Opinions

Les humains sont de ma race

Les États-Unis ont retiré le statut spécial qui avait été accordé à 60 000 réfugiés haïtiens à la suite du séisme de 2010 qui avait fait plus de 100 000 morts. C’était sans compter les milliers de morts qui suivirent dans les camps de réfugiés haïtiens avec les épidémies de choléra et autres maladies infectieuses. Le Québec, le Canada et les États-Unis ouvrirent leurs portes aux réfugiés en 2010. C’était un devoir d’humanité envers nos semblables.

Au Québec et au Canada, je doute que nous les renvoyions chez eux. Nous avons bien des défauts. Nous pouvons même nous détester d’un océan à l’autre. Mais, fondamentalement, je crois que nous ne sommes pas mesquins. Je dirais que nous sommes plutôt indifférents et accueillants quand on constate qu’il y a de grands espaces vides entre Trois-Rivières et Vancouver.

Tout le monde connaît la chanson de Gilles Vigneault où il nous dit que son pays c’est l’hiver. Moi, j’ai aussi retenu le bout où il nous chante ceci: «De mon grand pays solitaire / Je crie avant que de me taire / À tous les hommes de la terre / Ma maison c’est votre maison / Entre mes quatre murs de glace / Je mets mon temps et mon espace / À préparer le feu, la place / Pour les humains de l’horizon / Et les humains sont de ma race» (Gilles Vigneault, Mon pays).

Je ne tiens pas à instrumentaliser Vigneault. D’autres l’ont déjà fait... Il demeure que nous avons affaire à un grand poète lorsque je lis ce passage que je viens de vous présenter. Aucun doute. C’est grand, humain, charitable, universel: Québécois. C’est ça, pour moi, être Québécois.

Cela signifie être un peu poète, accueillant, même si l’on provient de la Côte-Nord ou de Montréal-Nord.

Il ne faut pas se laisser prendre par la peur et encore moins se faire berner par ceux qui profitent de cette peur pour vendre des t-shirts et véhiculer des idées dignes d’indignité et d’abjection.

Ne laissons pas notre peuple succomber à la fièvre identitaire en nous faisant voir des ennemis partout où il n’y en a pas.

D’aucuns seront tentés de jouer avec le feu au cours des prochains jours.

Je me doute qu’il y aura des réfugiés haïtiens aux frontières, parce que notre voisin vit sous la présidence d’un individu minuscule qui tient pour une vertu d’écraser les écrasés et d’affaiblir les affaiblis. Ceux qui souhaitent appliquer cette doctrine ici ne sont certainement pas les Québécois chantés par Vigneault.

Ni ceux chantés par moi.

Comme le disait feu mon père: «à la guerre, on ne tire pas sur les ambulances.»

J’ajoute ni sur les réfugiés.

On suppléera au manque d’humanité de notre voisin. On prendra les responsabilités sociales qu’ils ne prennent pas.

Comme l’ont fait la Colombie-Britannique et la Saskatchewan du temps où l’Alberta coupait dans l’aide sociale aux moins de 30 ans. Les voisins ont assumé les coûts de la politique antisociale du gouvernement conservateur de Ralph Klein. Une économie
sur le dos des économies voisines qui ont encore le cœur à la bonne place...

Je souhaite la bienvenue aux réfugiés, tout simplement, sans faire de parades.

Parce que je suis Québécois.

Parce que les humains sont de ma race.

Gaétan Bouchard

Trois-Rivières

Opinions

L’art d’avoir toujours raison

En réaction à la chronique de Jean-Marc Beaudoin intitulée «Prétexte aux hostilités: le colisée», publiée dans notre édition du 11 novembre dernier.

