Sonya Auclair, mairesse de Batiscan.

Batiscan: pour les droits de propriété et de quiétude

En réaction à l'article de Brigitte Trahan intitulé «Citoyens riverains à Batiscan: un procès en Cour supérieure en 2017», publié dans notre édition du 3 décembre dernier.
Nous sommes des citoyens riverains et nous souhaitons exprimer notre point de vue sur le litige en cours avec la Municipalité concernant la municipalisation de terrains en bordure du fleuve.
Avant toute chose, il importe de rectifier certains éléments contextuels.
Dès l'arrivée de Mme Auclair au poste de mairesse, il était dans ses intentions de municipaliser des parties de terrains situés sur la plage dont certains appartiennent au gouvernement et d'autres aux riverains. Malgré l'opposition et à la suite du refus de plusieurs citoyens, madame la mairesse a quand même proposé un projet de parc linéaire qui a été refusé et ensuite, a apporté quelques changements en plus de le renommer Parc Éco-Nature, ce qui a encore été refusé.
La défaite a un goût amer. À la suite de tous ces refus, un référendum a eu lieu le 27 septembre 2015 et la population a une fois de plus refusé la proposition faite par la Municipalité. Après cet échec, celle-ci a fait parvenir quatre jours plus tard des mises en demeure à plusieurs riverains, et le 24 novembre 2015, une requête a été déposée à la Cour supérieure.
La Municipalité poursuit ses propres citoyens pour quelques poteaux portant l'inscription «terrain privé» afin de délimiter leur terrain. Ces poteaux indiquent une limite au-delà de laquelle les promeneurs sont invités à s'abstenir de circuler permettant ainsi de garder les lieux propres et écologiques, tout en évitant les déchets de toute sorte afin de favoriser un mieux-vivre ensemble et surtout une relation plus harmonieuse entre citoyens.
Ce qui est proposé par les représentants (avocats) de la mairesse et son conseil est d'échanger les piquets informatifs des propriétaires de terrain par des poteaux dont la responsabilité deviendrait imputable à la Municipalité. 
Mais à quel prix? Quelle est donc la pertinence d'engager autant de procédures judiciaires pour réussir à prendre en main la signalisation déjà présente sur les terrains des citoyens riverains? En quoi les poteaux de la Municipalité seraient-ils plus légaux ou écologiques? 
De plus, la Municipalité s'est permise, le 4 août 2015, d'adresser une demande auprès du gouvernement afin d'obtenir l'autorisation d'installer leurs poteaux et ainsi d'outrepasser le droit à la propriété privée. Sa demande a été déboutée, car l'approbation des propriétaires est nécessaire et primordiale.
Madame Auclair et son conseil se sont engagés dans une démarche très coûteuse pour l'ensemble des citoyens dans des poursuites judiciaires. Depuis 2015, ce sont plusieurs dizaines de milliers de dollars qui sont déboursés par la Municipalité en frais juridiques et d'arpentage.
Que devons-nous comprendre de cette manoeuvre intimidante? Pourquoi ne pas respecter les décisions générales concernant les citoyens touchés qui veulent conserver leur quiétude et leurs droits fondamentaux à la propriété privée. Pourquoi la Municipalité s'y oppose-t-elle par le biais de ses avocats en plus de ne pas respecter le résultat du référendum. 
La Municipalité n'est-elle pas au service de ses citoyens et non pas pour la perte de ceux-ci?
Il importe également de mentionner que les propriétaires des terrains en bordure du fleuve ont toujours eu une entente cordiale avec les citoyens de Batiscan ainsi qu'avec les autres personnes voulant circuler sur la plage. 
Les citoyens riverains souhaitent ardemment que cela reste ainsi.
Contrairement à ce que laisse entendre Mme Auclair dans l'article du Nouvelliste, il n'y a jamais eu d'entente de principe entre les avocats des deux parties. En conséquence, un procès dont la date n'a pas encore été fixée devrait avoir lieu en 2017. 
Les citoyens sont déçus de leur administration municipale. Il faut se demander, une fois de plus, pourquoi les élus d'une si petite municipalité s'entêtent à dépenser toute cette énergie et notre argent afin de poursuivre des citoyens. Peut-on penser que ce serait l'expression revancharde d'un entêtement ou d'une recherche de pouvoir?
En terminant, les citoyens de Batiscan ont clairement exprimé leur refus (trois fois) à consentir à ces projets sur cette partie de territoire. La majorité a parlé haut et fort, mais les élus n'acceptent pas encore le résultat démocratique!
Langis Vézina
André Pascal
Batiscan