Bonne fête Trois-Rivières

L'éditorialiste Martin Francoeur a bien raison de dénoncer l'inaction de la Ville de Trois-Rivières dans le fait de ne pas commémorer l'anniversaire de sa fondation cette année.
Cependant, sachant que la Ville n'avait rien de prévu à cet effet, il aurait dû le dire plus tôt, de manière à ce qu'elle fasse un petit quelque chose. Pour une ville, qui s'est déjà targuée d'en être une «d'histoire et de culture», c'est assez triste.
Mais profitons-en pour rappeler que c'est le mardi 4 juillet 1634 que Laviolette, homme de confiance de Samuel de Champlain, débarqua sur nos rives avec une trentaine de personnes, tant ouvriers que soldats, pour bâtir le Fort et l'Habitation de Trois-Rivières. Il en sera le commandant de 1634 à 1636.
Dans la même «barque», nous dit la «Relation de Jésuites» de cette année-là, prenaient place les pères Brébeuf et Daniel qui devaient se rendre au pays des Hurons, situé dans le sud de l'Ontario actuelle.
Ils étaient tous partis de Québec le samedi 1er juillet, mais ont dû relâcher en face de Grondines, sur une île appelée Sainte-Croix où Champlain fera également construire un petit fort qui portera un temps le nom de Richelieu.
Il y avait à cet endroit des rapides et d'énormes rochers qui rendaient le passage difficile. Il fallait attendre les vents favorables pour le franchir.
Nous ne savons rien de Laviolette, sauf son nom qui est attesté par l'introduction du «Catalogue des Trépassés», le premier registre de sépultures de Trois-Rivières.
Cependant, ce fait est incontestable. En effet, il n'existe aucun indice ni aucune preuve qui démontre que Laviolette n'est pas le fondateur de Trois-Rivières. Toute autre version de l'histoire, comme s'il fallait absolument en trouver une autre, tient du roman.
Mais celui ou celle qui découvrirait le nom du rédacteur du fameux «Catalogue des Trépassés» pourrait bien se mériter le prix du patrimoine Benjamin-Suite cette année, parce que ça, ce serait une vraie découverte.
Guy Héroux
Secteur Cap-de-la-Madeleine