Le 21 mars marque la Journée de l’Hymne au printemps, une initiative de l’auteur de cette lettre pour mettre en valeur l’œuvre du grand Félix Leclerc.

À la mémoire de Félix!

À la mémoire de Félix!

Depuis 20 ans, je m’occupe d’une activité annuelle qui a pour nom la Journée de l’Hymne au printemps et qui a pour objet de rendre hommage à Félix Leclerc à tous les 21 mars. Cet intérêt que je porte à l’homme et à son œuvre remonte à assez loin. En fait, à 10 ans une institutrice me fit découvrir le texte de chanson l’Hymne au printemps de Félix, qu’elle avait transcrit sur des feuilles de papier à l’encre bleue et qu’elle avait déposées – justement un 21 mars – dans le pupitre de chacun des élèves avant notre arrivée en classe. Elle me demanda le premier d’en lire quelques lignes. Elle nous fit entendre ensuite la chanson par celui qui l’avait composé. Alors cette belle voix ronde et chaude que j’entendis, pour la première fois, me toucha et resta gravée dans ma mémoire.

Mon adolescence fut bercée par les groupes québécois tels qu’Harmonium et Beau Dommage et par des chanteurs comme Paul Piché et Gilles Valiquette. Et côté anglophone, je n’en avais que pour les Beatles. Ce n’est que lorsque je débutai mes études collégiales en lettres que Félix est revenu dans le paysage de ma vie. Je me suis mis à lire de ses ouvrages littéraires, dont ses maximes et son roman Pieds nus dans l’aube, qui me fit découvrir un pan de son enfance passée à La Tuque.

Puis je plongeai plus intensément dans son œuvre littéraire au cœur de ses contes, ses fables et autres romans. Cette lecture des livres de Félix se faisait parallèlement à celle que je devais faire obligatoirement de plusieurs romans québécois et français pour en faire des dissertations. Je me rappelle que j’avais demandé à un des professeurs de littérature québécoise s’il serait possible qu’il puisse éventuellement ajouter un roman de Félix dans le programme des lettres du cégep. Au secondaire, j’avais d’ailleurs eu un prof de français qui était un amoureux de Félix et qui, de temps en temps, nous lisait des extraits de ses œuvres en plus de nous chanter de ses chansons, accompagné à la guitare. D’ailleurs, dans les années 50 et 60, des livres de Félix étaient à l’étude dans plusieurs écoles du Québec.

En 1988, le 8 août, Félix Leclerc nous quitta. La nouvelle secoua le Québec et fit de tour de la planète francophone et même plus. Mon rêve ne se sera pas réalisé soit celui d’avoir pu rencontrer le poète au regard bleu sur l’île d’Orléans. Mais en 1998, dix ans plus tard, afin de souligner le dixième anniversaire de son décès, je décidai de créer une journée hommage à sa mémoire qui se nommerait donc la Journée de l’Hymne au printemps. La première édition se déroula au Saguenay le 21 mars de cette année-là et des activités se déroulèrent les années suivantes un peu partout au Québec.

Aujourd’hui, vingt ans plus tard, la Journée de l’Hymne au printemps se tient toujours et garde vivante, à sa manière, la mémoire de Félix Leclerc tout en valorisant le rayonnement de son œuvre.

Félix Leclerc est toujours bien vivant. Il a chanté l’essentiel, l’essentiel demeurant / Ses p’tits bonheurs ne peuvent que fleurir / Dans le présent des êtres en devenir.

Yvan Giguère

Fondateur de la Journée de l’Hymne au printemps

Saguenay