À l’instar de la conseillère municipale Mariannick Mercure, j’ai été surpris par la chronique de Jean-Marc Beaudoin. Avec raison, la conseillère du district des Forges n’a pas manqué tout d’abord de souligner la différence entre un «point de vue extérieur» au conseil de l’hôtel de ville et un «point de vue de l’intérieur de l’hôtel de ville». Effectivement, madame Mercure s’étonne du premier quatrain de ce Nostradamus local en précisant que son point de vue, «laisse croire qu’un groupe en opposition au maire Lévesque s’est formé et attend la première occasion pour le confronter». 

Comme à son habitude, Jean-Marc Beaudoin s’est transformé en cartomancien et a tenté per fas et nefas de faire croire aux lecteurs que ses prédictions et présomptions douteuses sont vraies. Sous le couvert d’une «apparente analyse», son texte laisse croire à première vue qu’il est objectif dans ses affirmations. Toutefois, il expose aux lecteurs une vision monochrome et bien personnelle de la vie politique trifluvienne. Ce qui me permet d’en déduire que M. Beaudoin entretient la controverse sur certains dossiers en suggérant à un peu tout le monde et surtout aux nouveaux acteurs politiques de la région, qu’ils doivent absolument en venir «aux hostilités» avec le maire Lévesque.

Or, en présumant par exemple que «la nouvelle composition du conseil municipal [fera] que les quatre prochaines années seraient probablement les plus difficiles pour lui à la mairie de Trois-Rivières», je me demande pourquoi il en serait forcément ainsi?

Plus loin, le chroniqueur présage qu’au «mieux […] sept conseillères ou conseillers […] pourraient se ranger plus naturellement derrière le maire»; je n’arrive pas à comprendre comment il peut arriver à ce résultat en se basant sur «les sympathies des uns et des autres» envers le maire. À moins d’avoir une boule de cristal ou d’être dans le secret des dieux, je ne vois pas comment Jean-Marc Beaudoin serait en mesure d’évaluer le capital de sympathie des élus après la première rencontre des membres du nouveau conseil. J’ose espérer que les conseillères et conseillers sauront faire la part des choses et mettre de côté leur parti-pris, s’ils en ont, dans l’intérêt des citoyens qui les ont élus, lorsqu’ils devront traiter ensemble de tels ou tels dossiers.

Une autre présupposition qui soulève un malaise dans mon esprit est lorsqu’il affirme que même si «tous les élus se présentent comme ‘‘indépendants’’, des non-alignés, […] sans partialité politique», il y aurait «dans plusieurs cas une opposition encore sourde qui a hâte de s’exprimer». Qu’en savons-nous vraiment?

Mais la pire présomption à mon avis concerne les courbettes que devraient faire les élus devant le maire Lévesque pour obtenir des postes «convoités» au sein du conseil exécutif et à «certains sièges de commissions municipales». Dire que «pour s’en faire accorder un, il faut être gentil avec le maire et lui donner l’assurance qu’il en sera ainsi pendant un bon bout de temps, parce que c’est lui qui fait les nominations», c’est dire que le maire n’a aucun jugement pour assumer ses fonctions. C’est dire aussi que les élus au conseil municipal doivent être nommés non pas en fonction de leur aptitude et de leur compétence mais en fonction de leurs «accointances» avec le maire. Ce qui revient à dire que les élus nommés à ces postes le seraient par manque d’intégrité.

Comme nous sommes dans le domaine des opinions, des déductions et des présupposions, je dirais que la vision de M. Beaudoin s’aligne parfaitement avec les groupuscules qui s’opposent systématiquement au maire Lévesque, quoi qu’il dise ou quoi qu’il fasse. Et si mes opinions ne valent pas mieux que les siennes, celles-ci ne valent pas mieux que les miennes.

Denis Audet

Trois-Rivières

Opinions

Déneigement: entre sécurité et appât du gain

Les gouvernements municipaux et provinciaux sont élus par des citoyens. Une de leurs obligations est de voir à la sécurité de leurs citoyens. L’hiver, ces gouvernements pensent à la sécurité routière de leurs citoyens, mais paradoxalement donnent à contrat l’entretien des différentes routes.

