Opinions

Nous avons encore quatre fois quatre saisons devant nous

Voilà bien ce à quoi va nous amener notre vote aux élections du 5 novembre prochain. Il a son importance dans le sens qu’après, nous allons toutes les vivre ces saisons, ensemble.

Regardons-les une par une. 

L’automne, c’est le vent, qui sait se manifester, impétueux parfois, encore chaud. Que veut-on qu’il fasse tomber? Quel genre de feuilles veut-on ramasser? Évidemment qu’elles viennent des saisons passées, ces feuilles, mais il en poussera bien d’autres, c’est l’ordre naturel des choses. Je connais des enfants et des adultes qui apprécient le cycle de la vie, et ce, malgré le ramassage.

L’hiver, on gèle, c’est connu. Que veut-on mettre sur la glace? Quoi mettre en réserve pour les saisons à venir, qui elles, varient indubitablement d’une année à l’autre? Notre culture est pleine d’expressions qui nous gardent contre la trop grande expansion à liquider toutes les réserves qui nous aident à passer les longs hivers.

Le printemps, c’est le temps des promesses, du renouveau. Nous en avons au moins quatre devant nous! À quoi voulons-nous nous réveiller? Où voulons-nous planter ces graines pour que la nature nous donne ses fruits... et ses légumes, à notre goût?

En été c’est connu, on profite. La température, les vacances, les voyages, la belle vie, quoi! Quel genre de vie voulons-nous vivre à Trois-Rivières? Quelles sont nos valeurs, nos aspirations, qu’est-ce qui nous remplit de bonheur, d’espoirs, de félicité? 

Nous avons droit à ces questions avant de poser le geste qui va nous assurer de vivre les quatre prochaines années dans une ville à notre goût, une ville qui corresponde à nos aspirations tous autant que nous sommes, nous, les plus âgés, les gens d’affaires, les jeunes familles, et tutti quanti!

Jean-Pierre Marceau

Citoyen et pouète [sic] à ses heures

Trois-Rivières

Opinions

Le rôle de la mosquée et l’impact de certaines prières

L’une des priorités majeures dans une mosquée est l’accueil des nouveaux immigrants.

Les leaders de la communauté leur offriront l’assistance nécessaire et les conseilleront dans le choix du logement, des écoles, du marché halal et leur fourniront d’autres services. La mosquée renforce ainsi son influence. Elle devient le cœur des activités de la communauté et une base stratégique d’intégration dans la communauté musulmane locale.

Plus qu’un lieu de culte, certaines mosquées, selon ceux qui les dirigent et les financent, deviennent aussi des centres politiques, des écoles coraniques, des lieux de rencontres et d’échanges sociaux… où l’on recommande de façon subtile la séparation d’avec les infidèles, tel que prescrit dans le Coran.

Cette ségrégation se reflète dans les prières, récitées en arabe. La plus courte, soit la Fatiha, est considérée comme la mère du Coran par Mahomet. Sa récitation est un pilier essentiel de la prière puisque sans elle toute prière est non valide. La Fatiha est répétée au début de chaque moment de prière et il y en a cinq par jour, donc elle sera récitée au moins quinze fois par jour. 

Comme la Fatiha est courte, elle est en général apprise dès l’enfance dans les écoles coraniques ou encore simplement enseignée par les parents. Que dit cette prière? Le musulman supplie Allah, qualifié de clément, de miséricordieux: «Guide-nous dans le droit chemin, le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés.»

Mais ce qu’il faut savoir, c’est que les exégètes de l’islam l’interprètent comme suit: «Qui sont les gens contre lesquels Dieu est en colère? Ce sont les juifs.» La périphrase est tirée de la sourate 2, verset 61. «Ils ont encouru la colère de Dieu pour n’avoir pas voulu croire à ses signes et pour avoir injustement tué ses prophètes.» 

Et qui sont les égarés? Ce sont les chrétiens. Cette seconde périphrase est tirée de la sourate 4, verset 44. «Les chrétiens ont reçu une partie des Écritures, se sont égarés et souhaitent que vous vous égariez à votre tour de la bonne voie.» Quel espoir pouvons-nous alors avoir pour le vivre-ensemble si on enseigne dès le plus jeune âge un tel mépris pour ceux qui pratiquent une autre religion? 

