Opinions

La neutralité de l’État n’existe pas

OPINIONS / Alors que la laïcité signifie, grosso modo, la séparation des pouvoirs politiques et religieux, avouons que la neutralité de l’État n’existe pas.

Choisir la monarchie constitutionnelle, la «social-démocratie» ou un autre système politique n’est pas neutre. Asseoir la famille sur la monogamie plutôt que sur la polygynie ou la polyandrie n’est pas neutre. L’histoire politique et juridique n’est pas neutre. Manifestement, derrière le concept de neutralité se profile celui d’uniformité.

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Où est la vraie Sonia LeBel?

OPINIONS / Lettre ouverte à Me Sonia LeBel, députée de Champlain et ministre de la Justice.

Madame LeBel, les citoyens de notre circonscription, pour l’ensemble, vous avaient connue comme procureure en chef de la Commission Charbonneau. Durant ces audiences publiques, vous êtes apparue comme la protectrice des citoyens, la championne du combat contre la corruption. Ce rôle, que vous avez joué avec pugnacité, nous a fait découvrir une femme honnête et déterminée.

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La tradition du French Kiss Bar: une bonne occasion de rappeler la base du consentement

OPINIONS / Récemment, nous avons appris l’ouverture d’un nouveau bar sur la rue de la Pinède à Trois-Rivières. Portant le très éloquent nom de «French Kiss Bar», ce nouvel établissement propose une tradition qui a de quoi choquer. «Tous les soirs à 1 h du matin, une tournée générale de FRENCH KISS, notre shooter signature, sera proposée. Au signal du DJ, le shooter est consommé par tout le bar au même moment. Une fois le shooter pris, la tradition veut qu’un french kiss soit donné à la personne la plus proche.» (citation tirée de leur site Internet). À l’ère du #metoo et de la dénonciation massive de la culture du viol, une telle tradition me semble totalement déplacée. Associer la prise de shooter et un french avec son voisin ou sa voisine est sérieusement problématique. Je profite donc de cette tribune pour demander publiquement aux propriétaires du French Kiss Bar de retirer leur rituel, puisque celui-ci s’inscrit dans la culture du viol et n’a pas sa place dans notre société.

Inquiète, j’ai contacté les propriétaires du lieu via Facebook le 5 avril dernier. Je leur ai demandé comment le consentement à de tels rapprochements serait assuré, puisque l’alcool serait directement impliqué juste avant de donner ledit consentement. Ignorant la question de la consommation d’alcool, mon interlocuteur m’a assuré que leur équipe était «d’ores et déjà formée pour répondre à ces actes punis par la loi». Ils m’ont également affirmé que «le consentement est à la base de la démarche» et que «les risques d’agressions sont la priorité de notre équipe expérimentée et rodée aux problématiques des établissements nocturnes». Le hic, c’est que cette préoccupation, de même que la «formation» des employés, n’est affichée nulle part. Je leur ai demandé plus d’informations à ce sujet, sans toutefois obtenir de réponse. Dans une entrevue donnée au Nouvelliste le 13 avril dernier, le propriétaire, Noé Eve, a même avoué bien honnêtement ne pas voir la problématique, puisque «le consentement est à la base de tout». C’est, à mon avis, faire preuve d’une grande naïveté, car son concept milite dans le sens inverse de l’idée même de consentement à une activité de nature sexuelle.

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Investissement Québec, une chance qu’il ne faut pas rater

OPINIONS / Les auteurs sont Nadia-Karina Minassian, préfète de la MRC du Rocher-Percé et présidente de la Table sur le développement local et régional, et Jacques Demers, maire de Sainte-Catherine-de-Hatley, préfet de la MRC de Memphrémagog et président de la Fédération québécoise des municipalités.

En 2015, l’Assemblée nationale confiait aux municipalités régionales de comté (MRC) la responsabilité du développement local et régional sur leur territoire. Cette reconnaissance du rôle des MRC était malheureusement accompagnée d’un retrait par l’État de plusieurs centaines de millions de dollars. Aujourd’hui, le développement local et régional subit toujours l’effet des compressions avec un manque à gagner de 60 M$ par rapport à l’investissement accordé par le gouvernement en ce domaine en 2014.