Paradoxalement, car c’est un paradoxe, le contracteur, lui, saisit le contrat pour obtenir un revenu le plus élevé possible. Il a donc intérêt à y mettre le moins d’heures (salariés), le moins d’énergie (camions, outillage et autres équipements) et le moins de matière (sel, sable et autres), pour qu’à la fin de l’hiver, il lui en reste le plus possible dans ses poches. 

De plus, les contrats sont attribués au plus bas soumissionnaire, l’enveloppe est donc mince, il doit ménager au maximum pour qu’il lui en reste personnellement. 

Il ne faut donc pas se surprendre qu’il y ait tant de sorties de routes, d’accidents et autres inconvénients routiers.

Qui dit accident dit des citoyens qui perdent la vie, ou deviennent handicapés à vie ou gravement blessés, donc des pertes de jours de travail, des pertes de véhicules et le plus souvent des augmentations de primes d’assurances personnelles. 

La situation est telle que le citoyen paye des impôts et des taxes pour des services censés, entre autres, assurer sa sécurité dans ses déplacements, mais
ce n’est pas le cas. Il vient à réaliser qu’il n’y en a pas et qu’il prend la route à ses risques et périls lorsqu’il va travailler, faire des courses ou pour ses loisirs, etc. 

De plus, j’ai appris qu’il faut une certaine épaisseur de neige pour que les déneigeurs travaillent, alors que c’est le moment le plus sensible, celui de la glace noire, ou de la neige fraîche qui se transforme vite en glace après deux ou trois passages d’automobiles. Mais où a-t-on la tête?

Ceux qui doivent s’assurer de notre sécurité (les gouvernements) la bradent à des tiers (les entrepreneurs) qui n’en ont rien à cirer, pourvu qu’ils s’emplissent les poches en faisant semblant d’entretenir les routes. 

Il ne faut donc pas se surprendre que les gens aient peur de prendre la route l’hiver, peur aussi de se retrouver dans une cacophonie comme le 14 mars dernier. 

C’est à brailler de rage. Heureusement, tous ne sont pas comme ça, n’en faut-il pas moins de 5 à 10 % pour gâcher la sauce… Si la vie vous intéresse…

Claude G. Genest

Trois-Rivières

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TR-IFF: un festival de films pour Trois-Rivières

En fin de semaine dernière, j’ai assisté à la projection de quelques films dans le cadre du TR-IFF (Festival de films) qui en était à sa première édition. J’ai été vraiment impressionné par la qualité des films présentés – comparable aux festivals de films de Québec ou Montréal –, dans la salle Léo-Cloutier du Séminaire Saint-Joseph ou encore au centre culturel Pauline-Julien (films pour la famille).

L’organisation globale de l’événement était plus qu’adéquate pour une première édition, tant dans la promotion de l’événement que dans la programmation des films retenus.

Je tiens à féliciter les organisateurs de cet événement et à les encourager à répéter l’événement l’an prochain. Ce festival de films contribue grandement à l’enrichissement de la culture trifluvienne.

Sans contredit, ce festival de films mérite notre appui et nos encouragements.

Mario Alain

Trois-Rivières

Opinions

Cela presse d’aider la presse écrite

En réaction à la lettre intitulée «La presse écrite en péril: le gouvernement Trudeau doit agir», signée par plusieurs personnalités et organismes et publiée dans notre édition du 20 novembre dernier.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, exhorte le gouvernement canadien à faire preuve de vigilance relativement à la cyberguerre que mènent les Russes actuellement. Dans le monde interconnecté d’aujourd’hui, a-t-il précisé, les États doivent se défendre contre les tentatives étrangères de faire basculer l’opinion publique, non seulement à l’étranger, mais également au sein de leur propre population, et que c’est en rapportant les faits que la vérité l’emporte. Le ministre canadien de la Défense, Harjit Sajjan, a rappelé quant à lui que la bataille de l’information a depuis longtemps été un outil dans les conflits mondiaux, mais qu’Internet fournit aujourd’hui à ces tactiques une plus large portée.