Que dire de la prière du vendredi, presque toujours accompagnée d’un prêche et que certains prédicateurs, en France notamment, concluent en clamant leur colère contre les non musulmans: «Ô Allah! Fais périr les mécréants et les ennemis de l’Islam! Ô Allah! Détruis leurs édifices! Ô Allah! Fais périr leur récolte! Ô Allah! Rends orphelins leurs enfants! Ô Allah! Rends veuves leurs épouses! 

Ô Allah! Fais en sorte que leurs biens tombent entre les mains des musulmans!» Et après chaque supplication la foule scande: «Amen!» Quelles imprécations contre les non-musulmans! 

Chez les catholiques par exemple, le Concile Vatican II a modifié la prière du Vendredi Saint dans laquelle les gens priaient pour «les juifs perfides.» Depuis Paul VI (1970), la formulation est devenue: «Prions pour les juifs à qui Dieu a parlé en premier; qu’ils progressent dans l’amour de son Nom et la fidélité de son alliance». Les autorités religieuses musulmanes ne devraient-elles pas elles aussi s’actualiser et s’assurer qu’il n’y ait pas dans les versets d’invocations toutes pétries de menaces, de violence et de haine?

Roger Greiss

Shawinigan

Opinions

De l’utilité des archives, qui s’en soucie?

L’auteure, Suzanne Girard, est archiviste à la retraite et habite Trois-Rivières.

En 2017, il y a 39 services d’archives privées qui affichent fièrement un «certificat d’agrément» les plaçant, tous, dans la catégorie des partenaires privilégiés de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). 

Présents dans 33 circonscriptions électorales du Québec, ces institutions ont pignon sur rue tant dans les grands centres urbains qu’en région. Leur mission est la sauvegarde et la mise en valeur des archives rappelant la carrière d’individus, l’histoire de familles, d’organismes ou d’entreprises privées. Ensemble, ces organismes préservent, classent et rendent accessibles, aux chercheurs de toute provenance, plusieurs kilomètres de documents de toute sorte, du XVIIe siècle à nos jours! 

De l’utilité des archives, parlons-en. Qui d’entre nous n’a pas déjà visité une exposition où l’on y présentait de vieux documents un peu jaunis? Qui n’apprécie pas un bon documentaire relatant la vie d’une personnalité ou une page d’histoire? Qui n’aimerait pas pouvoir retracer et lire des lettres écrites par son ancêtre? Pour permettre ce type de projets, il nous faut les archives. Pour qu’elles soient disponibles, il faut des professionnels qui les sélectionnent, les décrivent et les diffusent. 

Le nerf de la guerre, c’est l’argent. Ces derniers mois, le ministère de la Culture et des Communications du Québec (MCCQ) a encore réduit les budgets aux institutions culturelles et patrimoniales, dont celui de BAnQ. Par ricochet, le programme d’agrément, géré par BAnQ, subit, malheureusement, des modifications qui diminueront drastiquement le soutien au fonctionnement d’organisations déjà en manque de ressources. Cette réforme n’est pas sans déclencher insatisfaction et inquiétude. 

De l’utilité des archives, qui s’en soucie? D’abord, ceux et celles qui les utilisent. Ceux et celles qui les ont produites ne sont souvent plus là pour les défendre. Bien sûr, plusieurs associations et regroupements ont fait entendre leur voix, principalement à Montréal. Mais qu’en est-il en région, alors que le problème est tout aussi inquiétant sinon plus menaçant.

Pourtant, le premier ministre Philippe Couillard a déjà affirmé: «Notre culture nous définit et nous en ferons la promotion partout. Pour qu’elle soit disponible au plus grand nombre, nous devons soutenir les milieux culturels de manière structurée et concertée pour nous assurer de la présence des œuvres et des produits culturels québécois, d’abord chez nous, et ailleurs dans le monde». De plus, il faut savoir qu’il y a deux services d’archives agréés dans la circonscription électorale de Roberval, fief du premier ministre Couillard.

Certes, l’éducation et la santé sont des domaines qui retiennent plus facilement l’intérêt du public mais le milieu de la culture, de toutes les disciplines, écope, ces dernières années particulièrement, des coupes du gouvernement. BAnQ, les «agréés» et les utilisateurs d’archives privées ont raison d’appréhender la suite des choses. 

