Comprendre les zones de rusticité

Larry Hodgson
Larry Hodgson
Le Soleil
L’hiver paraît encore loin, mais en fait, il est presque à notre porte. Et avec l’explosion de l’intérêt pour le jardinage en 2020, cela veut dire que des milliers d’apprentis jardiniers auront bientôt à faire face à un premier hiver. 

Sachez tout de suite que si vous ne faites qu’un potager, la vaste majorité de nos légumes sont des plantes annuelles. Elles ne passeront pas l’hiver et il va falloir en resemer ou replanter l’an prochain. Parmi les rares exceptions, il y a l’asperge et la rhubarbe, des plantes solidement rustiques (zone 3) et que vous pouvez planter en permanence. L’ail aussi est très rustique (zone 3) : on le plante à l’automne et il pousse au printemps, permettant une récolte à la fin de l’été. 

Quant aux fruitiers, par contre, c’est le contraire. Ce sont presque toutes des plantes pérennes. Aussi les plantes ornementales que nous voyons dans nos jardins: arbres, arbustes, conifères et vivaces. Toutes ces plantes reviennent d’année en année… si on les plante dans la bonne zone de rusticité. Et voilà notre sujet aujourd’hui : comment fonctionnent ces zones de rusticité? 

Une rusticité variable

En horticulture, les mots «rusticité» et rustiques «réfèrent» à la résistance au froid et «pérenne», à la capacité d’une plante de revenir d’année en année. Cette rusticité est très variable. Force est de constater que les bananiers et des palmiers sont des plantes pérennes, car elles vivent plusieurs années… mais seulement dans les régions où il n’y a pas de gel. Au Québec, les hivers sont tellement froids que seulement une petite minorité de plantes peuvent y survivre. Et c’est la zone de rusticité qui aide à déterminer si une plante serait viable à Miami ou à Iqualuit. 

D’où l’idée de diviser le Canada en zones climatiques basées sur la résistance des plantes aux conditions hivernales. C’est plus complexe que tout simplement la température minimale, car d’autres facteurs (couverture de neige, intensité du vent, altitude, durée du froid et plusieurs autres) sont impliqués. Sur la carte, on peut distinguer les différentes zones par leur couleur.

Il y a 9 zones au total, allant de 0, comme à Iqualuit, où aucune culture n’est possible, à 8, trouvée uniquement en Colombie-Britannique côtière, où le climat est tellement doux qu’il est même possible d’y cultiver certains palmiers. Donc, pour simplifier, plus le chiffre est petit, plus l’hiver y est froid; plus qu’il est élevé, moins l’hiver est rigoureux

Pour peaufiner le système, chaque zone est subdivisée en deux sous-zones, a et b. La sous-zone b étant un peu plus chaude que la sous-zone a. 

Donc, Québec est placée dans la zone 4b (un peu plus chaude que la zone 4a), Montréal dans la zone 5b, Chicoutimi en zone 3b, Chibougamau en zone 1b. 

Et les végétaux?

Mais les plantes aussi sont assignées à une zone, soit la plus froide qu’elle peut normalement tolérer. Ainsi, l’hosta et l’hémérocalle sont de zone 3, mais la jacinthe et le hêtre américain sont de la zone 4. Si vous les plantez en zone 3 (plus froide), ils risquent de mourir ou du moins, de souffrir de graves dommages.

La règle est facile : vous pouvez choisir des plantes de votre zone et de toute zone moindre, mais il faut éviter les plantes de zone supérieure à votre zone. Donc, à Québec (zone 4b), choisissez des plantes des zones 1, 2, 3 ou 4, mais pas 5 ou plus. À Montréal (zone 5b), vous avez plus de choix : des plantes de zones 1, 2, 3, 4 ou 5, mais pas des zones 6 ou plus, etc. À Chicoutimi (3b), le choix diminue : oui pour les plantes des zones 1, 2 ou 3, mais non pour les plantes des zones 4 ou plus.