Les préoccupations du gouvernement Trudeau relatives à la sécurité nationale devraient l’inciter tout particulièrement à subventionner la presse écrite d’ici, qui vit actuellement la plus grande crise de son histoire, du fait de la guerre déloyale que lui mènent les Google et les Facebook de ce monde, qui se fichent de la vérité comme de leur première culotte. Ils sont nombreux à estimer que des blogueurs russes rétribués par Moscou auraient concouru, à coup de fausses nouvelles et de contre-vérités, à faire gagner Donald Trump face à Hillary Clinton aux dernières présidentielles états-uniennes. Si la désinformation politique gagnait à son tour le Canada, Justin Trudeau pourrait en payer le prix aux élections de 2019 (les Russes détestent tout particulièrement la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, qui a pris le parti de l’Ukraine contre la Russie).

Comme le rappelle pertinemment le texte collectif «La presse écrite en péril: le gouvernement Trudeau doit agir»: «En cette ère de fausses nouvelles et de propagande, le meilleur rempart contre cette tendance inquiétante demeure la collecte rigoureuse d’informations et les véritables enquêtes journalistiques. (…) Nos médias écrits sont le fer de lance de l’information partout au Canada et des éveilleurs de conscience indispensables.»

Si le libéral Justin Trudeau ne lève pas le petit doigt pour venir en aide à la presse écrite, nous aurons la preuve qu’il est au fond de la même eau que le conservateur Stephen Harper, qui la craignait comme la peste. 

Sylvio Le Blanc

Montréal

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Longue vie au TR-IFF!

À titre de professeur retraité du Laflèche, l’un des partenaires du TR-IFF (Trois-Rivières Images, Fêtes et Films), les autres étant la Ville de Trois-Rivières, le Port de Trois-Rivières et Marmen, de même qu’avec la collaboration de Ciné-Campus, j’ai animé durant ce nouveau festival international de cinéma des rencontres publiques avec le réalisateur Francis Leclerc, dont le récent film Pieds nus dans l’aube m’a ému, avec Sylvain Bellemare, gagnant de l’Oscar du meilleur montage de son pour le film L’Arrivée, de Denis Villeneuve, ainsi qu’avec Martin Laroche et Isabelle Blais, respectivement réalisateur et comédienne du film Tadoussac, dont les dernières scènes, bouleversantes, me hantent.

Ces ciné-rencontres auront permis au grand public de la région de mieux approfondir sa relation au septième art. À ce propos, j’ai d’ailleurs été frappé par la pertinence et la richesse des interventions de la salle, chaque fois nous ayant fait voir, grâce à un commentaire ou à une question, le cinéma sous un autre angle, amenant ainsi un réalisateur, un monteur de son ou une comédienne, à nous faire part tantôt d’un obstacle imprévu tantôt d’une joie soudaine. 

Je songe entre autres à cette remarque de Sylvain Bellemare insistant sur le fait que l’une des caractéristiques du cinéma québécois, comparé à celui d’Hollywood et des majors, tient à la créativité, à l’audace, peut-être même à la folie, toutes nécessaires à la réalisation d’un film avec de tout petits budgets, une toute petite équipe, durant un tout petit tournage. Comme pour lui donner raison, Martin Laroche soulignait dimanche à la salle Léo-Cloutier que son film Tadoussac a dû compter sur un budget de 250 000 $ et se limiter à un tournage de quinze jours (selon des sources du Wall Street Journal, le budget de réalisation du blockbuster «La Ligue des justiciers» avoisinerait les 300 millions de dollars américains: beaucoup d’argent pour aucune âme). Malgré ces contraintes de tournage et budgétaires, Tadoussac est réussi. D’une vérité semblable à celle que l’on retrouve dans la tragédie grecque, où l’on arrive à conclure que la culpabilité d’une mère et que l’innocence d’une fille abandonnée se rejoignent et communient le temps d’une conversation téléphonique, et poussent les spectateurs à franchir le cap des jugements rapides pour naviguer sur les eaux profondes et calmes d’une humanité fragile, toujours en quête de sens, fixant dans le noir l’étoile du pardon, signe d’une réconciliation possible avec l’absurde et la mort.