De l’utilité des services d’archives «agréés», alors là, qui s’en soucie? Je me permets d’espérer que madame Julie Boulet, députée de Laviolette et ministre responsable de la région de la Mauricie, monsieur Jean-Denis Girard, député de Trois-Rivières et vice-président de la Commission de l’administration publique, ainsi que monsieur Donald Martel, député de la CAQ de Nicolet-Bécancour, soient au nombre des élus qui s’en soucient, puisque les Archives du Séminaire de Trois-Rivières et le Centre régional d’archives du Séminaire de Nicolet ont été «agréés» dès les premières années du programme d’agrément (1990, 1991).

Quant au ministre responsable de la région de l’Estrie et député de Sherbrooke, où trois services d’archives sont des «agréés», monsieur Luc Fortin, qui est également ministre de la Culture et des Communications, on attend toujours de sa part des gestes concrets prouvant qu’il s’en soucie. 

Éditorial

Un terminus broche à foin

(Éditorial) Avec les travaux en cours à l’Hôtel Delta et au futur Centre d’événements et de congrès interactifs, les voyageurs qui utilisent les services d’Orléans Express pour arriver à Trois-Rivières ou pour quitter la ville se retrouvent dans un terminus de fortune. La solution temporaire trouvée par le transporteur et par les dirigeants du Delta Marriott Trois-Rivières est loin de faire l’unanimité. Trois-Rivières aurait mérité mieux que ça.

Bien sûr, il s’agit d’une solution temporaire. Bien sûr ce sera mieux une fois les travaux terminés. Tout le monde comprend ça. Mais pour l’instant, les voyageurs se retrouvent dans le champ, avec comme billetterie et comme toilettes des roulottes de chantier. 

Plusieurs voyageurs n’ont pas hésité à déplorer cette situation, notamment sur les réseaux sociaux. Le Bureau d’information touristique a beau dire qu’aucune plainte formelle n’a été reçue de son côté, il reste que certains utilisateurs n’hésitent pas à partager leur mécontentement, notamment auprès d’Orléans Express.

Le problème vient évidemment de cette «solution temporaire» qui ne permet pas aux passagers de s’abriter lorsqu’il pleut, qui est mal située, dont la signalisation et l’accès sont déficients. La roulotte de chantier où se trouve la billetterie n’a pas l’espace nécessaire pour accueillir plus de sept ou huit personnes. La seule chose qu’on semble avoir pris la peine de bien faire c’est d’éclairer adéquatement ce poste d’accueil improvisé.

Les dirigeants du CECI expli-quent que les travaux sur l’immeuble sont entrés dans leur phase critique, dans la période la plus incommodante. Ils reconnaissent que la solution n’est pas idéale mais l’estiment viable. 

La viabilité est une chose, mais il faut aussi mesurer la sécurité, l’accessibilité et, dans une certaine mesure, se préoccuper aussi de la convivialité et de l’image. Certains invités du récent Festival international de la poésie n’ont d’ailleurs pas hésité à formuler certaines remarques, avec une pointe d’humour, sur le terminus «de brousse» qu’on trouvait à Trois-Rivières.

Les utilisateurs du transport interurbain, à partir ou à destination de Trois-Rivières, méritent mieux que ça. Déjà que certains autocars sont pratiquement vides sur certains trajets, on aurait intérêt à mieux traiter les passagers. Autrement, ils n’hésiteront pas à se tourner – comme le font déjà plusieurs – vers le covoiturage. Ces services, facilement accessibles grâce à des sites web ou aux réseaux sociaux, gagnent en popularité.

On se demande encore pourquoi, tant qu’à envisager une solution temporaire pour quelques mois, on n’a pas songé à déplacer la gare d’autocars ailleurs. Certains suggéraient l’ancienne gare de la rue Champflour, dont les installations auraient pu être utilisées malgré l’éloignement du point de correspondance de la Société de transport de Trois-Rivières. Et si on voulait absolument conserver une proximité avec le terminus de la STTR, on aurait pu se donner la peine de rouvrir l’ancienne station-service Irving. Après tout, c’est à cet endroit que devrait être relocalisé le terminus d’Orléans Express une fois les travaux complétés.

Enfin, les responsables espèrent que la portion «critique» des travaux sera complétée d’ici les Fêtes. Souhaitons-le, parce qu’avec le froid et la neige, ça risque de ne plus être un simple irritant, mais une incitation à ne plus prendre l’autobus.

