Pornographie magnifiée

CHRONIQUE/ Je l’ai souvent dit ! Bien que « faite pour le monde », divertissante les soirs de grande veillée, pratique pour réveiller les libidos endormies ou encore utile comme support visuel occasionnel, la pornographie comporte son lot d’oublis et de supercheries, pour ne pas dire de menteries. Le saviez-vous ?

Avec son apanage de scénarios utopiques, d’acteurs aux allures quasi caricaturales, de prouesses surhumaines, d’orgasmes fracassants au simple effleurement, de femmes détrempées et de mâles alpha, comprenez qu’à force de visionnements répétitifs, certains ont fini par y croire dur comme fer – sans mauvais jeu de mots.

Adieu l’imposture ! C’est via ses dessins que l’artiste Hazel Mead a su démontrer toutes ces choses que la pornographie néglige d’exposer au grand jour lors d’une relation sexuelle. Illustratrice, activiste, féministe, militante et blogueuse, cette dernière dépeint, via ses oeuvres, ce qu’est la vraie vie histoire de « faire avancer la société », comme elle le mentionne si bien. Voyons-y.

C’est drôle

Ricanement. La voici sa première mention. Parce que les caresses peuvent aussi chatouiller, le rire est donc de mise. Idem pour ces situations de maladresse, ces moments où le soutien-gorge persiste à rester cadenassé, où le pantalon mène à la chute ou que la commotion cérébrale se voit la résultante d’un va-et-vient digne de l’extravagant. Se dilater la rate lors des rapports, c’est aussi une façon de s’unir, de développer la complicité, mais surtout, d’établir l’intimité requise.

Intermède

Qui a dit que la plénière sexuelle devait se faire tout de go ? Chez nous comme chez vous, il y a certainement de ces fois où l’intermède se voit plus que nécessaire. Petite gorgée d’eau, envie d’un détour à la salle de bain, vérification de la « machinerie », guenille humide au front ou encore vous-savez-où, histoire de rafraîchir le tout, mise en place de la contraception ; toutes des raisons pour prendre la pause.

Sons et bruits

À ces deux mots, l’envie d’ajouter l’adjectif « naturel » me prend. L’artiste image si joliment les échos que peuvent laisser ces petits vents soudains, ces corps-à-corps facilités par des suées corporelles, des respirations tantôt fluides, tantôt saccadées, des ronrons, des babillages, des détonations dignes du commun des mortels. Ces bruits et ces sons existent, qu’on se le dise !

Sentiments et émotions

Amour, gêne, embarras, malaise, frustration ; dans la vie comme au lit, s’il y a une chose de certaine, c’est qu’il est envisageable de prévoir le commencement, mais rarement la fin ! L’étalage de sentiments et/ou d’émotions est donc plus que présumable. Laissons-leur une place.

Revers

Justement ! Envisager que tous les rapprochements roulent comme sur des roulettes, tel que le stipule la pornographie, est certainement l’équivalent de croire au conte de fées. Les difficultés de nature sexuelle sont fréquentes.

Soucis érectiles, éjaculation rapido-presto, absence de lubrification, orgasme impossible, douleur vaginale ; c’est commun pour plus d’un ! Ceci ne signifie pas pour autant un diagnostic officiel de dysfonction quelconque. Quoiqu’embêtantes, ces finalités arrivent un jour ou l’autre pour tous, même les meilleurs ! Croyez-moi.

Trop souvent utilisée comme référence, instauratrice ou, pire encore, source éducative, la pornographie, tout comme vos téléromans, séries et films, comporte aussi ses fragments de sensationnalisme.

La réalité se voit malheureusement ignorée, impossible à croire et malheureusement anormale. Y redonner ses lettres de noblesse constitue obligatoirement un premier pas pour humaniser la vraie vie. Merci Hazel !