À bout de ressources

OPINIONS / En réaction à l’article de Sébastien Houle intitulé «Résidences pour aînés: des propriétaires à bout de souffle», publié dans notre édition du lundi 18 mars.

Je veux tout d’abord remercier Sébastien Houle d’avoir fait cette cueillette d’informations auprès des petites résidences. Personnellement, j’aurais donné le titre de «Résidences à bout de ressources».

Avec toutes les nouvelles normes qui surgissent à chaque incident, il est difficile de prévoir ce que l’avenir nous réserve et quelles nouvelles ressources, et donc dépenses, que nous devrions engager pour continuer à maintenir nos services. Tel que rapporté dans l’article, je crois très sincèrement que la qualité des services dans la majorité des petites résidences est mieux adaptée que dans ce que j’appelle des usines où, il est trop facile de «passer sous le radar» avec les conséquences que l’on connaît. Et lorsqu’un incident fâcheux y arrive, on fait des règlements supplémentaires qui ne font qu’alourdir le travail déjà difficile des préposés et les frais souvent inutiles pour les propriétaires.

Dans nos petites résidences, on se doit d’être à l’écoute de nos résidents et de réagir rapidement car les conséquences sont directes. Comme dit l’adage, cela prend des années pour établir une bonne réputation et peu de temps pour la détruire. Les épisodes de maltraitance des aînés dans les grandes usines peuvent durer des années avant qu’on s’en aperçoive!

Nos dirigeants ont tendance à réagir aux événements et à une pression exagérée des médias à sensation, en ajoutant de la lourdeur au travail des exécutants. Dans les grandes installations, ce sont les préposés qui écopent et dans les petites résidences ce sont les propriétaires. Les propriétaires des grandes chaînes, eux, rédigent les nouvelles politiques et surveillent leur rentabilité et peuvent mieux influencer nos décideurs de par leur poids financier.

Il est d’une certaine mode de parler de services de proximité en santé et pour les services publics en général. C’est un discours positif et qui, comme bien d’autres, n’apporte rien de concret car l’inertie des réseaux et la résistance au changement sont encore présentes.

Comme plusieurs résidences en région, et surtout dans les municipalités de moins de 2000 habitants, nous sommes à quelques pas de l’église, de la mairie, du bureau de poste et de la salle municipale. Ça c’est des services de proximité!

Je termine, pour cette fois, en invitant les personnes qui chercheront bientôt une place en résidence, de rendre visite aux petites résidences dans votre municipalité. Nous sommes plus en mesure de respecter vos valeurs et vos habitudes et toute municipalité sera heureuse de pouvoir vous côtoyer pour encore des années.

Jacques Marchildon

Saint-Adelphe