Déjà qu’on n’a pas encore de train, faudrait au moins avoir un terminus d’autobus qui a de l’allure. Même s’il est temporaire.

Opinions

Oui, j’irai voter

Nous sommes nombreux à croire que les élections municipales sont moins importantes que les élections provinciales ou fédérales. Pourtant, c’est le niveau municipal qui est le plus près de nos préoccupations quotidiennes.

Que je sois locataire ou propriétaire, s’il y a une augmentation du compte de taxes municipales, cela se reflètera dans l’augmentation du coût pour me loger.

Si l’hiver, les rues et les trottoirs sont bien ou mal déblayés, cela peut avoir un effet sur ma qualité de vie. Ainsi, il y a quelques années, je me suis fracassé la rotule du genou parce que le trottoir était glacé.

La qualité de l’eau potable, son goût, si on y met du fluor ou pas, ce sont des décisions qui se prennent au niveau municipal.

Que ce soit la police, les pompiers ou la sécurité de nos enfants, les parcs, les loisirs et la culture, qu’il s’y plante des arbres ou qu’on choisisse du béton mur à mur, que le centre-ville se réanime ou que nous y mourrions d’ennui, tout cela relève de décisions qui se prennent au niveau municipal.

Quant à moi, j’irai voter le 5 novembre prochain, parce que je souhaite que Trois-Rivières soit une ville pleine d’entrain et à l’écoute de ses citoyens.

Olier Couture

Trois-Rivières

Opinions

Une belle victoire citoyenne!

Les auteurs, France Cormier et Jean-Claude Landry, sont co-porte-paroles de Québec solidaire en Mauricie.

Le Nouvelliste nous apprenait, dans son édition du 6 octobre, l’abandon par TransCanada du projet Énergie Est. Premier en importance en Amérique du Nord, ce projet d’oléoduc aurait permis le passage quotidien, le long du fleuve Saint-Laurent, d’un million de barils de pétrole. Préjudiciable pour le climat et menace pour les sources d’eau potable d’une cinquantaine de municipalités au Québec, ce projet faisait face à une opposition qui n’avait cessé de croître depuis son annonce officielle le 1er août 1993. 

La prise de conscience grandissante des risques associés à ce projet a résulté du travail incessant accompli par des regroupements de citoyens. Un peu partout au Québec des gens se sont mobilisés pour sensibiliser leurs concitoyens et les élus municipaux aux conséquences environnementales et aux dangers de ce projet et exiger une analyse rigoureuse de ses impacts par l’Office national de l’énergie (ONE). 

Parmi les considérations économiques retenues par TransCanada pour abandonner son controversé projet, il y a, de toute évidence, la récente décision de l’ONE de prendre en compte la quantité de gaz à effet de serre émis au moment de l’extraction et de la consommation du pétrole transporté par ce pipeline. Une évaluation que l’ONE avait toujours refusé de faire en dépit des demandes répétées du mouvement d’opposition à ce projet. La détermination des opposants aura finalement eu raison du refus de l’Office.

Ici en Mauricie, pas moins de douze municipalités allaient devoir subir les risques associés au passage de ce pipeline sur leur territoire. Il faut saluer la détermination exceptionnelle et le travail incessant accompli par le Comité vigilance hydrocarbures des municipalités de Maskinongé, celui de Trois-Rivières et celui de la MRC des Chenaux ainsi que l’engagement indéfectible de ses membres et porte-paroles. La Mauricie doit une fière chandelle à ses militantes et militants, les Pierre Foisy, Joyce Renaud, Gaétan Lebel, Sébastien Houle, Marc Brullemans et autres membres actifs qui ont contribué à ce revirement historique. 

Que des considérations économiques aient été prises en compte dans la décision d’abandonner le projet, comme le soutiennent de nombreux commentateurs économiques, cela va de soi. Mais il est indéniable que la détermination et l’engagement de nombreux citoyens et citoyennes ont également pesé, et significativement, dans ce qu’on appelle une «décision d’affaires» de TransCanada. 

L’abandon d’Énergie Est constitue une belle victoire citoyenne. Une victoire qui démontre, une fois de plus que, peu importe la puissance des acteurs impliqués, rien n’est joué d’avance. La parole citoyenne, il faut le dire et le répéter, peut faire la différence.

