Le maire de Shawinigan, Michel Angers, en compagnie du représentant du Groupe Château Bellevue, Grégoire Turcotte, lors de l'assemblée publique de consultation, à l'hôtel de ville.

À quoi sert un règlement de zonage? 

À quoi sert un règlement de zonage? À baliser l'aménagement territorial d'une ville. Par exemple, à Shawinigan, la hauteur maximale des immeubles à vocation résidentielle est établi à 10-15 mètres, selon les secteurs. Normalement, la première responsabilité de la Municipalité en matière d'urbanisme est d'assurer le respect des dispositions du règlement.
Pourtant, le maire Michel Angers semble prendre l'habitude de défendre avec empressement les dérogations souhaitées par les promoteurs privés, et modifier son propre règlement pour les accomoder.
Ce fut le cas en 2016 avec Nemaska Lithium, c'est aujourd'hui le cas pour le Château Bellevue. Nemaska avait un argument pour justifier une dérogation: la disponibilité d'une infrastructure industrielle, l'ancienne usine Laurentide. Quel est l'argument du groupe Château Bellevue? Qu'est-ce qui l'empêchait donc de se présenter avec un projet respectant le règlement? 
Le promoteur propose de bâtir un mastodonte de 10 étages (300 unités) dans la bande commerciale, recréotouristique et institutionnelle qui longe l'avenue des Cèdres, à l'encontre des dispositions de zonage. Il avait déjà présenté le même genre de projet en 2016 à Saint-Georges (Beauce), 300 unités sur 5 étages, ce qui avait suscité l'opposition des citoyens, d'aucuns déplorant que le projet était mal intégré au site, d'autres qu'il ne souhaitaient pas avoir un «mur de Berlin» dans le paysage.
Outre l'impact visuel, l'impact sur la qualité de vie, la circulation et le marché immobilier avaient aussi été soulevés. Ce genre d'histoire n'est pas unique, elle se répète partout au monde: un promoteur annonce un projet qui fait fi de la réglementation et envoie ainsi la balle dans le camp des autorités municipales qui, trop souvent, n'hésitent pas à mettre de l'eau dans leur vin. C'est alors aux citoyens de tenter de les ramener à l'ordre si nécessaire -tant qu'ils peuvent encore le faire... 
Compte tenu de la taille du territoire de la ville de Shawinigan et du nombre de terrains vacants par ailleurs disponibles, je pense qu'il n'y a aucune nécessité d'accepter les «conditions» du promoteur sur le site des Cèdres, notamment la hauteur du bâtiment qui est démesurée par rapport au cadre bâti et à la nature du lieu. N'oublions pas que la Pointe-à-Bernard est un pôle touristique important, doté d'un cachet particulier: un complexe résidentiel à grand gabarit, tout château qu'il soit, n'y est tout simplement pas à sa place selon moi. 
Patrice Bolduc
Shawinigan