Biden s’en prend frontalement à Trump, «menace» pour la démocratie

Pour ce discours, le quatrième selon la Maison-Blanche qu’il consacre à ce thème de la démocratie, Joe Biden s’est rendu en Arizona, sur les terres de l’ancien sénateur républicain John McCain.

Joe Biden a lancé à nouveau jeudi un sombre et solennel avertissement sur le sort de la démocratie américaine, cette fois en s’en prenant très directement à Donald Trump, alors que la campagne pour la présidentielle de 2024 vient de prendre une nouvelle dimension.


Il a estimé que l’idéologie de son adversaire républicain et de ses partisans «menaçait l’essence même de notre nation».

«Les démocraties ne meurent pas forcément par la force des armes. Elles peuvent mourir quand les gens se taisent, quand les gens ne se mobilisent pas ou quand ils ne condamnent pas les attaques contre la démocratie. Quand les gens sont prêts à abandonner ce qui est le plus précieux parce qu’ils sont aux prises avec la frustration, la désillusion, la fatigue, un sentiment d’exclusion», a dit le président démocrate.

Pour ce discours, le quatrième selon la Maison-Blanche qu’il consacre à ce thème de la démocratie, Joe Biden s’est rendu en Arizona, sur les terres de l’ancien sénateur républicain John McCain.

Le démocrate de 80 ans, candidat à un second mandat, était lié au défunt héros de guerre par une amitié transcendant les clivages partisans, emblématique selon lui des valeurs menacées par le républicain Donald Trump.

Grandissime favori des primaires républicaines, l’ancien président est accusé par la justice d’avoir joué un rôle dans l’assaut contre le Capitole à Washington le 6 janvier 2021 et d’avoir cherché à inverser les résultats de l’élection présidentielle de 2020.

Joe Biden, ce qui est rare, a nommé son adversaire dans son discours, et a plusieurs fois repris, pour les dénoncer des extraits de discours de son adversaire.

«Trump dit que la Constitution lui a donné, je cite, le droit de faire ce qu’il veut en tant que président», a lancé le démocrate, en dénonçant une «notion dangereuse», en attaquant aussi la diffusion de «théories du complot» par son adversaire et sa volonté de «diviser» le pays.

Il a jugé que son prédécesseur «n’était pas guidé par la Constitution, par le sens du devoir ou par le respect de ses compatriotes, mais par la vengeance et la rancune».

Joe Biden a aussi cité cette phrase prononcée par Donald Trump en mars devant une conférence du Parti républicain: «Je vous vengerai.»

«Piloté»

Le président Joe Biden parle de démocratie et de l'héritage du sénateur républicain de l'Arizona John McCain au Tempe Center for the Arts, le jeudi 28 septembre 2023, à Tempe, en Arizona.

«Il ne fait aucun doute que le Parti républicain aujourd’hui est piloté (...) par les trumpistes», a dit Joe Biden, dans ce discours qui coïncide avec le premier jour d’une enquête en destitution menée contre lui par des parlementaires républicains.

Le président s’est en particulier indigné du «silence assourdissant» des républicains après les propos «haineux» de Donald Trump contre le chef d’état-major des armées, le général Mark Milley.

Le milliardaire républicain avait laissé entendre que ce dernier s’était rendu coupable de trahison, et indiqué qu’un tel acte aurait pu être passible de la peine de mort.

«Plus les gens votent, plus la nation tout entière s’engage, plus la démocratie sera forte», a encore dit Joe Biden, qui jusqu’ici peine à susciter l’enthousiasme dans les sondages, principalement en raison de son âge.

À Tempe, le président américain a été interpellé par un homme qui lui a reproché de ne pas avoir déclaré un «état d’urgence climatique». Joe Biden lui a promis de le rencontrer après son discours s’il consentait à se taire, et repris en disant: «La démocratie n’est jamais facile, nous venons d’en avoir la démonstration.»

Joe Biden avait fait de la défense de «l’âme» de l’Amérique un axe majeur de son duel contre Donald Trump en 2020, il entend donc faire campagne sur le même thème avant la présidentielle de l’an prochain.

La bataille électorale entre les deux hommes a pris une nouvelle dimension cette semaine, lorsqu’ils se sont rendus, l’un après l’autre, dans la région de Detroit (nord), le berceau de l’industrie automobile américaine.

Alors que le grand syndicat UAW a lancé une grève inédite contre trois grands constructeurs, Joe Biden a participé à un piquet de grève devant un site de General Motors, du jamais vu pour un président américain.

Donald Trump s’est lui rendu dans une petite usine, qui n’est pas dans le giron syndical.

Chacun cherche à séduire l’électorat populaire, et en particulier la classe ouvrière blanche, dont le vote pourrait être décisif en 2024.