Opinions

La prière à Saint-Tite

Alors que le Québec s’apprête à adopter le projet de loi sur la neutralité religieuse de l’État, la ministre Julie Boulet confirme qu’elle continuera de réciter la prière avant le rodéo de Saint-Tite.

Le Mouvement laïque québécois (MLQ) a dénoncé la traditionnelle prière du cowboy prononcée par la ministre du Tourisme le 13 septembre dernier au Festival western de Saint-Tite, rapportait récemment Le Nouvelliste.

Le projet de loi 62 affirme la neutralité religieuse et prône la prestation de services publics à visage découvert avec possibilité d’accommodements religieux...

Or, la neutralité n’est qu’une facette de la laïcité, les autres étant l’égalité des personnes, la liberté de conscience et de religion, la séparation de la religion et de l’État et la neutralité religieuse. Tout cela est bien technique. Au fond, tout tient dans le fait d’avoir un traitement égal pour les religions sans exclure ni privilégier aucune.

J’ai toujours cru que le droit de religion est un droit fondamental et non un privilège, sinon on nivelle par le bas et c’est cela qui ne fait pas l’affaire des purs et durs de la laïcité.

L’enjeu, c’est contre la prière à Saint-Tite, parce qu’elle est d’inspiration chrétienne, sans compter que tout ce tollé existe pour un projet d’intérêt privé et non public.

Aussi bien renier notre identité culturelle, notre patrimoine marqué de traditions laïques et judéo-chrétiennes à l’occasion. Et après? Est-ce un mal, une faute, un péché? Je suis de cette génération judéo-chrétienne et je suis capable de faire la différence.

Or, ce que font les partis d’opposition à l’Assemblée nationale, les puristes de la laïcité, c’est de se rabattre uniquement sur la décision de la Cour suprême. D’accord, je veux bien la respecter, mais est-ce de l’évolution, logique, alors que la majorité des citoyens ne s’enfargent pas dans les fleurs du tapis? Ne compliquons pas les choses. Ne trouvez-vous pas qu’à force de couper les cheveux en quatre, cela amène un climat de suspicion?

Le caricaturiste du Nouvelliste du 6 octobre dernier saisissait bien l’enjeu en parlant de la fin des prières dans les lieux publics, du retrait des crucifix dans ces mêmes lieux et à la cabane à sucre, les oreilles de criss seront dorénavant des «oreilles neutres». 

Dans une récente opinion sur la papauté de François, j’écrivais qu’au nom de la laïcité, la religion serait dépassée, démodée, archaïque, aux dires de certaines personnes.

Cela fait court et rapetisse qui nous sommes et notre condition d’êtres également spirituels. On est frileux quand il s’agit de questions religieuses.

André Gendron

Shawinigan

Opinions

Un milieu où il fait bon vivre

Récemment, j’ai appris que des gens ne connaissaient pas l’existence de l’école privée Val Marie, située à Trois-Rivières dans le secteur Cap-de-la-Madeleine. Arrivant à l’aube des portes ouvertes des différents établissements d’enseignement, j’ai voulu vous partager notre expérience afin de vous faire connaître un milieu de vie extraordinaire.

Je suis maman de quatre garçons, originaire de Drummondville. Deux de mes enfants requièrent des besoins particuliers. Leur vécu scolaire dans notre localité fut difficile et négatif si bien que j’ai dû laisser mon emploi pour terminer leur année d’études à la maison. Toute la famille s’est mobilisée pour trouver une solution; nous avons fait la visite d’écoles privées dans votre région.

Notre choix s’est arrêté sur l’école Val Marie pour les plus jeunes et l’Institut secondaire Keranna pour notre aîné. Toutes deux nous ont accueillis, malgré les diagnostics, avec tellement d’amour, de joie et de douceur que les mots me manquent pour vous le décrire. Avant même leur arrivée, les plans d’intervention avaient été créés et tous les enseignants concernés avaient déjà pris connaissance de leur dossier ainsi que de la situation. Lors de leur première rentrée, une petite fête fut organisée pour leur souhaiter la bienvenue.

