Avez-vous déjà vu battre le cœur de Trois-Rivières?

J’ai été témoin d’un grand moment mercredi soir avec des milliers de personnes. L’Amphithéâtre Cogeco était bondé pour la soirée de reconnaissance aux gens impliqués, aux bénévoles. Une soirée remplie de magie. Quelle belle idée d’accueillir et célébrer les gens qui donnent de leur temps pour rendre les événements de Trois-Rivières plus humains, plus chaleureux. Comme l’a si bien dit le maire, une ville n’est au départ que des rues, des buildings et des infrastructures, mais ce sont les gens qui y habitent qui lui donnent une âme.

En tant que fondatrice de l’événement Une fille qui court, j’ai collaboré avec des centaines de bénévoles depuis plusieurs années. J’en ai d’ailleurs reconnu plusieurs durant la soirée. Ces gens impliqués sont d’une importance capitale, ils rendent de grands défis possibles. L’air était chaud, les esprits étaient à la fête, et Grégory Charles était en feu. Au sommet de son art. L’énergie débordait par toutes les ouvertures de l’enceinte jusqu’à ce que se présente une parenthèse de douceur des plus émouvantes.

Sur une des demandes spéciales de la foule, M. Charles a entamé au piano le Hallelujah de Leonard Cohen. Tranquillement, brillamment, il y a entremêlé diverses chansons d’amour pour revenir à l’Hallelujah que la foule chantait avec lui. C’était à donner le plus grand des frissons. Il s’est même permis de nous apporter une réflexion sur le moment spécial que nous étions en train de vivre. «Il y a de la laideur et des choses épouvantables dans le monde, des guerres, des bombes, des terroristes. Mais réalisez qu’un mercredi soir, à Trois-Rivières, il y a plus de 4000 personnes unies pour chanter l’Hallelujah ensemble sur le bord du fleuve majestueux dans le plus bel amphithéâtre du Québec.» Wow!

C’est vrai que chialer c’est facile. Se plaindre, toujours trouver quelque chose de négatif à dire sur les gens, les événements, les projets. Mais à cet instant c’est l’amour et la reconnaissance qui unissaient toute une foule par la musique. Le temps était suspendu, parfait et plus rien n’existait en dehors de cette bulle de bonheur. Je ne crois pas que nous soyons meilleurs ou moins bons qu’ailleurs, je crois seulement que nous sommes uniques et que ce que nous avons à offrir en tant que population vaut la peine d’être célébré de la sorte. J’ai réalisé encore plus fort durant cette soirée combien je suis fière de nous. Nous avons des défauts, c’est inévitable, mais nos forces sont de toute beauté!

En quittant le site, je n’ai pas échappé combien l’image de l’amphithéâtre rouge éclairé dans la nuit renforçait mon impression d’avoir vu battre le cœur de Trois-Rivières. Un cœur fort, plein de vie. L’avez-vous déjà ressenti?

Nathalie Sanfaçon

Trois-Rivières