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Ode à Notre-Dame de Paris

OPINIONS / Charmante Dame, êtes-vous fâchée? Vous avez failli disparaître. Mais pourquoi donc?

Vous, qu’on a qualifiée de vieille dame, êtes-vous fatiguée de nous voir vivre?

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Pour conforter l’interdiction des signes religieux...

OPINIONS / Tandis qu’une forte majorité du peuple québécois accepte le principe de la laïcité telle que formulée dans la loi 21, le débat qui touche les signes religieux, notamment le «hidjab» dans l’enseignement a suscité un malaise et conduit à une levée de boucliers, notamment de la communauté musulmane. Alors allons-nous nous laisser influencer dans notre décision pour la laïcité à cause de la revendication du «voile» par certaines musulmanes abusées sur son port par certains imams soit fanatiques ou intégristes prétendant à tort que le port du voile est d’autorité divine? Tous les signes ne sont en général que des signes de reconnaissance entre individus; telles les épinglettes aux revers des vestons jusqu’aux couleurs des motards. En aucun cas, leur port n’apparaît comme des obligations divines.

Aussi la montée des femmes musulmanes aux barricades pour le port du voile islamique est-elle exagérée. Les employés du gouvernement ne représentent pas leur personne mais bien l’administration et, à travers elle, l’État. Il faut donc qu’ils ou elles soient neutres. Et c’est au nom de la neutralité de l’État que l’on demande qu’il n’y ait pas de signes religieux portés au travail par les employés de l’État.

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Du respect, de la douceur et de la bonté

OPINIONS / Ces mots-là, mon père, M. Lucien Noreau, les a répétés au moins des centaines de fois au cours de son séjour de quelques années à la chambre 301 de l’hôpital de La Tuque. «Ici, disait-il avec un large sourire et à qui voulait l’entendre, c’est le respect, la douceur et la bonté.»

Il rendait ainsi hommage à l’équipe de gens extrêmement dévoués et attentionnés du CHSLD, qui lui ont fait traverser ses dernières années de vie dans la sérénité, la chaleur humaine et le confort.

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Cachez ce Christ que je ne saurais voir...

Lorsque j’ai fait la demande auprès de la bibliothèque de Trois-Rivières qu’elle ajoute à sa collection de DVD le film de 2016 «La résurrection du Christ», j’étais persuadé que ma requête serait rejetée. J’aurais pu parier 100 $.

J’avais bien hâte de connaître le prétexte utilisé pour justifier ce refus. Après quelques semaines, ma patience fut récompensée. Et je cite: «Votre suggestion d’achat pour le document intitulé «La résurrection du Christ – RISEN» a été refusée, car la cote de qualité décernée par l’organisme Médiafilm est 5, soit ‘‘Moyen’’.»

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La lutte des infirmières contre le temps supplémentaire obligatoire

L’auteur, Jean-Claude Bernatchez, est professeur titulaire en relations de travail à l’UQTR.

Le Québec compte plus de 75 000 infirmiers et infirmières. Membres d’un ordre professionnel investi d’un acte exclusif, les infirmières sont incontournables dans le système de santé. L’imposition du temps supplémentaire obligatoire tire sa légitimité d’une part des besoins d’une population vieillissante et d’autre part de contraintes légales ou administratives qui affectent les ressources en nursing.  

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Alice au pays des Merveilles...

Étalement urbain, Vision zéro, le transport collectif, transport actif, les quartiers oubliés, environnement: qu’ont-ils en commun? Ils envahissent le discours des candidats à la mairie.

Chacun a son refrain pour attirer les votes. Une impression qu’un profil se trace à l’horizon. Une forme de collusion. Il n’y a pas de partis politiques municipaux mais les idées ne s’entrechoquent pas. Un discours, presque mot pour mot, claironné haut et fort ferait en sorte qu’il passe mieux et s’imprime dans l’imaginaire collectif. Étalement urbain, transport collectif, stationnement incitatif, réduction de la circulation automobile, transport actif (à bicyclette, à patins à roulettes, à pied), changement de la desserte des autobus, pollution des autos... et les taxes baisseront.