Le Festival international de la poésie mérite bien sa renommée ainsi que son qualificatif «international».

Capitale de la poésie

En 1985, Félix Leclerc déclara Trois-Rivières «Capitale de la poésie». Dans l'Hebdo Journal du 28 septembre 2016, le directeur du Festival, M. Gaston Bellemare, disait: «la plupart des poètes vivent à Montréal. C'est une ville de poètes, mais ce n'est pas une ville de poésie. Ici, oui.»
Le Festival international de la poésie mérite bien sa renommée ainsi que son qualificatif «international». Il est devenu une manifestation littéraire de première importance. Bravo à monsieur Bellemare, à son équipe, aux écrivains et à tous ceux qui participent au succès de cet événement annuel.
Cependant, le titre de Capitale de la poésie revient à Trois-Rivières. On s'attendrait d'une telle capitale qu'elle fasse de ce genre littéraire un de ses principaux axes d'activités continues, pas seulement dix jours par année. On espérerait y trouver des cercles de lecture, d'écoute et de création, ainsi que des auteurs qui s'y exprimeraient fréquemment.
Jos Bleau, trop souvent, ne comprend pas la poésie. Le tirage anémique des recueils est la preuve qu'elle ne parvient pas à le toucher, lui. Dans bien des cas, elle est beaucoup trop hermétique, éclatée ou expérimentale. Il a même peine à être ému devant les textes des plaques du centre-ville. Un premier travail d'éducation s'impose donc dans cette Capitale.
Lire un poème devrait être un plaisir simple rempli d'émotions. Ça s'apprend. La poésie, dans sa Capitale, devrait être accessible à tous, particulièrement aux jeunes, loin des travaux scolaires obligatoires. Le monde ordinaire devrait lui aussi pouvoir être remué, attendri, choqué par un texte poétique. À cette fin, le Festival organise chaque année plusieurs activités populaires comme la corde à poèmes. D'autre part, «Le poète en robe de chambre» que Christian Vézina anime avec ses invités à peu près une fois par mois l'automne et l'hiver à la Maison de la culture constitue un merveilleux effort de démocratisation de la poésie. On y présente à l'intention des non-initiés et des amateurs de très beaux textes faciles d'accès et commentés. En plus, c'est gratuit.
Pour que la parole de Félix devienne prophétique, la poésie doit nous émouvoir toute l'année. Puissions-nous profiter pleinement de cette 33e édition du Festival de la poésie. Puisse-t-il être le moment de fondation d'une véritable Capitale permanente de la poésie.
Michel G. Bérard
Trois-Rivières