Agir ensemble!

OPINIONS / Une mobilisation pour le maintien des différents quotidiens et hebdos s’exprime dans de nombreuses régions du Québec. Elle vient canaliser le besoin vital pour les régions de posséder des leviers propres à leur territoire.

J’étais présent, comme tant d’autres, au 5 à 7 tenu au Musée POP mercredi dernier à Trois-Rivières. Nous sommes nombreux et nombreuses à avoir été touchés par la prise de parole de la présidente régionale de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) et journaliste au Nouvelliste, Paule Vermot-Desroches. Elle a traduit un attachement viscéral à ce quotidien. Ses envolées étaient touchantes, senties et interpellantes.

Je salue cette initiative de la section régionale de la FPJQ. Je salue également les travailleurs et travailleuses des quotidiens publiés par Capitales Médias qui ont donné leur accord à ce que leur syndicat CSN élabore un plan d’affaires visant la création d’une coopérative. Voilà un modèle d’affaires qui franchit la barrière du temps dans de nombreux secteurs et offre une alternative qui détient des assises solides en terre québécoise.

Les médias écrits doivent être des garde-fous de la démocratie. Ils font circuler la nouvelle locale et régionale; ils doivent également exprimer les positions plurielles prises en relation avec les situations qui préoccupent les personnes et les différents secteurs de nos territoires. Ils sont en fait des carrefours de prises de parole et de liaison entre les gens et leurs réseaux.

Dans cette foulée, l’État doit assumer sa responsabilité de soutenir les médias: les formes de soutien sont à définir et très probablement à ajuster en fonction du contexte sociétal qui évolue.

Ainsi, la presse écrite notamment sur support papier doit survivre au poids du tout-pour-le-numérique. Une presse la plus libre possible, la plus indépendante possible quant à son contenu. Une presse écrite qui consent à rapporter la nouvelle, mais également à soulever des débats, ouvrant de ce fait une fenêtre d’expression critique.

À cet égard, je salue l’existence également sur notre territoire de médias communautaires, telles la Gazette de la Mauricie ou encore la télé communautaire des Bois-Francs qui offrent des lieux de prises de parole totalement libres et indépendants.

En terminant, il faut lancer un appel au législateur d’investir tous les efforts nécessaires pour encadrer le GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) qui s’approprient une part croissante des revenus de publicité et paient peu ou pas de taxes et d’impôts.

Concrètement, je m’engage à ce que dans mes classes au cégep, nous visitions encore davantage les plateformes de nos médias locaux, mais également à poursuivre la croisade, dans nos combats syndicaux et communautaires où je me retrouve, pour une presse libre, indépendante, garde-fou de la démocratie…

Longue vie à nos médias écrits sur nos territoires!

Jean Fournier

Professeur de travail social au Cégep de Trois-Rivières