SIDA: un virus banalisé

CHRONIQUE / Ça n’existe plus, cette maladie-là...

Infection présente qu’en grande ville…

Facile à traiter, quelques pilules par jour, et le tour est joué…

Même plus toujours transmissible sexuellement…

La décennie des années 80, pas juste marquée par le référendum de René Lévesque, le téléroman Marisol ou encore ma naissance ! Il y a aussi eu l’apparition du SIDA. Autant, il a terrorisé la Terre entière, a été la maladie à ne pas avoir, a condamné ses victimes au rang de paria, a stigmatisé l’homosexualité ; autant, aujourd’hui, il m’apparaît banalisé.

Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ou SIDA, au stade le plus avancé, est-il victime des progrès médicaux ? J’en ai parfois peur. Ce problème prioritaire de santé, toujours présent en 2018, le connaissez-vous vraiment ? Avec ces données tirées de Santé Canada, de l’Organisation mondiale de la santé et de la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le SIDA (COCQ-SIDA), permettez-moi cette mise à jour, version simplifiée.

Qui est-il ?

Vilain virus attaquant le système immunitaire, il s’en prend, grosso modo, aux petits soldats appelés globules blancs. Capable de mettre K.O. le plus fort des gibiers sans faire aucune discrimination, il sabote les cellules CD4.

Exit la défense! Le corps en vient forcément à éprouver différentes difficultés, voire des incapacités à combattre le méchant ! Au-delà d’infections majeures, une simple gripette peut s’avérer fatale selon les stades de l’infection.

Comment s’attrape-t-il ?

Par le sang, bien entendu, et par les liquides corporels, dont le sperme, les sécrétions vaginales, mais aussi la transmission de la mère à l’enfant lors de l’accouchement ou par le lait maternel.

Relations sexuelles de type orales, vaginales ou anales sans protection, partage de joujoux sexuels, aiguilles et kits nécessaires à la consommation de drogue et de stéroïdes représentent tous des comportements à risque élevé de contamination. L’utilisation de seringues et de dispositifs de consommateurs non réutilisables, de condoms et de diverses précautions sexuelles est une excellente méthode préventive.

Cela dit, bien sûr que le VIH ne saute pas sur le monde, comme certains ont pu le croire ou l’envisagent peut-être encore. Virus fragile, il ne trouve sa vitalité que dans le corps humain, sous certaines conditions.

Vous pouvez donc parler, toucher, serrer la main, côtoyer, embrasser, déguster un repas d’une personne atteinte, sans être menacé de l’attraper. Idem en cas de transfusion sanguine, c’est sans danger que vous pouvez recevoir ce don de vie.

Comment savoir si je l’ai ?

Une prise de sang est de mise pour déceler la présence d’anticorps spécifiques liés à la présence du VIH. Ceci étant dit, entre le jour X de la contamination et la production desdits anticorps, un délai, appelé « période fenêtre », de six semaines à trois mois, est envisageable. Un test peut donc être nécessaire à plus d’une reprise pour éviter des résultats faussement négatifs.

Ses symptômes se caractérisent en quatre phases dictées par l’intensité de la charge virale. Selon l’activité du virus, ils joueront sur la capacité du système immunitaire à se défendre, faisant des infections opportunistes la réelle cause des malaises, voire des décès.

Traitement

Le VIH est reconnu comme une maladie chronique. Rien ne l’éradique à ce jour, faisant en sorte, qu’une fois contracté, ce dernier est là pour rester. Cela dit, grâce aux avancées médicales, la vie peut être belle, longue et de bonne qualité, malgré l’infection.

Effectivement, bien qu’essentielle au ralentissement de sa progression, la prise d’antiviraux comporte nettement moins d’effets secondaires qu’auparavant. Combinés à certains antibiotiques de type préventif, à des suppléments vitaminiques, entre autres ; voilà ce à quoi peut ressembler un traitement d’usage.

Quoique moins d’actualité, rien ne sert de se leurrer. Le VIH est encore présent, y compris en région. Connaître et reconnaître cette réalité est un premier pas vers les comportements préventifs. À vous d’y voir.