Deux ans se sont écoulés déjà; en aucun cas je n’ai eu à intervenir et dû rencontrer la direction. Chaque petit problème, si minime soit-il, est pris en considération puis réglé dans la journée. Nous avons une très belle collaboration avec l’ensemble du personnel.

L’équipe de gestion a su créer un profond sentiment d’attachement auprès des enseignants qui. à leur tour, savent prodigieusement l’inculquer à nos enfants. On laisse également une grande place aux parents qui désirent s’impliquer. 

Tous sont extrêmement investis dans la réussite tant académique que sociale des jeunes qui leur sont confiés. Cela se traduit par beaucoup de petites attentions, d’activités, mais surtout, de disponibilités, sans compter les merveilleux spectacles. D’ailleurs, plusieurs options sont offertes dans le but de répondre aux différents talents et intérêts. Les miens ont choisi de vibrer à la musique et aux langues. 

Pour avoir travaillé plus de dix-huit ans dans le milieu scolaire, ce fut la première fois que j’y ai vu des élèves pleurer lors de leur départ vers de nouvelles expériences, tellement ils ont leur école tatouée sur le cœur.

Parents, enseignants et élèves sont excessivement fiers d’appartenir à la grande famille de Val Marie et Keranna, où il fait bon y vivre. Jamais nous n’avons été si heureux.

Manon Champagne

Trois-Rivières

Éditorial

Des chiffres qui peuvent bouger

Si on se fie aux résultats du sondage Segma mené pour le compte du Nouvelliste et de Cogeco Média 106,9 FM, Yves Lévesque file tout droit vers une réélection facile à Trois-Rivières.

Avec 64,9 % des répondants qui optent pour le maire sortant, on pourrait penser que la partie est jouée. Mais l’histoire récente de la politique municipale trifluvienne nous montre que des chiffres, ça bouge. Et la dernière chose à faire, pour l’équipe d’Yves Lévesque, serait de tenir sa réélection pour acquise.

Évidemment, avec un taux de satisfaction de 79,7 %, comme le révélait le premier volet du sondage paru vendredi dernier, il y avait lieu de croire qu’Yves Lévesque allait bien faire au chapitre des intentions de vote. Le temps des récoltes semble bel et bien arrivé pour celui qui est à la tête de la ville depuis sa création, en 2002.

À n’en pas douter, Yves Lévesque tire profit de certains dossiers qui ont été réalisés ou classés au cours de son dernier mandat. L’amphithéâtre est sans doute le symbole le plus puissant de cette réalité: la controverse dans laquelle ce projet a été plongé dès ses premières étapes a laissé place à un sentiment de fierté qui va en augmentant. 

Non seulement la population est consciente que l’infrastructure a été livrée, mais elle mesure déjà l’ampleur des retombées que celle-ci peut générer, particulièrement sur le plan touristique. 

Yves Lévesque profite aussi d’une situation économique avantageuse. La construction a été bonne à Trois-Rivières. Le coût de la vie y est peu élevé. Le taux de chômage est inférieur à 6 %. Quand ça va plutôt bien, ça profite aux élus en poste.

Yves Lévesque a également su se détacher de certains dossiers qui auraient pu être encombrants en période électorale. Le principal demeure sans doute celui de la fluoration de l’eau potable, que lui et son conseil ont larguée en novembre dernier. À un an de l’élection, ce dossier devenait gênant tant l’opposition citoyenne était forte.

Bref, plusieurs facteurs peuvent expliquer le score impressionnant du maire sortant dans les deux volets du sondage que sont le taux de satisfaction et les intentions de vote.

Le défi, assurément, sera pour lui et son équipe de faire sortir ce vote. Parce que l’effet collatéral du sondage sera de fouetter les adversaires, particulièrement Jean-François Aubin. Le coup de sonde démontre qu’avec 31,3 % des intentions de vote, celui-ci incarne la volonté de changement, beaucoup plus que le troisième candidat, André Bertrand, arrivé pratiquement trop tard dans la course.

Le danger, pour le meneur du sondage, serait de ralentir la cadence et de se dire que tout ira bien d’ici le scrutin. 

En 2009, à un peu plus de deux semaines de l’élection, un sondage mené par la même firme donnait 73 % des intentions de vote à Yves Lévesque, contre 27 % à André Carle, son unique adversaire. Un écart de 46 points séparait les deux candidats. 

