André Drouin, qui est à l'origine du fameux «code de vie» d'Hérouxville, est décédé dimanche.

André Drouin: le guerrier!

Par définition un guerrier est un combattant défendant une cause qui lui est imposée ou, au meilleur, celle qu'il choisit, car elle vient du coeur.
L'âme du guerrier, dont nous parlons ici, avait une vision pacifiste de son combat, car il avait choisi les débats démocratiques comme arme pour faire valoir les valeurs de la société québécoise. Certes, en amenant sur la place publique ses inquiétudes, ses revendications et surtout ses solutions, il exposait son flanc aux critiques, aux jugements, aux moqueries, aux dérisions de cette meute bien pensante assisse confortablement sur la chaise de l'hypocrisie dite libérale. Cette même jungle, sise au coeur de notre cirque démocratique, qui se plaisait à tirer à boulets rouges sur ce visionnaire au lieu d'écouter ses sages paroles qui formaient un message qui nous conduirait à faire des lois pour un mieux-vivre-ensemble. 
La qualité première du guerrier est le courage et le dévouement pour sa cause et les siens. André continua donc à avancer en offrant de nous informer par des conférences, des écrits, des mémoires présentés à l'Assemblée nationale, par ses participations à la marche de la Journée de la femme en 2008 et par des informations journalières venant de tous les coins du monde via son site web.
André est-il un guerrier prônant xénophobie, racisme et manque d'ouverture à l'étranger comme le laissait entendre le cri des fauves et des charognards qui attendaient le moindre faux pas de sa part? Son parcours humaniste, commencé il y a dix ans, nous confirma, sans le moindre doute, que sa motivation la plus profonde était de faire du Québec une nation où la peur et l'ignorance ne feraient plus partie des stratégies électoralistes et disparaitraient du paysage politique. Il voulait que le Québec devienne la pierre angulaire pour accueillir le nouvel arrivant à la lumière de ce qu'il voyait dans les autres pays.
Malgré l'arrogance à peine cachée des détracteurs du code d'Hérouxville, André tenait bon le phare par amour pour les siens, pour sa femme adorée Luce, pour ses enfants, ses petits-enfants, car il entrevoyait le pire pour ces derniers dans un avenir pas si lointain. 
Il aimait le Québec, nos valeurs, entre autres, l'égalité homme-femme, la langue française, la séparation entre l'Église et l'État, notre liberté d'expression et nos avancements sociaux. Il était fier de notre société moderne qui s'était bâtie et développée avec le courage et le travail de nos ancêtres. Pourquoi perdre tout cela pour faire plaisir à des religions où règnent des dieux invisibles qui valorisent la Charia et qui peuvent châtier à qui mieux mieux en imposant des codes de vie incompatibles avec notre système démocratique pour lequel nos parents ont donné leur vie? 
Avait-il des peurs? Certainement! Car au vu et au su de tous, le gouvernement libéral actuel s'est empressé de tabletter, entres autres, le rapport de la commission Bouchard-Taylor et d'enterrer toute initiative qui permettrait de mettre fin à une éventuelle mise en place d'un règne théocratique et islamique. Il avait peur de l'islam parce qu'il a vu de ses propres yeux des drames ailleurs dans le monde. Il n'était pas raciste, car pour André, il n'y a qu'une race: la race humaine!
Ce guerrier lucide, visionnaire, pacifiste, humaniste et compatissant ne pouvait rendre les armes de son vivant et seule la mort pouvait en venir à bout. Merci à toi, merci au guerrier pacifique André Drouin. 
Louise Hubert
Trois-Rivières