Dans cette lettre, le député Donald Martel rend hommage au travail d’Alain Turcotte qui a pris sa retraite du quotidien<em> Le Nouvelliste </em>cette semaine après 40 ans de service.
Dans cette lettre, le député Donald Martel rend hommage au travail d’Alain Turcotte qui a pris sa retraite du quotidien<em> Le Nouvelliste </em>cette semaine après 40 ans de service.

Alain Turcotte: 40 ans de constance et de détermination

L’auteur, Donald Martel, est député de Nicolet-Bécancour à l’Assemblée nationale.

OPINIONS/ Au début des années 80, je jouais dans le baseball mineur. Je m’intéressais alors surtout à la section des sports du Nouvelliste et le nom d’Alain Turcotte m’est donc vite devenu très familier. Il assurait une information complète des événements sportifs sur l’ensemble du territoire et je suivais avec grand intérêt tout ce que ce journaliste écrivait sur les différentes ligues, les équipes, les joueurs, la relève, les entraîneurs et, en particulier, les péripéties de fin de saison, les éliminatoires et les courses au championnat. Le nom d’Alain Turcotte était déjà devenu pour moi une référence.

Par la suite, Alain Turcotte a fait du Nouvelliste la cause professionnelle de sa vie. Ses quarante ans de loyauté et d’engagement ont certainement contribué largement au rayonnement et à la vitalité de cet organe de presse. Sans revenir sur l’ensemble de sa carrière, je voudrais souligner une dimension de ses réalisations qui m’apparaît particulièrement importante. Avoir accès à un journal quotidien constitue un privilège que seules les villes de grande taille peuvent se permettre. Les agglomérations de Trois-Rivières et du Cap-de-la-Madeleine offraient à cet égard au Nouvelliste un très bon bassin de clientèle. 

Mais, au fil des ans, le journal a aussi élargi son territoire des deux côtés de la rivière Saint-Maurice et du fleuve Saint-Laurent. Il a ainsi acquis un statut de quotidien régional et plus important encore, il est devenu une sorte de trait d’union entre des coins de pays que la géographie ou l’économie pouvaient tenir à distance les uns des autres. Je peux en témoigner personnellement. Natif de Grand-mère où j’ai vécu mon enfance et mon début de vie d’adulte, j’ai ensuite déménagé à Saint-Célestin de l’autre côté du fleuve, pour des raisons professionnelles. Cette transition s’est faite en douceur pour toutes sortes de raisons et, en particulier, parce que je continuais d’habiter le «territoire» du Nouvelliste. Je pouvais encore le lire chaque matin et ainsi nourrir mon sentiment d’appartenance à la région.

Le Nouvelliste ne fait pas que nous transmettre les nouvelles qui se passent chez nous, il parle de nous et il le fait en connaissance de cause, quel que soit le coin de territoire que nous habitons. Que vous viviez à Grandes-Piles ou à Sainte-Perpétue, votre histoire peut se retrouver dans les pages du Nouvelliste et parfois même faire la une du journal! En plus de fournir de l’information pertinente et rigoureuse, le quotidien nous inspire un sentiment de fierté et d’appartenance. C’est encore vrai aujourd’hui et on le doit notamment à la persévérance, à l’assurance et à la constance de monsieur Turcotte.

Pour toutes sortes de raisons, Le Nouvelliste a vécu des moments difficiles au cours des dernières années. Ces péripéties auraient pu inciter monsieur Turcotte à accrocher ses patins plus tôt et à profiter d’une retraite dorée. Il a au contraire décidé de rester à la barre et de relever le défi de donner un nouveau souffle au Nouvelliste, bousculé par les changements de propriétaire, les nouvelles contraintes financières qui étaient souvent le fait de pressions extérieures au journal, la concurrence des médias sociaux et les habitudes changeantes des consommateurs. Pour cela aussi, nous devons lui être reconnaissants.

En terminant, je salue monsieur Alain Turcotte pour ses quarante années d’engagement et de fidélité envers une entreprise qu’il a admirablement servie et je le remercie au nom de mes concitoyens et concitoyennes pour sa contribution importante à la vitalité de notre territoire.