Les députés néodémocrates Robert Aubin et Ruth Ellen Brosseau.

À la défense de nos médias régionaux

Les auteurs, Robert Aubin et Ruth Ellen Brosseau, sont députés fédéraux néodémocrates dans les circonscriptions de Trois-Rivières et Berthier-Maskinongé.

Voilà déjà plusieurs années que notre collègue Pierre Nantel, député de Longueuil-Saint-Hubert, mène la charge au nom du NPD pour défendre la survie de nos médias locaux. Si le gouvernement semblait écouter d’une oreille distraite, la preuve en est que rien n’a été fait pour s’assurer que l’ensemble de citoyens aient droit à une information objective, fouillée et de qualité en région. La lenteur du gouvernement libéral à passer à l’action nous a menés tout droit à la situation d’urgence qui a été présentée hier.

En apprenant que le groupe Capitales Médias serait en sérieuses difficultés financières et que cela pourrait, à court terme, mettre en péril l’existence de quotidiens régionaux dont Le Nouvelliste, nous réaffirmons notre grande inquiétude face aux pertes d’emplois potentielles mais aussi, face à la disparition annoncée des médias régionaux, piliers de l’information locale, gardiens de la démocratie et reflet de notre milieu de vie.

Dans un univers médiatique de plus en plus concentré autour des grands centres, il serait catastrophique de voir disparaître ces artisans qui ont à cœur de livrer une information politique, économique, sportive, culturelle ou autre, reflétant toutes les régions du Québec, mais nous n’oublions pas que la problématique dépasse largement nos frontières.

Sous les gouvernements conservateurs et libéraux successifs, plus de 16 000 emplois ont été perdus dans le secteur des médias canadiens et la situation du groupe Capitales Médias pourrait mettre en péril une autre centaine d’emplois au Québec dont des dizaines chez nous, en Mauricie.

Pouvez-vous imaginer notre région sans médias locaux? Les combats furent épiques pour permettre à nos stations de radio et de télévision de se détacher des antennes nationales afin de présenter un contenu local dans des émissions qui nous ressemblent. La bataille est tout aussi importante pour nos médias écrits.

Si le gouvernement libéral reconnaît que la crise des médias est bien présente, il refuse toujours de taxer les géants du web, qui bénéficient d’un congé fiscal dont ne profitent pas les médias d’ici. Non seulement cette situation est-elle inadmissible, mais pire encore, ce même gouvernement continue année après année de couper les vivres aux médias québécois et canadiens en réduisant ses placements publicitaires aux profits des géants du web. Rappelons au passage qu’une bonne partie de cet argent se retrouve dans des paradis fiscaux au lieu de profiter au développement de nos communautés.

Nous savons pertinemment que les Québécoises et les Québécois veulent des actions concrètes et en ont assez des beaux discours qui ne mènent à rien. Les députés du NPD exigent depuis plusieurs mois déjà que le gouvernement de Justin Trudeau ait le courage d’agir et cesse de sous-estimer l’ampleur de la crise!

Fondement de notre identité et de notre démocratie, nous sommes persuadés qu’une information régionale de qualité forme un rempart efficace aux fake news de ce monde.

Ainsi, conscient que nos médias locaux constituent une richesse pour les communautés où ils sont implantés le NPD s’est déjà engagé à mettre fin au congé fiscal accordé aux géants du web et à favoriser le retour à une saine concurrence au regard de l’entrée des recettes publicitaires.

Espérons que nous pourrons toujours suivre les propositions des différents partis par le biais de notre quotidien afin que le 21 octobre prochain, chaque électrice et chaque électeur puisse faire un choix éclairé.