Plusieurs canotiers de la région participaient au AuSable River Canoe Marathon, en fin de semaine dernière, dans l'État du Michigan. L'auteur de cette lettre s'interroge sur la couverture médiatique de cette compétition.

À quand une couverture adéquate du canot long parcours en Mauricie?

La fin de semaine dernière se tenait au Michigan la deuxième étape de la Triple couronne de canot. Une course d'environ 15 heures qui débute en soirée pour se terminer le lendemain matin. Les canotiers doivent pagayer toute la nuit en faisant de nombreux portages pour atteindre le fil d'arrivée.
Étant canotier moi-même (mais ne participant pas à la course), j'ai suivi avec grand intérêt les prouesses de plusieurs Québécois et même Mauriciens présents à cette course.
Quelle ne fut pas ma déception, lundi matin, de constater le peu de visibilité de la part de nos médias pour le sport qu'est le canot long parcours et les athlètes qui y participent. Après la 20e position, pas la peine de parler de ces athlètes qui ont pourtant fourni le même effort sinon plus pour terminer la course. Plusieurs canotiers, au-delà de la 20e position ont fait très bonne figure au Michigan et ils méritent eux aussi d'être mentionnés. Aux États-Unis, plusieurs canotiers signent des autographes avant et après les courses. Ici, les trois ou quatre premiers sont parfois cités dans des articles résumés. 
Depuis quelques années déjà, l'organisation de la Classique de canots a fait un virage important dans son administration et dans son approche avec les canotiers. Nous sentons que la Classique est dans la bonne voie pour faire revivre le sport en Mauricie. L'ACCQ (Association des coureurs en canot du Québec) et l'ACRQ (Association des coureurs en rabaska du Québec) ne ménagent pas les efforts pour inciter la population à pratiquer ce magnifique sport dans notre région et ailleurs au Québec, pour attirer les jeunes et les moins jeunes à venir tenter leur chance sur cette splendide rivière Saint-Maurice que nous avons à notre disposition.
Il est par contre dommage de voir les médias locaux lever le nez sur le canot long parcours. Je pensais qu'une des missions des médias locaux était de vendre les événements locaux, les athlètes de chez nous. Il est dommage de constater que nos citoyens soient si peu informés sur un sport qui se pratique dans leur propre cour. Très peu de gens connaissent tous les efforts qui sont mis en oeuvre, la charge d'entraînement, les sacrifices que les canotiers s'imposent année après année pour pouvoir seulement espérer compléter l'épreuve. Il y a encore des gens qui nous arrêtent dans la rue pour nous demander si Serge Corbin va gagner la Classique cette année. Sa dernière Classique était en 2012...
Je comprends que les gens aient été marqués par les exploits exceptionnels de M. Corbin, mais il y a d'excellents athlètes qui sont encore présents, des modèles d'acharnement et de persévérance pour les jeunes en Mauricie, qui gagnent à être connus davantage de la population. 
Aujourd'hui, la présence des médias est intimement liée au succès d'un événement. Un petit coup de pouce de la part des médias pourrait bénéficier à tous. Quoi de plus vendeur qu'un athlète local dans un journal local?
Tommy Savard 
Shawinigan
Commentaires de l'équipe des Sports
Lors de la rédaction d'un article, il s'agit de notre travail de tracer une ligne quant au contenu en se basant sur plusieurs critères et en devant tenir compte de certaines contraintes, ce qui ne nous permet pas de nommer tous les participants d'une épreuve. Mais c'est le propre de toutes les disciplines sportives et de toutes les organisations de croire que leur passion mériterait davantage de couverture dans les médias, et c'est compréhensible.
J'aimerais rappeler que l'AuSable River Canoe Marathon a eu droit à une couverture plus que généreuse dans nos pages. Dans l'édition de vendredi dernier, aucun autre article rédigé par nos journalistes sportifs n'occupait davantage d'espace dans Le Nouvelliste. Dans l'édition de lundi, l'événement arrivait deuxième en tête de liste.
À vrai dire, il s'agissait de la plus généreuse couverture de cette course disputée à plus de 1000 km de la Mauricie des cinq dernières années, une augmentation de contenu rédactionnel de plus de 300 % depuis 2015. S'il est vrai que le canot long parcours est absent de presque tous les médias québécois, ce n'est certainement pas le cas du Nouvelliste.
Nicolas Ducharme
Journaliste