En terminant, je tiens à souligner le travail du directeur général du TR-IFF, Michel Cloutier, celui de la présidente du conseil d’administration, Amina Chaffaï, ainsi que celui de Stella Montreuil et de Gilles Leblanc, des techniciens et nombreux bénévoles ayant œuvré jour après jour, et certains parmi eux depuis fort longtemps, à la mise sur pied d’un festival international de cinéma, dont les rêves me semblent non seulement légitimes, mais porteurs d’une ambition ayant des retombées déjà positives sur notre ville d’art, d’histoire et de culture.

Sans les membres du conseil de direction du TR-IFF, sans les partenaires, sans les techniciens et les bénévoles, sans les cinéphiles, le TR-IFF ne serait
rien d’autre qu’un projet avorté. Mais il est aujourd’hui bien vivant. Et je lui souhaite une belle et longue vie.

Christian Bouchard

Professeur retraité du Collège Laflèche

Trois-Rivières

Opinions

Regroupement d’élèves: pour le bien-être et de meilleurs services aux élèves

Le 1er novembre, le conseil d’établissement de l’école du Versant-de-la-Batiscan tenait une assemblée extraordinaire dont le seul point à l’ordre du jour était «Demande à la commission scolaire d’effectuer une consultation publique pour le regroupement des élèves des deux édifices». Tous avaient l’occasion de s’exprimer librement à cette occasion. Fait à noter, seulement trois parents de Sainte-Geneviève ont pris la parole. Pourquoi si peu alors que de l’autre côté plusieurs ont tenu à se lever pour défendre les droits de leurs enfants?

Depuis, quelques articles ont paru. Toujours un seul côté de la médaille était soulevé. En aucun temps on ne s’est soucié des nombreux avantages d’un tel regroupement d’élèves à l’école Saint-Gabriel et en aucun temps le bien-être et les services aux élèves n’ont été abordés.    

On parle de rassembler la fratrie plutôt que de la diviser et de conserver les amitiés de nos petits. On rend possibles des projets multiniveaux. On donne de l’espace aux élèves et au personnel. Un gymnase adapté et tout équipé sans frais supplémentaires de transport ou de location de salle. La construction de la bibliothèque municipale à l’école Saint-Charles a eu pour conséquence d’enlever l’espace disponible aux enfants pour bouger et se vêtir. De ce fait, la directrice adjointe partage maintenant son bureau avec les casiers des maternelles.  

On parle de meilleurs services, de permettre aux enseignants et aux spécialistes d’être plus disponibles aux élèves. Les heures de surveillance allégées, les professeurs pourraient consacrer plus de temps aux enfants. Tous au même endroit, la communication entre eux serait grandement améliorée, ne serait-ce que pour organiser une activité ou gérer un cas particulier. Présentement, les spécialistes doivent se promener d’une école à l’autre. Ce temps précieux passé en voiture est du temps non consacré aux élèves. Par chance pour nous, plusieurs d’entre eux font le trajet sur leur temps personnel, mais est-ce normal de devoir agir ainsi?

La sécurité de nos enfants serait améliorée. Plus il y a d’adultes dans un bâtiment, plus il est facile de réagir face à un incident, quel qu’il soit.  C’est une question de sécurité que les élèves soient en tout temps en présence d’un adulte.  

Parlons transport. Tout ce temps perdu pour se rendre d’un édifice à l’autre pour participer à une activité ou pour le cours d’éducation physique. Toutes les activités ont lieu à l’école Saint-Gabriel puisqu’elle peut accueillir tout le monde. Une seule heure de fin de classe, un seul point de départ pour les autobus. Et que dire du risque d’erreur largement diminué pour les responsables en fin de journée et pour nos conducteurs d’autobus ? Cet élève se rend-il au service de garde? Dans quel autobus le fait-on monter?  

