Myriam Bouchard
Le Quotidien
Myriam Bouchard

«J'ai une chlamydia!»

CHRONIQUE / «Allo, ça va? Juste pour te dire, j’ai une chlamydia. Donc, probablement toi aussi. Bye ! Bonne journée!»

La nouvelle est tombée. Telle une douche froide, vous apprenez subitement avoir contracté une infection transmise sexuellement. Il en va de soi : quelqu’un vous l’a refilée et vous l’avez peut-être partagée à votre tour. La belle affaire !

Quoi faire de cette patate chaude ? Comment informer son, sa ou ses partenaires actuels et antérieurs ? Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) du Québec y va de conseils fort pertinents via son outil Entre caresses et baisers, une ITSS s’est faufilée… Il faut en parler.

Pour ne pas frôler l’annonce caricaturée introduite précédemment, permettez-moi de vous les présenter.

Qui aviser ?

La grande question. Revoir vos antécédents sexuels remontant à l’époque de Mathusalem ou se contenter de ceux des dernières semaines ? Comment savoir ?

Pour ce qui est de la chlamydia et de la gonorrhée, parmi les plus répandues, le MSSS recommande d’aviser les partenaires des deux derniers mois. S’il n’y en a pas et que vos activités sexuelles se concentrent sur un laps de temps plus ancien, avertissez alors le dernier partenaire.

En ce qui concerne les autres infections transmises sexuellement, le professionnel de la santé vous donnera les recommandations adéquates en fonction du diagnostic. Ce dernier vous informera également sur vos obligations. N’ayez crainte, vous serez guidés !

Quand aviser ?

Vite ! Vite ! Vite ! Parce qu’il n’y a jamais de temps à perdre lorsqu’il s’agit de la santé !

Les raisons sont simples.

D’abord, pour ne pas vous recontaminer avec un partenaire actuel non traité.

Ensuite, en le sachant tôt, vos actuels ou anciens compagnons auront la chance de se faire soigner rapidement et, par le fait même, d’éviter les complications possibles.

Finalement, ils ne la refileront pas à d’autres partenaires.

Quoi et comment le dire ?

En plus d’une bonne dose de courage, un minimum de préparation s’avère nécessaire. Simplicité, bienveillance et neutralité sont de mise.

Puisque la responsabilité vous incombe, mettez-vous à la place de votre interlocuteur. Vous seriez probablement bien heureux d’être au fait de cette condition malencontreuse.

Inutile de chercher un coupable, de sombrer dans la culpabilité ou de saisir l’opportunité pour régler ses comptes. Tenez-vous-en aux faits, point final.

Le nom de l’infection, la possibilité qu’elle soit asymptomatique, les complications qu’elle peut engendrer si elle n’est pas soignée, l’importance de consulter et de passer un test de dépistage et la possibilité de fournir une carte de notification ou une prescription, si remises ; voilà l’ordre du jour de cette discussion.

Où le dire ?

La rencontre en personne est plus que souvent appréciable et un milieu neutre, tranquille et sécuritaire est à privilégier. Autrement, la conversation téléphonique reste aussi une option.

Lorsque les difficultés communicationnelles sont présentes, bien que pas toujours confidentiels, le courriel ou les textos peuvent être envisageables. De ce fait, le projet Nova permet, entre autres, d’aviser les partenaires de façon anonyme via message texte. Intéressant !

Il est nécessaire de faire face au diagnostic d’une ITS en se responsabilisant, mais rappelons-nous que l’on peut prévenir plutôt que de guérir.

À vos condoms !