Natalie Richard
La Tribune
Natalie Richard
À l’entrée du village de Saint-Jean-Port-Joli, le garage coloré et rempli de trésors antiques de Clermont Guay, un des derniers forgerons encore actifs au Québec. « On a tous nos spécialités », affirme Monsieur Guay qui accueille chaleureusement les visiteurs à La Bigorne, ferronnerie d’art.
À l’entrée du village de Saint-Jean-Port-Joli, le garage coloré et rempli de trésors antiques de Clermont Guay, un des derniers forgerons encore actifs au Québec. « On a tous nos spécialités », affirme Monsieur Guay qui accueille chaleureusement les visiteurs à La Bigorne, ferronnerie d’art.

Vins de garage et de moisson

CHRONIQUE / Peu importe comment on interprète l’Action de grâce, comme une fête des moissons, de gratitude, ou simplement comme « enfin un long week-end », cette fin de semaine arrive juste à point pour célébrer l’abondance des récoltes qu’on apprécie encore davantage cette année, vu les conditions particulières qui ont remanié nos vies au cours des derniers mois.

Le plan du week-end : on sort la belle vaisselle et on enfile son tablier pour cuisiner un festin qui mettra en valeur les produits de la saison. On dresse la table pour manger longtemps et déguster les meilleurs vins dans une ambiance chaleureuse aux couleurs de l’automne. Cette année, se retrouvera sur ma table une alternance de nouveautés et de classiques novateurs comme le « vin de garage », et vous?

Thunevin Bad Boy Bordeaux 2016
29,90 $ • 14514601 • 14,5 % • 2,5 g/l 

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Jean-Luc Thunevin est l’initiateur du mouvement des « vins de garage » de la rive droite bordelaise. Dans les années 1990, ces microcuvées de haut calibre défiaient la tradition sacrée des vins de Bordeaux avec la particularité de ne pas nécessiter plusieurs années de vieillissement avant de pouvoir être appréciés. Ces perles rares sont devenues des stars internationales après avoir été encensées par Robert Parker qui avait donné au premier « vin de garage » de Thunevin, le Château Valandraud 1991, une meilleure note qu’au Petrus. Ce premier millésime de Valandraud se détaille autour de 950 $ si vous êtes curieux. Bref, le célèbre critique américain avait surnommé Thunevin, le « Bad Boy » de Bordeaux, d’où cette cuvée qui représente un mouton noir sur l’étiquette. Le 2016 est élaboré à 95 % de merlot, issu de vignes qui ont plus de 30 ans et vieilli 14 mois en barriques neuves. Un vin qui respire une complexité de fruits noirs sur des tannins que seul un « mauvais garçon » peut si bien amadouer. À décanter avec précaution au moins une heure avant le service. 

Sea Sun Chardonnay 2018
24,95 $ • 14393423 • 14,3 % • 1,5 g/l 

Une nouveauté de la Californie qui a bien besoin de notre support et nos accolades ces temps-ci. Un chardonnay ample et onctueux qui n’abuse pas du bois, harmonieusement intégré aux saveurs de fruits jaunes, prédominées par l’abricot. Il est relevé d’une bonne acidité dans sa finale qui rappelle la crème de citron. La famille Wagner, à l’origine de Caymus, élabore ce vin à partir de raisins qui ont poussés sur la côte californienne du côté de Santa Barbara, Monterey et Solano, une région moins connue au sud-est de Napa qui profite de la brise de la baie de San Francisco. Si vous préférez le rouge, essayez leur pinot noir qui est tout aussi gouleyant.    

Vignoble Rivière du Chêne Phénix Blanc 2018
22 $ • disponible en ligne et au vignoble • 12,5 % • 1,8 g/l 

Un excellent vin du Québec à découvrir ou à redécouvrir dans son nouveau millésime qui fera honneur à un repas de dinde, une blanquette de veau ou un filet de saumon au four. Un élevage de 12 mois en fût de chêne lui apporte de la rondeur et des notes boisées qui ajoutent une amplitude gastronomique à l’ensemble du bouquet. L’assemblage y est aussi pour quelque chose, la cuvée 2018 inclut presque 50 % de chardonnay. vignobleriviereduchene.ca

Bù Chardonnay Mousseux au Vin de Glace 
15 $ • en épicerie • 12 % • 18 g/l  

Offert en édition limitée en épicerie, le premier Bù canadien nous en met plein les papilles avec ses bulles crémeuses élaborées selon la méthode Charmat, donc comme un prosecco, mais avec l’ajout de vin de glace vidal du Niagara pour un dosage demi-sec qui apporte à ses saveurs de fruits blancs, une douceur qui rappelle les fleurs de miel. Un mousseux à servir avec le dessert, pour souligner un anniversaire et en tout temps à l’apéro avec des fromages à pâte fleurie.     


Inniskillin Vidal Niagara Peninsula
49,05 $ • 551085 • 10,5 % • 250 g/l

Un grand classique qui a mis le Canada sur la carte des vins du monde dans les années 1990 quand Karl Kaiser, le fondateur d’Inniskillin et instigateur du vin de glace dans la péninsule du Niagara, a remporté le Grand Prix d’honneur du Salon Vinexpo à Bordeaux. La magie opère grâce à une acidité mordante balancée sur des notes concentrées d’abricot, de miel et de citron confit. Il s’agit d’y goûter pour comprendre l’engouement mondial de ce produit phare de chez nous.