De nouveaux styles de cidres émergent au Québec.

Place aux cidres artisanaux

CHRONIQUE / De nouveaux styles de cidres émergent au Québec. Des cidres artisanaux, fermiers et moins travaillés. À l’autre bout du spectre de leurs homologues sucrés qui dominent actuellement le marché, ils sont secs, acidulés, surs, parfois non filtrés et parfois marqués par la brett — cette levure qui confère des arômes rappelant la ferme et le foin. Des cidres audacieux et créatifs pour consommateurs avertis!

En 2017, lorsque Eve et Emile, de la Cidrerie Le Somnambule, présentent pour la première fois leur cidre en fermentation spontanée, au Mondial des cidres SAQ, l’engouement du public est patent. Dès lors, il était clair qu’ils se lançaient dans ce créneau.

Leurs étiquettes artistiques les ont aidé à communiquer leur singularité. « Quand on comparaît les tablettes de cidres aux tablettes de bières, on les trouvait moins colorées, moins éclatées », soutient Emile Robert, copropriétaire de la cidrerie de Saint-Henri-de-Lévis. Ils ont alors fait appel à des artistes pour faire honneur à leurs cidres. Un moyen perspicace de jouer sur les deux terrains à la fois, tout en se distinguant!

Elles sont quelques cidreries à s’être engouffrées dans cette voie. Somnambule, Chemin des Sept, Alma, Milton, sans oublier le Clos Saragnat. Ces cidriculteurs s’inspirent de la culture européenne, notamment du sidra natural, un cidre élaboré dans la région de Asturias dans le nord de l’Espagne. Il a la particularité d’être sec, très acidulé, trouble, d’être issu de la fermentation spontanée (levures naturelles) et d’être servi à bonne distance, à quelques pieds au-dessus du verre. L’influence est aussi britannique, bretonne et normande. Des styles jusqu’ici peu exploités au Québec, qui attirent les amateurs de bières, les geeks et les consommateurs qui ont un appétit très fort pour la nouveauté.

Émile Cardinal-Bernier, copropriétaire du Bière Dépôt Vent du Nord de Sherbrooke, croit que la prochaine révolution dans le créneau des alcools artisanaux québécois sera définitivement fait de pommes. Il ne constate pas encore de réel engouement pour les cidres artisanaux, mais certainement une curiosité chez les consommateurs. Il admet toutefois qu’il y a un petit bassin de vrais amateurs de cidres à aller chercher, qui ne sont pas satisfaits avec la proposition en épicerie. « Je veux faire rentrer des cidres artisanaux, sauvages, de fermentation naturelle, élevés en fût, troubles ou voilés, du ‘‘funky’’ et du sec! Autre chose que des boissons pétillantes hyper ‘‘clean’’ et trop sucrées pour pallier le manque de complexité ».

L’enthousiasme se fait sentir autant du côté du public que de la production cidricole. Marc-Antoine Lasnier, président de la Cidrerie Milton et président de l’Association des producteurs de cidres du Québec, s’en réjouit : « C’est super impressionnant ce qui se passe en ce moment autour du cidre fermier! La Cabane Au Pied de Cochon vient d’obtenir son permis, Alex Nevsky va faire sa demande bientôt et on a plusieurs demandes de permis pour la culture de la pomme sauvage. « Tandis que l’émergence de nouvelles cidreries passait par la conversion de producteurs de pommes au début des années 2000, aujourd’hui ce sont surtout des passionnés de cidres qui se lancent. L’industrie est en pleine mutation, notamment aussi à cause des baby-boomers qui vendent principalement à des jeunes, lesquels ont une vision différente du cidre. Le gros défi sera de communiquer tout ça. Il y a de beaux enjeux qui s’en viennent! », estime Marc-Antoine Lasnier.

Des cidres à essayer

Le Sauvage de la Cidrerie Le Somnambule, un cidre en fermentation spontanée, parfaitement sec et sans sulfites ajoutés, demeure un classique dans le genre. Leur Pimbina est aussi très joli. Élaboré avec un sirop obtenu avec le fruit éponyme, petites baies indigènes consommées autrefois par les Amérindiens, le cidre possède cette texture « sèche » et cette amertume caractéristiques du fruit qui rappelle la canneberge.

Du côté d’Alma, compagnie de cidre, il faut mettre la main sur le Klaus, un cidre bouché traditionnel très sec — refermenté en canette — sans ajout de sucre. La palette d’arômes rappelle la bière et les agrumes. Il s’en dégage une belle effervescence et une fraîcheur qui appellent les beaux jours. Un cidre à boire jusqu’à plus soif!

Où les trouver? Dans les restaurants, les dépanneurs, les épiceries spécialisées et certains supermarchés. Points de vente disponibles sur lesomnambule.com et transbroue.com.

Printemps Dézippé : faire le plein d’importations privées

Le salon des vins dédié aux importations privées est de retour cette fin de semaine, les 30 et 31 mars, au Marché Bonsecours de Montréal. Plus de 400 vins d’importation privée du monde entier à déguster en présence d’agents et de vignerons d’ici et d’ailleurs. En grande première cette année, il sera possible d’acheter les importations privées à la bouteille! Une belle occasion de faire le plein pour l’été!

Billets et coupons à partir de 30 $, sur place ou sur raspipav.com.