Le soir de l’élection, Yves Lévesque l’emportait, mais avec 55 % des voix, contre 45 % pour André Carle. Le score des deux candidats variait de 18 points de pourcentage par rapport au sondage. La même année, 77 % des Trifluviens sondés s’étaient dits satisfaits du travail accompli par le maire Lévesque.

L’élection de 2009 nous avait appris que des chiffres, ça évolue. Et qu’un sondage n’est qu’une photographie, un instantané de la campagne électorale à un moment précis. 

Le plus récent sondage de Segma Recherche nous démontre aussi la possibilité d’un renversement de tendance pour le maire sortant. En 2005, contre Guy Julien, Yves Lévesque avait recueilli 70 % des voix. En 2009, contre André Carle, il avait obtenu 55 %. En 2013, dans une lutte à six candidats, son score avait baissé sous la barre des 50 %. 

Il reste moins de trois semaines à cette campagne électorale. En politique, c’est encore long. Le défi, dans tous les camps, sera de faire lever les électeurs le 5 novembre.

Opinions

S’entraider pour la dignité de tous

L’auteure, Julie Colbert, est directrice générale de Centraide Mauricie et Centraide Centre-du-Québec.

Alors que ce 17 octobre marque la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, les Centraide du Québec s’unissent pour briser les tabous et les préjugés et, surtout, pour faire la lumière sur un enjeu trop souvent caché ou incompris.

Être pauvre, ce n’est pas seulement être sans emploi, c’est aussi travailler à faible revenu. C’est réduire son panier d’épicerie pour arriver à payer son loyer. C’est se priver afin de pouvoir nourrir ses enfants. C’est courir deux fois plus de risques de décrocher au secondaire. C’est aussi avoir des problèmes de santé et vivre isolé, voire seul.

Qu’il s’agisse d’un membre de votre famille, d’un ami, d’un voisin ou d’un collègue, la pauvreté et l’exclusion sociale peuvent toucher tout le monde, à tout moment. Une perte d’emploi, une séparation, la maladie sont autant d’écueils qui peuvent nous surprendre.

Il est important de rappeler que la pauvreté est tout sauf un choix. Ses impacts vont bien au-delà des simples questions budgétaires. Elle affecte directement le développement des enfants et laisse sa marque sur la santé des individus. 

D’ailleurs, les chiffres parlent d’eux-mêmes: bien que l’espérance de vie au Québec progresse, son écart reste important entre les gens qui vivent dans les quartiers les plus défavorisés et ceux qui résident dans les mieux nantis. Au Québec, dans certains cas, on remarque un écart d’espérance de vie de 11 ans d’un quartier à l’autre! On parle ici du même écart que celui entre le Bangladesh, un pays en voie de développement, et la Suisse, l’un des États les plus riches du globe, rien de moins. C’est là une iniquité sociale qui persiste chez nous et à laquelle nous devons nous attaquer dès maintenant.

Afin de réduire ces inégalités, le réseau des Centraide du Québec et les 1500 organismes qu’ils soutiennent aux quatre coins de la province fournissent à un Québécois sur cinq des outils nécessaires pour briser le cycle de la pauvreté. Cela se fait en permettant à des mères monoparentales de cuisiner ensemble à moindres coûts. En facilitant l’accès à un logement convenable pour les familles. 

En préparant les tout-petits pour leur entrée à la maternelle grâce à des ateliers de stimulation. En distribuant des fournitures scolaires à des élèves du primaire afin de faciliter leur arrivée sur les bancs d’école. En brisant l’isolement des aînés grâce à des activités intergénérationnelles. En encourageant l’action bénévole, mais aussi en ralliant les gens afin de trouver des solutions à la portée de tous. 

En cette Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, je me joins à tous les Centraide du Québec et aux organismes communautaires pour rappeler que la pauvreté coûte plus cher à la société qu’une action concertée pour l’éliminer une fois pour toutes. Plus que jamais, soyons solidaires, engagés, ouverts aux différences, conscients des inégalités et de la pauvreté, de l’exclusion sociale. Démontrons que nous sommes déterminés à agir, à inclure, à aider afin que chacun ait les moyens de développer son plein potentiel. 

Ce 17 octobre et tout le reste de l’année, posons ensemble des gestes d’entraide qui permettront de mettre un terme à l’un des plus grands enjeux de notre époque.