L’affaire Weinstein aux USA. Les allégations d’inconduite sexuelle d’Éric Salvail. Les allégations d’agression et d’inconduite sexuelles de Gilbert Rozon. Les mouvements #MeToo et #MoiAussi en Amérique, et #Balancetonporc en France. Le patriarcat attise encore notre indignation; mobilise encore des milliers de femmes et des alliés à prendre la parole, à dénoncer l’ignominie!

Assez!

L’auteur, Jean Fournier, est président du Syndicat des professeures et professeurs du Cégep de Trois-Rivières.

L’affaire Weinstein aux USA. Les allégations d’inconduite sexuelle d’Éric Salvail. Les allégations d’agression et d’inconduite sexuelles de Gilbert Rozon. Les mouvements #MeToo et #MoiAussi en Amérique, et #Balancetonporc en France.

Le patriarcat attise encore notre indignation; mobilise encore des milliers de femmes et des alliés à prendre la parole, à dénoncer l’ignominie!

Dans mon collège public nous nous sommes engagés syndicalement, des suites d’une position unanime récemment adoptée en assemblée syndicale, à mettre en place rapidement une concertation active et engagée, avec d’autres actrices et acteurs du milieu, en relation avec la dénonciation de la culture du viol et des violences à caractère sexuel. 

Il nous faut nous donner des moyens pour permettre des prises de conscience individuelles et collectives et faciliter la dénonciation d’actions inappropriées. 

Dans la foulée du lancement par la ministre David de l’Enseignement supérieur d’une stratégie d’intervention visant à prévenir les violences à caractère sexuel sur les campus des collèges et des universités, il nous apparaît vital de nous mettre en action. Et il est grand temps de le faire! 

Les événements vécus récemment ou encore, la tourmente notamment survenue sur le campus de l’Université Laval il y a quelques mois, ne sont pas sans rappeler que la culture du viol est omniprésente et bien enracinée. 

Il nous faut prendre la parole, agir collectivement et proposer d’autres modèles que ceux moussés dans les téléréalités ou dans les radios-poubelles et promus sans vergogne dans la pornographie. 

À cette étape-ci du développement de nos sociétés modernes devrait être acquis le fait que les femmes sont maitresses de leur corps, libres dans les gestes posés et souveraines dans les choix effectués. Le diktat du patriarcat, vétuste système prônant la suprématie de l’homme au détriment des droits des femmes, ne devrait être qu’un lointain souvenir d’un monde archaïque. Mais il n’en est pas ainsi!

Il est décevant de devoir se le redire, mais le combat pour l’égalité est loin d’être terminé. 

À cet égard, la nouvelle présidente du Conseil du statut de la femme avançait récemment que l’égalité des droits entre les hommes et les femmes étant «presque acquise»; d’ailleurs elle ne se «serait pas opposée à une modification de l’appellation de son organisation afin de mieux refléter l’évolution de la société» (Journal de Québec, 17 septembre 2017). Une telle position aurait dû amener l’obligation d’une démission. 

Nous sommes donc bousculés, à juste titre, à nous mettre en action. Il faut le faire avec un souci de justice et d’équité, voire d’urgence à agir! Il faut le faire avec nos sœurs, nos filles, nos étudiantes. 

La culture du viol positionne l’homme tantôt comme chasseur de proie, tantôt comme victime malheureuse de ses pulsions ou pire encore, victime de femmes qui le provoquait. Ce construit machiste doit cesser de s’imposer. 

Nous devons maintenant nous remettre au travail. Le mouvement des femmes, depuis plusieurs années le fait. Avec lui, un vaste chantier nous attend.