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Jean-François Caron vient d’acheter une maison à Trois-Rivières située le long du fleuve.
Jean-François Caron vient d’acheter une maison à Trois-Rivières située le long du fleuve.

Venir s'installer à Trois-Rivières: la qualité de vie à meilleur prix

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
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Trois-Rivières — La qualité de vie, la possibilité de faire du télétravail et l’accès à une propriété plus grande pour un investissement moindre incitent de plus en plus de gens, dont des anciens Trifluviens, à quitter la région de Montréal pour s’établir dans la cité de Laviolette.

Jeudi, l’Institut de la statistique du Québec publiait son portrait démographique de 2019-2020. Le document indiquait que Montréal perd des citoyens par dizaines de milliers, mais que la région a un bon taux d’accroissement de la population.

Jean-François Caron, directeur général d’une caisse Desjardins à Chambly, a quitté Trois-Rivières en 2007. Ce conseiller municipal de Trois-Rivières de 2001 à 2005 vient de vendre sa propriété de Boucherville pour acheter une maison à Trois-Rivières, lui qui profitera de sa vie de Trifluvien en raison de la possibilité de faire du travail à distance.

«On se cherchait une maison sur le bord de l’eau. À Montréal, ça coûte un million, 1,2 million de dollars. Ici, c’est presque 50 % de moins. C’est fou! Le coût y est pour beaucoup dans notre décision. En plus, ma famille est ici, j’ai des amis ici. Nos parents vieillissent. Tout ça vient en ligne de compte dans la décision.»

Karine Mainard, une Française d’origine et une «Montréalaise de coeur» depuis 20 ans, vit depuis juillet 2020 à Trois-Rivières avec son conjoint d’origine trifluvienne. Elle comprend aisément pourquoi des Montréalais en ont finalement assez de la vie dans la métropole

Karine Mainard habite Trois-Rivières depuis juillet 2020.

«Ça fait longtemps que ça étouffe à Montréal avec les travaux, le prix des loyers qui augmente. Il y a deux ans, on discutait avec des amis qui ont une fermette en Mauricie. Le prix de la fermette coûtait aussi cher qu’un appartement à Montréal! On n’était pas capable d’acheter une maison à Montréal, car c’est beaucoup trop cher. Ici, vous avez une maison dont l’hypothèque et les taxes coûtent moins cher qu’un cinq et demie, autour d’un métro, qui coûte 1500 $ par mois.»

Mme Mainard était assistante administrative à l’Université du Québec à Montréal et occupe maintenant un poste de technicienne en administration à l’UQTR. Quand le poste a été affiché, en février dernier, elle dit avoir croisé les doigts pour l’obtenir. C’est ce qui est arrivé.

«Mon conjoint est travailleur autonome, il est dans le web et le multimédia. Pour lui, être à Montréal ou à Trois-Rivières, ça ne change rien. Chaque jour, on se dit que si on était resté dans notre appartement, on serait en dépression! Ne pas pouvoir sortir plus que ça, travailler tout croche en télétravail dans un quatre et demie... Ici, on a une maison, de l’espace, du bois dans le fond de la cour, on se rapproche de la nature. C’est proche de Montréal et de Québec. Chaque jour, on se pince. On se dit qu’on est vraiment chanceux. On aurait été stupide de ne pas prendre la décision», poursuit Mme Mainard, qui croit qu’une des rares choses que Trois-Rivières peut envier à Montréal est son transport en commun.

Jean-François Caron et son conjoint possèdent aussi un condo à Boucherville afin d’être plus près physiquement de leur lieu de travail. Ils prévoient travailler de Trois-Rivières environ une journée par semaine. En comptant les journées du week-end, ils seront au moins trois jours par semaine dans leur nouvelle propriété.

«Avoir une maison à Trois-Rivières et un condo à Boucherville, ça revient au même prix que notre maison à Boucherville. C’est le meilleur des deux mondes. J’ai 55 000 pieds carrés de terrain au lieu de 6000. On est sur le bord du fleuve. On s’achète une qualité de vie qui est abordable. Et quand on sera à la retraite, on vendra notre condo de Boucherville.»

Élu en 2001 à l’âge de 20 ans, Jean-François Caron était le plus jeune membre du conseil municipal de la nouvelle ville fusionnée. Questionné à savoir si l’achat d’une maison à Trois-Rivières est le signe d’une candidature pour l’élection de novembre 2019, il a éclaté de rire en assurant que ce ne sera pas le cas.

«Ça a été une expérience merveilleuse. Mais un retour en politique, ce n’est pas pour l’instant. Est-ce qu’on recommencera un jour? On verra.»