Notre secrétaire, elle fait du mieux qu’elle le peut, mais ne peut être à deux endroits à la fois. Elle ne peut pas ouvrir la porte si elle n’est pas présente. À l’école Saint-Charles, une enseignante doit quitter sa classe et aller ouvrir. À l’école Saint-Gabriel, si personne n’entend la cloche, personne n’ouvre!

Le budget école, personne n’en parle non plus? Cette enveloppe qui n’est déjà pas très élevée et qui doit être séparée en deux: matériel acheté en double, jeux éducatifs, accessoires pour les cours d’école, entretien, peinture…

L’idée ici n’est pas de créer de l’animosité entre nos petits villages, mais bien de se regrouper pour faire ensemble de plus grandes choses et offrir à nos enfants le meilleur pour qu’ils puissent mieux apprendre et se développer.

Stacy Vachon

Saint-Stanislas

Point de vue

La presse écrite en péril: le gouvernement Trudeau doit agir

À l’honorable Mélanie Joly, ministre du Patrimoine canadien, l’honorable Bill Morneau, ministre des Finances et l’honorable Navdeep Bains, ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique

La presse écrite vit actuellement la plus grande crise de son histoire. L’enjeu est simple: si rien n’est fait, de nombreux journaux, imprimés ou numériques, pourraient cesser leurs activités dans un avenir rapproché. Dans ce contexte, nous réclamons du gouvernement fédéral des mesures urgentes afin d’assurer l’avenir d’une information journalistique de qualité au pays. Il en va de la santé de notre démocratie.

Les géants du Web tels que Google et Facebook utilisent les contenus produits à grands frais par les journaux tout en vampirisant leurs indispensables revenus publicitaires. Pour les géants du Web, c’est tout bénéfice; pour les journaux, c’est une double perte. Cette réalité est insoutenable et nous n’avons plus le luxe du temps.

Déjà, cette crise des médias a entraîné la perte de milliers d’emplois au Canada en 10 ans. Au Québec, 43 % des emplois du secteur ont été perdus entre 2009 et 2015. Cette saignée se poursuit et risque de s’accentuer sans une action immédiate de nos gouvernements. Bien que les chercheurs et les observateurs des médias, ainsi que de nombreux représentants du secteur (tant patronaux que syndicaux) aient sonné l’alarme depuis fort longtemps, nous sommes arrivés à un point de non-retour, et il nous faut mesurer les conséquences de ce laisser-faire inquiétant. 

Au cours des dernières semaines, le gouvernement Trudeau a pris des décisions fortement contestées qui sont favorables à certaines multinationales du divertissement et du Web, sans manifester son intérêt à protéger nos médias écrits. Pourtant, depuis le début de son mandat, le gouvernement Trudeau a démontré l’importance qu’il accorde à l’information journalistique, notamment en rétablissant le financement de Radio-Canada à ce qu’il était avant les coupes du gouvernement Harper. Le Parlement a aussi amélioré la protection des sources journalistiques. 

Nous comprenons que le gouvernement fédéral s’intéresse aux acteurs de la «nouvelle économie», mais il nous est incompréhensible qu’il ignore les avis d’experts, qu’il a lui-même commandés, et qu’il refuse d’apporter son soutien à la presse écrite. Il s’agit pourtant de l’un des seuls secteurs culturels à n’avoir jamais été subventionné par des fonds publics, alors que la nécessité d’un tel soutien est évidente. Le Canada est-il prêt à laisser mourir ce pilier de la démocratie?

