Anticosti et les partis politiques «extractivistes»

Les partis politiques du Québec considèrent comme étant une bonne pratique que de tenter de tirer avantage de leur décision surtout si celle-ci a tout l'air d'un bon coup.
Il en est ainsi de l'arrêté ministériel sonnant la fin des forages sur l'île d'Anticosti adopté le vendredi 28 juillet par le gouvernement Couillard.
Reçue avec raison et soulagement par une portion importante de la population, cette décision masque cependant une chronologie et des engagements exorbitants qui caractérisent les partis qui se sont partagé un pouvoir voulant nous laisser croire qu'ils sont là pour gérer le bien commun.
Il faut ici rappeler que bien avant le malheureux et coûteux engouement du PQ pour l'exploration pétrolière et gazière à Anticosti en 2014, le PLQ avait déjà fait la promotion d'un tel projet fossile et cédé des droits d'exploration à un prix dérisoire. Rappelons que le gouvernement Charest avait levé les restrictions à l'exploration d'hydrocarbures sur l'île dans un arrêté ministériel publié dans la Gazette officielle du 2 septembre 2009.
Il serait donc plus raisonnable et plus fidèle aux faits de reconnaître que les trois plus importants partis siégeant à l'Assemblée nationale, le PLQ, le PQ et la CAQ, sont mus par un même pragmatisme «extractiviste», genre les «vraies affaires».
Jusqu'à tout récemment, dans le dossier Anticosti, ils se sont laissés envoûter par les promesses des promoteurs et des instituts économiques. 
Étourdis par les revenus inespérés et magiques qu'ils pouvaient tirer de ces opérations, ils se sont satisfaits d'études préliminaires mal vérifiées sur la faisabilité et sur la rentabilité d'un projet délaissant toutes les conditions d'acceptabilité sociale et environnementale.
Aujourd'hui, le PLQ de monsieur Couillard, revêtant les habits d'une «fausse vertu écologique», vient nous présenter la facture d'au moins 115 millions de dollars que nous devrions recevoir comme un règlement honorable. La somme sera remise à des promoteurs propriétaires de licences d'exploration n'ayant versé aucune redevance sur aucune goutte de pétrole. 
En période de divertissement estival, voici un beau dédommagement sur la scène du théâtre spéculatif. 
Cette trop généreuse compensation relancera ailleurs au Québec des opérations tout aussi dévastatrices par les mêmes promoteurs de l'industrie pétrolière et gazière! 
On se comprend!
Pierre Foisy
Saint-Édouard-de-Maskinongé