Partir l’année du bon vin

CHRONIQUE / Si l’envie de saisir 2019 par les cornes vous prend, ce n’est pas les propositions de résolutions qui manquent. Je profite de Veganuary, le défi qui vous suggère de faire l’essai du véganisme en janvier, pour vous proposer de prendre les vins vegans par le goulot ce mois-ci.

Vous avez sans doute remarqué que j’identifie depuis quelques mois déjà les vins vegans de cette chronique avec l’icône V. À la suite de messages de quelques lecteurs, j’ai réalisé que j’ai amendé les suggestions de la semaine sans crier gare — sans souffler mot sur le motif derrière.

Avant d’étaler les tenants et aboutissants d’une telle initiative, d’abord un rappel de la définition d’un aliment vegan. Un aliment vegan contient uniquement des végétaux (pas de viande, ni poisson, ni œuf, ni produits laitiers) et ne n’implique pas pendant sa production l’utilisation de produits d’origine animale ou l’exploitation d’animaux. L’idée c’est de réduire son impact environnemental, de faire du bien à sa santé et de respecter les droits des animaux un haricot à la fois. Mais pourquoi vous parler de ça dans une chronique vin? Après tout, c’est du raisin fermenté, donc c’est 100 % végétal, non? Désolée de jouer les trouble-fêtes, mais nombre d’additifs sont autorisés dans le processus de vinification, y compris des produits d’origine animale, et c’est rarement inscrit sur l’étiquette.

Le vin vegan à table

Peut-être avez-vous aussi constaté que les accords mets et vins proposés ici laissent une plus grande place aux protéines végétales qu’autrefois. Le vin étant culturellement très lié à la viande, pendant longtemps (et encore trop souvent aujourd’hui) les suggestions de plats sur la contre-étiquette des bouteilles — tout comme les bouquins sur les accords mets-vins — tournaient autour du trio viandes, poissons, fromages. Redondant (et rudimentaire), n’est-ce pas? Heureusement, la cuisine végétale prend de l’ampleur ces dernières années grâce à des chefs et des auteurs qui mettent en valeur les légumes, les grains et les légumineuses, ouvrant du même coup la porte à de tous nouveaux accords qui permettent de s’éclater et de surprendre!

Comment dénicher des vins vegans?

Bonne nouvelle : les vins vegans sont nombreux. Mais peu de vignobles sont certifiés ou le revendiquent pour le moment. J’ajouterais que plusieurs sont vegans et ne le savent pas eux-mêmes! J’ai eu de belles discussions avec des vignerons qui ont substitué les produits d’origine animale par des alternatives végétales ou minérales depuis des années, mais qui restent hésitants à s’afficher vegan par crainte de représailles de la presse spécialisée et de consommateurs rébarbatifs. Heureusement, le tabou se dissipe et ils seront de plus en plus à s’afficher en réponse à la demande en 2019.

La SAQ vient d’ailleurs de publier un minirépertoire de vins vegans sur son site web. La catégorie n’est pas encore officialisée et ne contient que 7 produits pour le moment. Mais rassurez-vous, il y a bien plus que 7 vins vegans actuellement sur les tablettes de la SAQ! Peut-être que dans un avenir pas si lointain ces produits seront identifiés à l’aide des étiquettes-prix en magasin?

En attendant de découvrir la semaine prochaine les intrants d’origine animale et comment repérer un vin vegan, voici quelques vins à vous mettre sous la dent.

Blaye côtes de bordeaux, Lalande Bellevue, Vignerons de Tutiac
13,60 $ • 624304 • 12 % • 2,2 g/l • V    

Si vous êtes curieux d’identifier un des labels vegans, vous trouverez le sceau de la certification Eve Vegan sur ce blaye côtes de bordeaux. Un joli merlot au parfum de cassis et de cerises. Un rouge frais supporté par des tannins souples, le tout servi pour la délicieuse somme de 13 $.

Blaye côtes de bordeaux, Lalande Bellevue, Vignerons de Tutiac

Châteauneuf-du-pape 2015, Château La Nerthe
58,50 $ • 917732 • 14 % • 2,6 g/l • V, BIO    

Je vous parlais il y a quelques semaines de leur blanc tout en soulignant que leur rouge prendrait sous peu le chemin de la SAQ. Le voici enfin. Ce châteauneuf s’est révélé être l’un de mes coups de cœur lors de mon passage dans la région l’automne dernier. C’est que les rouges du Château La Nerthe portent une fraîcheur et une finesse distinctives — « un équilibre bourguignon », exprimait si justement Ralph Garcin, œnologue de la maison. Ce profil élancé est attribuable à l’apport plus faible de grenache, cépage phare de la région, qui cède ses parts à la syrah et au mourvèdre, plus adaptés au sous-sol humide du domaine. Grand!

Châteauneuf-du-pape 2015, Château La Nerthe