En cette ère de fausses nouvelles et de propagande, le meilleur rempart contre cette tendance inquiétante demeure la collecte rigoureuse d’informations et les véritables enquêtes journalistiques. Celles-ci peuvent ébranler les colonnes du pouvoir, jeter la lumière sur la corruption et les abus ou encore participer à des changements sociaux nécessaires. On n’a qu’à penser aux scandales des Paradise Papers et des violences sexuelles ou encore à la crise des changements climatiques. Nos médias écrits sont le fer de lance de l’information partout au Canada et des éveilleurs de conscience indispensables. Ils alimentent les bulletins de nouvelles, les émissions de télé et de radio et suscitent de nombreux débats, que ce soit à l’Assemblée nationale ou dans l’ensemble de la société. En région, ils représentent parfois les seules sources d’information pour la population et deviennent les principaux relais entre les gouvernements, les citoyens et la vie des communautés.

Certains s’inquiètent qu’une aide gouvernementale aux médias vienne entraver la liberté de presse et la nécessaire indépendance des salles de rédaction. Pourtant, l’exemple de Radio-Canada démontre clairement qu’un financement public est possible sans brimer ces éléments fondamentaux. D’autres se soucient qu’on vienne enrichir indirectement des entreprises milliardaires, mais la question est ailleurs. L’érosion constante des revenus publicitaires depuis près de 10 ans menace la poursuite des activités de nos quotidiens et hebdomadaires, qu’ils soient indépendants ou liés à de grandes entreprises. Cette réalité nuit à leur capacité de poursuivre leur mission d’informer la population. La disparition de ces médias serait une grande perte pour l’ensemble de nos communautés tant sur les plans culturel, social et politique que sur le plan économique. 

Ne rien faire reviendrait à remettre les clés de notre démocratie entre les mains des géants américains, eux qui ne semblent se préoccuper ni de la qualité de l’information produite au Canada ni d’une contribution équitable sur le plan fiscal. Nous interpellons donc le premier ministre Trudeau, le ministre des Finances Bill Morneau et la ministre du Patrimoine Mélanie Joly afin d’implanter des mesures d’urgence de soutien de la presse écrite telles que des crédits d’impôt sur la masse salariale, comme nous le faisons déjà depuis de nombreuses années pour attirer les entreprises de l’intelligence artificielle et des hautes technologies, le temps de trouver des solutions pérennes pour l’ère numérique.

Pascale Saint-Onge, président, Fédération nationale des communications (CSN)

Jacques Létourneau, président CSN

Alain Saulnier, Alexandre Taillefer, André Noël, Boucar Diouf, Camil Bouchard, Christiane Germain, Daniel Gélinas, Denis Trottier (député de Roberval 2007-2014), Fred Pellerin, Fred Savard, Geneviève Petterson, Gilles Duceppe, Jean-Hugues Roy, Jean-Marie de Koninck, Jean-Martin Aussant, Marc Labrèche, Marc-François Bernier, Marie-France Bazzo, Nadia Seraiocco, Nellie Brière, Pénélope McQuade, Pierre Curzi, Samuel Archibald, Stéphane Savard (professeur d’histoire UQAM), Vincent Graton

Association des réalisateurs et des réalisatrices du Québec (ARRQ), Association québécoise des techniciens de l’image et du son, Association québécoise de la production médiatique, Chambre de commerce de Trois-Rivières, Comité le cellulaire partout pour tous, route 155, Conseil du patronat du Québec, Copibec, Corporation de développement communautaire du ROC, Saguenay, Doc Québec, Fédération culturelle canadienne-française, Guilde canadienne des réalisateurs, Guilde de musiciens et musiciennes du Québec, Observatoire du documentaire, Société civile des auteurs multimédia, Société des auteurs de radio, télévision et cinéma Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, Société des auteurs et compositeurs dramatiques du Québec, Table régionale des organismes communautaires (TROC) œuvrant dans le domaine de la santé et des services sociaux Centre-du-Québec et Mauricie, Union des artistes, Union des producteurs agricoles

Opinions

Déprogrammez les Témoins!

