussi que les signes religieux n’ont aucune influence sur les élèves. Il y a quelques années Marshall McLuhan écrivait que «le message, c’est le médium». Il affirmait que l’utilisation des changements technologiques influençait notre mode de vie. Est-ce que le vêtement ne transmet pas un message? L’habillement distinctif d’un bouddhiste, d’un hindouiste, d’un islamiste, d’un juif, d’un catholique n’identifie-t-il pas d’une certaine manière la personne à une religion? Ainsi le port de signes religieux par l’enseignante, par l’enseignant en position d’autorité interpelle et ne laisse pas indifférent l’élève.

Raymond Anctil, prêtre

Victoriaville