2019 vs 1982...

OPINIONS / En 1982, le gouvernement du Québec décrétait une réduction de salaire de 19,5 % applicable au premier semestre de 1983 pour tous les employés syndiqués de la fonction publique, accompagnée d’un gel de salaire pour le reste de l’année.

En 2019, dans le dossier de la rémunération des médecins spécialistes, le gouvernement de François Legault ne peut s’inspirer de cette politique pour plusieurs raisons. D’une part, les médecins ne sont pas des employés syndiqués de l’état, mais des professionnels autonomes payés à l’acte médical. D’autre part, même si presque tous les spécialistes sont formés après le même nombre d’années d’études, ce mode de rémunération entraîne une grande disparité de revenus entre les membres de la profession. Selon un article du Journal de Montréal (2 mai 2019), les revenus moyens des radiologistes en 2018 s’élevaient à 835 317 $ alors que ceux de la moyenne des spécialistes s’établissaient à 499 708 $.

Pour parvenir à une baisse de 9 %, le gouvernement devrait moduler son approche, soit de réduire davantage les revenus des spécialistes québécois qui dépassent ceux de leurs collègues ontariens et moins ceux des spécialistes qui se situent à un niveau égal ou inférieur à ceux de leurs collègues de l’Ontario.

Le mode de rémunération à l’acte entraîne une ponction financière de plusieurs millions pour le gouvernement. Pour calculer la rémunération liée à chacun des actes médicaux, combien de fonctionnaires doivent recourir aux deux manuels québécois de facturation des omnipraticiens et des spécialistes qui totalisent quelque 1330 pages?

L’ex-ministre Gaétan Barrette a raison: «J’affirme sans aucune hésitation qu’aucun médecin spécialiste ne verra sa rémunération réduite de 9 % en 2020, 2021 et 2022».

André Soulard

Trois-Rivières