Les accidents sont nombreux sur le boulevard Thibeau dans le secteur de Saint-Louis-de-France. Selon l’auteure de cette lettre, il y aurait lieu de réduire la vitesse sur cette artère et d’investir dans des infrastructures routières sécuritaires dans ce secteur de la ville.

À Saint-Louis-de-France aussi il y a un problème de vitesse...

Dans tout le débat concernant l’adhésion, l’adoption et éventuellement, la mise en oeuvre des principes de la Vision zéro, il est choquant de constater que le secteur Saint-Louis-de-France est une fois de plus occulté par notre gouvernance municipale. Et, on ne peut certes prétendre que ce secteur ne connaît pas de problèmes relatifs à la vitesse.

Quand j’ai appris mardi que la Ville songe maintenant à réduire la vitesse sur le tronçon de l’autoroute 40 qui la traverse, me voilà sortie de mes gonds. Quid du tronçon du boulevard Thibeau (route 157) qui, d’une laideur absolue, scinde le secteur Saint-Louis-de-France en deux? Cette route tue et blesse plus souvent qu’à son tour. Mais combien de décès, de blessés ou encore de tôle froissée faudra-t-il pour que nos autorités municipales agissent?

Le dernier décès par accident de la route survenu sur ce tronçon remonte au mois d’août dernier. Tout à coup, cette route a été dans le radar de l’actualité radio. Invité à commenter et à expliquer la récurrence d’accidents graves sur cette route, notre très proactif conseiller municipal, M. Michel Cormier, répondait ne pas comprendre les réponses négatives du ministère aux demandes de réduire la vitesse. «Ne pas comprendre», quelle absurdité! Comme si le ministère donnait une réponse sans en référer aux règlements applicables.

Monsieur Cormier a également dû répondre des circonstances entourant le décès d’une personne happée par une voiture au cours de l’hiver dernier. Et lui de répondre: «Il y a une éducation à faire au règlement des gens qui traversent la rue. Ça passe vite en «tit pépère». On devrait aller aux endroits où c’est plus facile de traverser». Ce que M. Cormier omet de dire c’est que la personne en question a probablement eu de la difficulté à enjamber la bordure de neige pour l’amener au trottoir; neige accumulée parce que jour d’opération de déneigement toujours mal synchronisée entre la Ville, responsable du déneigement des trottoirs et le MTQ, responsable de celui de la route. Dans de telles conditions, il est permis de supposer que l’homme âgé aurait tenté d’enjamber la bordure de neige et aurait basculé vers la rue; une bascule de trop.

Quand M. Cormier prétend qu’il faut éduquer les gens pour leur apprendre à traverser aux endroits prévus à cette fin, il serait de bon aloi d’informer M. Cormier que la rue Saint-Alexis est séparée par 1,8 km de la rue Denis-Roy, sa semblable la plus rapprochée. En comparaison, les rues Cooke et des Prairies, situées dans le secteur limitrophe, sont séparées par 900 mètres et toutes deux sont munies de feux de circulation, synchronisés qui plus est.

Que M. Cormier dise ne pas comprendre la réponse du MTQ, ainsi soit-il. Mais que mon vénérable conseiller qui, soit dit en passant, a remercié ses concitoyens de lui avoir fait confiance et ainsi, lui permettre d’exercer un deuxième mandat alors qu’il a été élu sans opposition, ne semble pas savoir qu’il est possible de faire des aménagements routiers pour réduire de manière intuitive la vitesse des automobilistes, pour sécuriser les piétons, pour embellir cette route et en réduire les nuées de poussière et la pollution sonore est inacceptable. Cette inaction est choquante, voire méprisante pour les citoyennes et citoyens qu’il représente.

Des aménagements routiers pour une telle route sont présentés dans un document du MTQ intitulé «La gestion des corridors routiers – Aménagements routiers dans la traversée des agglomérations».

Je me fais longue, je sais. Et je te terminerai là-dessus. La Ville de Saguenay vient d’obtenir la permission de réduire la vitesse sur son boulevard Talbot. Talbot, c’est la même problématique que Thibeau dans le secteur Saint-Louis-de-France. Mais avant d’obtenir enfin cette permission, la Ville de Saguenay a investi dans des infrastructures d’aménagements routiers.

Pour ce faire, il faudrait que la Ville de Trois-Rivières investisse dans le secteur Saint-Louis-de-France. Malheureusement, je ne crois plus au père Noël. Les investissements dans mon secteur se font rares comme de la m**** de père Noël, plus rare encore que celle de pape! La vitesse n’est hélas pas la seule réalité problématique. La dévalorisation, l’accroissement de la pauvreté, le manque de vision urbanistique et l’absence de leadership sont autant de constats qui font mal à mon coeur de Louisfrancienne.

Martine Lemire

Secteur Saint-Louis-de-France

Trois-Rivières