Vous trouverez les zones de rusticité des plantes indiquées dans les livres de jardinage, dans les sites Web et aussi sur les étiquettes des magasins. Si aucune zone n’est indiquée sur une étiquette, la plante est probablement considérée comme une annuelle. Aucune zone n’est donnée, puisque la plante ne survit pas à l’hiver.

Et ma zone?

Quant à votre zone de rusticité, vous trouverez peut-être votre zone sur la carte ci-contre. Sinon, voici un tableau qui indique les zones de plusieurs villes au Québec. Retenez votre zone de rusticité : l’avoir en tête rend le choix de plantes beaucoup plus facile!

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L'ENTRETIEN DE LA SEMAINE

  • Avant de rentrer les plantes d’intérieur, il peut être utile de les tailler ou de les rempoter. 
  • Rentrez les tomates pour finir leur maturation à l’intérieur quand la température nocturne commence à rester à moins de 10°C.
  • Surveillez les fruits des kiwis rustiques et récoltez-les quand les fruits commencent à ramollir.
  • Cueillez le maïs dès que les soies commencent à brunir.

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QUESTIONS ET RÉPONSES

Plante à la fois toxique et comestible

Q Cette plante a poussé près d’un plant de cerises de terre. Je l’ai enlevée, car je ne savais pas si les fruits noirs étaient toxiques et je n’ai pas pris le risque que mes petits-enfants en mangent.
— Rita Tanguay 

La morelle noire est parfois comestible, parfois toxique.

R La plante dans votre photo est la morelle noire (Solanum nigrum), une proche parente de la tomate et de la pomme de terre. Les fruits encore verts sont toxiques, mais les fruits noirs peuvent être comestibles… ou pas! Même les experts ne s’entendent pas sur le sujet! Chose certaine, certaines lignées produisent des fruits comestibles, car cette plante est largement cultivée pour ses fruits qu’on utilise notamment dans les tartes. D’ailleurs, plusieurs maisons de semences offrent les graines de ces lignées en sachet. Mais il paraît qu’il y a déjà eu des cas d’empoisonnement après la consommation de fruits récoltés à partir de plantes sauvages. Donc, je suggère de considérer la plante toxique et, si de jeunes enfants fréquentent votre jardin, de la détruire. Par contre, si vous voulez en consommer, achetez des semences d’une source sûre plutôt que de récolter des fruits dans la nature.

Cendre comme engrais

Q J’ai un foyer extérieur qui contient beaucoup de cendre. Est-ce que je peux l’utiliser comme fertilisant?
— François Poulin

R Oui, mais il faut faire très attention. C’est que, en plus de comprendre des minéraux utiles aux plantes et qui peuvent manquer dans les sols non fertilisés, notamment du potassium et du phosphore, les cendres sont très alcalines, avec un pH jusqu’à 12 : vraiment extrême. Assez pour brûler la peau si elle est humide (il faut toujours porter des gants en manipulant la cendre). Elle peut également tuer les tissus des plantes et donc il ne faut pas l’appliquer sur le feuillage, près de la tige ou sur les semis de peur de les endommager. Aussi, si l’on en applique trop, elle peut élever le pH du sol à tel point qu’il devient impropre à la culture. 

Pour utiliser la cendre de bois sans crainte, appliquez-la avec modération et selon la méthode traditionnelle : en épandage sur la neige l’hiver sous forme d’une couche très mince. Ainsi, elle se trouvera diluée lors de la fonte des neiges. Et aussi, en plein hiver, il n’y a aucun tissu fragile sur les plantes que la chaux peut endommager.

On peut aussi l’ajouter au composteur domestique, à dose réduite et en mélangeant bien, afin de l’enrichir en minéraux. Par contre, si on en applique trop, elle nuit à la décomposition, tuant ou nuisant aux microbes bénéfiques. 

Il faut donc toujours utiliser la cendre avec modération.

Des questions svp!
Vous pouvez nous joindre par courriel à courrierjardinierparesseux@yahoo.com.
Et par courrier à :
Le jardinier paresseux
Le Soleil
C.P. 1547, succ. Terminus
Québec (Québec) G1K 7J6

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