À ceux qui disent que le FestiVoix ne prend pas soin des aînés...

D’abord, statuons sur le concept même d’un festival: il s’agit de présenter des spectacles extérieurs de plus ou moins grande envergure qui mettront en valeur la région ou la ville dans laquelle ils ont lieu.

Depuis quelques jours, je constate avec un brin de tristesse que plusieurs personnes, en réponse à des lettres de lecteurs publiées récemment, se permettent de dire que le FestiVoix réserve un triste sort aux personnes âgées ainsi qu’aux spectateurs à mobilité réduite. Ce constat vient du fait qu’il n’est plus possible d’apporter sa propre chaise sur le site des voix populaires, et qu’il est interdit d’apporter son lunch.

D’abord, notons que sur les huit plus grandes scènes du FestiVoix, sept d’entre elles proposent des places assises. J’ai moi-même travaillé longtemps dans le dur domaine des festivals, passant de Osheaga à Juste pour rire avec un détour aux Montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu. Aucun festival de musique extérieur au Québec offre plus de 87 % de scènes avec des places assises (je vous invite ici à relire le concept de festival). Si on ne voit pas là un grand souci de l’organisation envers les personnes plus âgées ou à mobilité réduite, c’est clairement preuve de mauvaise foi.

Cela sans faire mention du fait que le site principal est enseveli par les chaises (place du Castel, place de la scène jazz, bistro SAQ) qui offrent toutes un accès aux spectacles des trois principales scènes.

Certains diront que c’est vraiment plate car il faut arriver tôt pour avoir les meilleures places au bistro SAQ. Pour ceux qui désirent arriver à 21 h 25 et avoir une excellente place assise, et sans attendre au bar ou aux toilettes, c’est ce qu’on appelle l’espace VIP. Des billets journaliers sont disponibles!

L’autre point pour lequel on se permet de vilipender l’organisation, c’est l’interdiction d’apporter son lunch. On ne peut effectivement pas apporter de repas, mais il est possible d’apporter des petits jus et collations. En tant que diabétique de type 1 depuis plus de 15 ans, je confirme que cela est amplement suffisant.

Surtout, n’oublions pas que les seuls à bénéficier du fait d’acheter la nourriture sur le site, ce sont les petits entrepreneurs locaux (Banh Thai, Fouquet Morel, etc.). La restauration est un milieu extrêmement difficile. Si on peut déguster un si bon menu à des prix fort compétitifs pour les festivals tout en soutenant de petites entreprises locales, je ne vois vraiment pas où est le problème.

Certains textes, en plus de véhiculer de fausses informations (il est tout à fait possible d’apporter sa poussette au FestiVoix, à condition qu’il y ait un enfant dedans), insinuent que ces changements sont dus au fait que le FestiVoix n’est plus qu’une machine à cash, supprimant le bien-être des spectateurs pour le cash, ne pensant qu’à une chose: les profits.

À cet effet, toutes les personnes ayant de près ou de loin travaillé dans un festival savent que s’il y a bien une chose inexistante dans les poches des travailleurs ou de l’organisation, c’est le cash. Un festival, ça s’organise à coup de passion, de pas d’heures de sommeil et de milliers d’heures de bénévolat pour peut-être trouver les 1000 $ qui manquent pour assurer la réalisation de cette nouvelle idée qui permettra aux gens de vivre une expérience unique au Québec.

Si pour tout ça, vous croyez que ça mérite de ne plus participer à cette grande expérience musicale, d’une qualité ô combien supérieure à de nombreux événements du genre, dommage pour vous. Car j’ai moi-même vécu la plupart d’entre eux, partout au Québec. Et à chaque année, en arrivant au FestiVoix, un seul constat s’impose: wow!

Au FestiVoix, ils prennent vraiment soin de nous. Merci à l’organisation, une chance que vous êtes là. Autant pour Trois-Rivières que pour le Québec en entier.

Catherine Beaudoin-Duval

Festivalière et ancienne organisatrice d’événements

Notre-Dame-du-Mont-Carmel