Selon l’auteur, la grande marche de vendredi dernier doit contribuer à nous redonner foi en l’humanité et en sa capacité de résilience et d’engagement.

15 mars: un moment d’histoire!

OPINIONS / Nous étions nombreux et nombreux vendredi dernier à la marche à Trois-Rivières. Des centaines de milliers d’autres également y étaient, à Montréal, Québec, Paris et Nantes. La terre bouillonnait de solidarité; c’est cela que nous devons voir, cette dimension de notre humanité qui doit nous secouer et contribuer à nous mettre en action. En action, dans notre quotidien par nos gestes à la maison, au travail et dans nos communautés humaines.

La grande marche de vendredi dernier doit contribuer à nous redonner foi en l’humanité et en sa capacité de résilience et d’engagement. Les secteurs de la science et de la recherche portent l’intime conviction, avec appui et clairvoyance, qu’il faut agir dans toutes les sphères de nos sociétés. Des choix sont à faire; une profonde révolution verte doit s’opérer.

Lors de la grande marche de vendredi dernier, des jeunes et moins jeunes ont positionné le fait qu’ils et qu’elles étaient prêtes à agir, à oser questionner le modèle dominant. Ce modèle dominant nous incite à consommer, à jeter et à racheter. Il déshumanise nos rapports; il nous fait centrer nos énergies collectives sur la croissance, la recherche de l’enrichissement individuel et l’adaptation.

À cette grande marche de vendredi dernier, nous avons plutôt pris une bouffée d’air… de solidarité! Nous avons avec nos pieds remis en cause ce diktat qui nous positionne essentiellement comme payeurs de taxes, contribuables, consommateurs. Le mouvement initié vendredi dernier, et par d’autres qui sont déjà en marche, est venu ramener à notre mémoire que nous sommes avant tout, des femmes, des hommes, des jeunes ou moins jeunes, des personnes d’ici ou d’ailleurs, citoyens et citoyennes du monde. Dans cette foulée, il faudra faire des choix: des choix sociétaux et politiques, des choix de consommation et idéologiques, des choix pratiques…

J’invite toutes les organisations publiques et collectives à agir dans cette mouvance. Cessez de faire des choix comptables, rentables, économiques, à court terme. Le 15 mars, il fallait être dans la rue avec nous plutôt que de maintenir les cours. Vous aurez l’occasion dans les prochains mois de vous reprendre.

J’invite également toutes les organisations privées à joindre le mouvement. Vous le pouvez, vous le devez. Les courants du développement durable, de l’économie circulaire ou encore d’achat local nous redisent que vous devez être des contributrices au changement.

J’invite finalement les personnes élues aux niveaux municipal ou provincial à prendre encore plus le parti de l’humain. Cessez d’apprécier notre société et les collectivités que par le prisme de la croissance, de la vente de terrains, de l’augmentation de l’assiette fiscale ou de la baisse des impôts, du PIB en hausse ou encore des données chiffrées.

La vie, le monde est plus dense que toutes ces données. Le mouvement du cœur initié le 15 mars nous rappelle que nos communautés, nos écoles, nos entreprises de toutes sortes sont des ensembles humains qui doivent contribuer au mieux-être de tous et toutes, du vivant dans son ensemble: pour ce faire, nous devons faire des choix.

Donc, pour la prochaine fois, université et cégeps, écoles secondaires ou primaires, suspendons nos cours et descendons dans la rue. Vendredi dernier à Trois-Rivières, nous étions 500 personnes.

Greta Thunberg, cette jeune militante suédoise du climat nous rappelle «J’ai appris qu’on n’est jamais trop petit pour faire une différence».

Pour la prochaine fois soyons 1000 personnes à le dire. Et l’autre après, 2000!

Faisons ensemble la différence!

Jean Fournier

Citoyen de Nicolet

Professeur au Cégep de Trois-Rivières

Militant communautaire et syndical