La pollinisation des abeilles est essentielle pour produire nos légumes et fruits.
La pollinisation des abeilles est essentielle pour produire nos légumes et fruits.

10 trucs pour protéger les abeilles

Larry Hodgson
Larry Hodgson
Le Soleil
Nous savons tous, j’espère, que les abeilles sont très importantes pour nos cultures. Pommiers, courges, bleuetiers, concombres, etc. Sans abeilles pour les polliniser, ils ne nous donneront pas leurs délicieux fruits et légumes. Pourtant, le nombre d’abeilles baisse constamment… et cette baisse est fortement liée à notre façon de cultiver nos jardins.

Le problème est que nous traitons aussi nos jardins contre les insectes nuisibles et les autres ravageurs : pucerons, charançons, chenilles, altises, acariens, limaces, etc. Même si on utilise des produits dits biologiques, un insecticide demeure un insecticide et risque de tuer les abeilles qui sont, après tout, des insectes. Même les fongicides, utilisés pour contrôler les maladies, pas les insectes, sont souvent toxiques aux abeilles. Parmi les insecticides les plus toxiques aux abeilles, par exemple, il y a la terre de diatomée, un produit bien biologique et largement considéré sécuritaire… pour les humains. Mais si une abeille atterrit sur une feuille saupoudrée de terre de diatomée…

Comment jardiner en préservant les abeilles 

Voici 10 trucs qui, si on les met attentivement en pratique, pourront aider à protéger les abeilles qui visitent nos jardins… et également les autres pollinisateurs.

1) Apprenez à tolérer un certain degré de prédation. Quelques feuilles mâchouillées tuent rarement une plante et ne méritent peut-être pas un traitement.

2) Cultivez des plantes résistantes aux ravageurs. Ainsi, aucun traitement insecticide ne sera nécessaire. Et en corollaire, éliminez de votre répertoire les plantes qui se sont avérées très touchées par les insectes et les autres ravageurs. Par exemple, les limaces raffolent de la laitue en feuilles, mais laissent la laitue romaine intacte. Ainsi, aucun traitement antiparasitaire ne sera nécessaire.

3) Traitez avec des insecticides qui n’affectent pas les abeilles. Le Btk (Bacillus thuringiensis kurstaki), par exemple, est spécifique aux chenilles de papillons et ne touchera pas les abeilles. Un jet d’eau fera tomber les pucerons, mais n’empoisonnera pas la plante. Les abeilles n’aiment pas l’eau… mais celle-ci ne les tue pas.

4) Utilisez des insecticides moins nocifs aux abeilles. Le savon insecticide et le neem, par exemple, peuvent tuer les abeilles, mais seulement s’ils sont vaporisés directement sur elles. Une fois séchés, ils n’ont plus effet sur nos amies butineuses. 

En traitant lorsque les abeilles ne sont pas présentes, on élimine une bonne partie du problème.

5) Traitez tôt le matin ou en toute fin de journée, quand les abeilles sont absentes.

6) Vaporisez seulement les plantes qui sont touchées par le ravageur visé, pas le jardin au complet. Ainsi vous limiterez les dégâts.

7) Lorsque possible, récoltez les parasites à la main (chenilles, limaces, etc.), les faisant tomber dans un bol d’eau savonneuse. C’est peut-être peu ragoûtant, mais au moins les abeilles seront épargnées. Et notez que le port de gants est permis!

8) Si un pesticide puissant et potentiellement toxique aux abeilles s’avère nécessaire, appliquez-le quand la plante n’est pas en fleurs. Ainsi, les abeilles ne seront pas présentes.

9) Utilisez des pièges spécifiques aux insectes nuisibles. Les abeilles ne sont pas attirées par les plaques jaunes collantes jaunes qui attrapent une foule d’insectes nuisibles, par exemple, ou des boules rouges collantes (utilisées contre la mouche de la pomme) et encore moins par des pièges aux phéromones. Attention toutefois aux pièges collants bleus : ils attirent peut-être certains insectes nuisibles, mais aussi les bourdons.

Un simple piège jaune peut attraper beaucoup de ravageurs, mais ne prend presque jamais les abeilles.

10) Et enfin, mangez le plus bio possible. Après tout, ce n’est pas juste dans votre jardin que les abeilles peuvent être empoisonnées par les insecticides. L’agriculture à grande échelle, soutenue à force de maintes applications d’insecticide, tue bien plus d’abeilles que les jardiniers amateurs sur leurs petits terrains.

Et voilà! Dix tru­­­­cs faciles à appliquer pour garder les insectes et autres ravageurs sous contrôle tout en protégeant les abeilles. Mettez-les en pratique chez vous pour aider les abeilles à continuer à accomplir leur travail si important!

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ENTRETIEN DE LA SEMAINE

  • Évitez de toucher aux plantes quand le feuillage est couvert de rosée : il y a risque de transmettre des maladies.
  • Arrachez l’herbe à poux avant qu’elle commence à fleurir.
  • Au potager, vérifiez l’état du sol des légumes et fleurs aux trois ou quatre jours et arroser au besoin.
  • Surveillez aussi l’arrosage des plantes en contenant : plus la saison avance, plus elles ont besoin d’eau.