Cette pauvre femme qui a refusé des transfusions sanguines parce que sa religion le lui interdisait et qui en est morte? Moi, ça me fait vraiment mal à l’âme.

Bien que croyant que toute religion est inutile, force est de constater qu’il y en a de pires de d’autres. Il y a quinze ou vingt ans, une femme, Mme Yvette Hélie, avait écrit dans Le Nouvelliste ce texte magnifique, impitoyable, qui nous invite, si ça se trouve, à déprogrammer ces tristes Témoins. J’ai moi-même déjà essayé, une fois, de le faire.

La dame écrivait ceci: «Les témoins de Jéhovah, convaincus de leur mission salvatrice, affligent les dormeurs du samedi matin d’un porte-à-porte importun, bouffon et insolent, s’autoflagellent des rejets de la population pour s’identifier aux persécutés de la Bible, se vautrent du spectre de la condamnation pour les exclus, se croient seuls investis de la vérité, déclameurs compulsifs de psaumes bibliques qu’ils annoncent dans un automatisme débile. Ils sélectionnent les catastrophes et les conflits mondiaux avec délectation. Ils distribuent un nombre restreint de saluts éternels à leurs seuls militants. Une bande d’éclopés de l’âme à qui on a enlevé tout droit de discriminer, de se questionner, qui s’adonnent allègrement au crétinisme dans un porte-à-porte carabiné et qui, triomphants, anticipent la venue d’Harmaguédon.»

Réjean Martin

Trois-Rivières

Opinions

Nous devons changer nos habitudes de consommation

Le 13 novembre dernier, 15 000 scientifiques se sont regroupés afin de lancer une nouvelle alarme sur l’état général de la planète. Plusieurs organisations médiatiques ont couvert la nouvelle en encourageant une croyance populaire selon laquelle le contrôle des naissances des pays en voie de développement réglerait, à lui seul, une grande majorité des problèmes environnementaux qui font rage aujourd’hui.

La crise environnementale que vit présentement notre planète est en fait une crise sociale, une crise de valeurs. Bien que les auteurs de l’article «World Scientists’ Warning to Humanity: A Second Notice» («Mise en garde des scientifiques du monde à l’humanité: un second avertissement») affirment que la surpopulation représente une menace pour notre planète, ils soulèvent aussi que nous jouons avec le feu lorsque nous refusons d’admettre notre part de responsabilité. Si la planète se meurt, c’est d’abord à cause de la surconsommation des pays industrialisés.

En effet, comme l’a mentionné l’économiste australien Clive Hamilton dans son ouvrage Requiem pour l’espèce humaine (2013), l’héritage carbone – c’est-à-dire la quantité de carbone dont un individu est responsable – d’un parent étatsunien est 136 fois plus élevé que celui d’un parent bangladais. 

Les chiffres sont clairs: le mode de vie porte davantage atteinte à l’environnement qu’un taux de natalité élevé. C’est d’ailleurs la position de plusieurs penseurs en économie, dont Alain Deneault et Ianik Marcil, qui pointent les dérives du capitalisme des puissances mondiales comme vrai coupable des enjeux actuels: exploitation excessive des ressources naturelles, pollution, extinctions biologiques.

Ainsi, pour répondre au cri d’alerte de ces 15 000 scientifiques, c’est collectivement et politiquement que nous devons réorienter le débat vers le véritable enjeu. Il est temps d’accepter que nous sommes les premiers responsables de la crise environnementale. 

La solution est pourtant simple, elle se trouve dans le changement de nos habitudes de consommation. Cessons de n’être que des individus consommateurs, misons sur un nouveau projet collectif optimiste et construisons un héritage à la hauteur de nos capacités pour les prochaines générations.

Prenons nos responsabilités en main et montrons au monde ce qu’est une véritable puissance.

Catherine Gilbert

Frédérique Morin

Sophie Beauséjour

Étudiantes en Sciences humaines

Cégep de Trois-Rivières