Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard

Attention aux comparaisons

Il est à la fois ridicule et inquiétant de constater que Philippe Couillard et Jean-Marc Fournier traitent méchamment un adversaire politique de «Trump», terme qui, avec ceux de «raciste», «xénophobe», «intolérant», se veut dans leurs bouches de bien-pensants l'ultime injure.
Mais comment peut-il leur échapper que, si certaines déclarations de François Legault rappellent vaguement celles du président «populiste» américain, leurs comportements politiques, à eux, libéraux bénis et consacrés, affichent de troublants airs de famille avec ceux de la douce Hillary et des valeurs démocrates états-uniennes en général?
Je ne peux croire que les analystes politiques de nos deux plus éminents leaders libéraux québécois aient omis de les informer que, comme tous les experts l'affirment, le succès inespéré de Donald Trump s'expliquait manifestement en bonne part par un ras-le-bol d'une partie importante des Américains de souche face aux politiques d'immigration débridées et laxistes de leur pays, reléguant par le fait-même leurs propres revendications aux oubliettes.
Est-il réellement possible que, du haut de leur chaire multiculturaliste dorée, nos élus provinciaux continuent à croire qu'en usant à outrance de l'arme «immigration massive», ils conserveront à jamais le pouvoir politique au Québec et arriveront sans coup férir à noyer les racines culturelles et linguistiques du peuple fondateur?
Attention, messieurs, la victoire de Trump le démontre: le réveil pourrait être aussi soudain que brutal.
Pierre Trudel
Shawinigan