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QUESTIONS 

Semences de gazon écologique

Q On me suggérait récemment d’utiliser la semence Eco-Lawn pour régler mon problème d’arrosage intensif du gazon en période de canicule : peu d’arrosage, peu de jaunissement et peu de tonte, une merveille. Est-ce que vous connaissez ce produit? Est-il applicable au Québec? Quels sont les risques et inconvénients associés?
Jacques Turcotte, Gatineau

R Eco-Lawn est la marque de commerce d’un mélange de semences de gazon conçu pour offrir de meilleurs résultats que les semences plus classiques, et ce, avec moins d’efforts. À son lancement il y a une vingtaine d’années, il était considéré comme révolutionnaire : le premier gazon à entretien minimal! Depuis, son modèle a beaucoup été copié et presque tous les producteurs de semences de gazon offrent maintenant des gazons à entretien minimum. Il est difficile toutefois de dire si les autres marques ont égalé l’original ou non, mais au moins il est maintenant possible de trouver des semences de pelouse écologique (à entretien minimal) dans tous les magasins.

Effectivement, les semences de pelouse écologique offrent les avantages qu’on vous présente : résistance à la sécheresse, capacité de rester vert en période de sécheresse, beaucoup moins besoin de tonte, résistance aux insectes du gazon, peu besoin d’engrais, etc. Il n’y a aucun risque particulier et le seul inconvénient est qu’il coûte plus cher que les semences bas de gamme. Ce qui est surprenant est qu’il y ait encore des gens qui continuent de semer des gazons à entretien maximum, uniquement composé de pâturin de prés (pâturin du Kentucky), avec tous les inconvénients qui s’ensuivent! Peut-être que, avec les dommages massifs causés à ces gazons par la canicule cet été, les gens vont repenser leur stratégie et opter pour un gazon plus facile à maintenir.

Oignons infestés

J’ai semé une centaine d’oignonets. Tout poussait bien jusqu’à il y a quelques semaines. Puis les feuilles ont commencé à jaunir et toute croissance a cessé. En arrachant ces oignons, je constate que le centre de l’oignon est vide, mais les premières couches extérieures sont normales. Qu’est-ce qui gruge l’oignon de l’intérieur? Je n’ai vu aucun insecte. J’ai étendu un peu de cendre de bois, mais cela continue. Que faire?
— Gisèle, Bas-Saint-Laurent

Il s’agit des larves de la mouche de l’oignon. La mouche pond ses œufs à la base des jeunes plants, puis les larves (de petits asticots blancs) creusent des trous dans le bulbe et commencent à l’évider. Après quelques semaines, les larves quittent le bulbe, forment des pupes dans le sol, les pupes deviennent des mouches… et une autre génération est née. Il y a trois générations par saison. Si vous n’avez pas vu des asticots pendant votre vérification, c’était sans doute parce que vous avez pris la mouche entre deux générations.

Il n’y a rien à faire cette année : les bulbes endommagés commenceront à pourrir et ne se conserveront pas. L’an prochain, plantez les oignonets dans un nouvel emplacement où il n’y a pas de pupes cachées dans le sol et couvrez la section d’une couverture flottante, un textile léger blanc translucide qui empêche les mouches d’avoir accès aux bulbes, mais qui laisse quand même passer la pluie, le soleil, le vent, etc. Cela éliminera la première génération de mouches. Par contre, éventuellement il deviendra trop chaud sous la couverture et cela peut endommager les oignons. Dès le début de juillet, donc, enlevez la couverture. À ce stade, la génération principale de la mouche de l’oignon sera déjà terminée, vous permettant d’obtenir une belle récolte.

La cendre de bois aide (un peu) à prévenir la ponte des œufs, mais il aurait fallu l’appliquer au début de la saison, pas après que les bulbes soient déjà endommagés.

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Des questions svp!

Vous pouvez nous joindre :
Par courriel à courrierjardinierparesseux@yahoo.com
Par courrier à
Le jardinier paresseux
Le Soleil
C.P. 1547, succ. Terminus
Québec (Québec) G1K 7J6

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CALENDRIER HORTICOLE

Formations en ligne
L’agronome Lili Michaud offre des formati­­ons en ligne que vous pouvez suivre à votre rythme dans le confort de votre foyer. Au programme : Le compostage domestique, Les fines herbes de la terre à la table, Le potager : planification, aménagement et entretien et Les trucs de culture de 25 légumes, de l’ail à la tomate. Coût : 25 $ et 30 $ + taxes. Pour information et inscription : lilimichaud.com

Conversations horticoles
Durant la période de confinement dû au coronavirus, Larry Hodgson offre gratuitement des «conversations horticoles» en direct les mercredis à 10h à facebook.com/JardinierParesseux.

Horaire prolongé
À la demande générale, les Jardins de Métis offrent maintenant un horaire prolongé tous les jours, soit de 8h30 à 19h, et ce, jusqu’à la fin d’août. Aussi, la saison de visite a été allongée jusqu’au 4 octobre. Adresse : 200, route 132. Grand-Métis, Québec. Info : 418 775-2222, jardinsdemetis.com

Pour toute activité horticole, écrivez-nous à courrierjardinierparesseux@yahoo.com