Sexologie

Des contacts pas vraiment accidentels

CHRONIQUE / Bain de foule, transport en commun, passage incongru, piscine publique. Autant de prétextes pour courir aux rapprochements physiques. Certains aiment la proximité. Qui sont-elles, ces personnes pour qui le «frôlage» n’a plus aucun secret et celles qui affectionne le frottage un peu, beaucoup ou à la folie? Les connaissez-vous? En avez-vous été victimes? Êtes-vous l’une de celles-ci? Pour le savoir, voyons ce qu’il en est, du frotteurisme.

Le frotteurisme, c’est quoi?

Aussi simple que puisse paraître ma définition, le frotteurisme consiste à se « frotter » contre un tiers individu sans son consentement, mais aussi, dans une situation absolument hors contexte. Par simple souci du contact physique avec l’étranger, pour humer son odeur, pour sentir ses formes. Des raisons pour se rapprocher, en voulez-vous, en voilà! 

Certains de ses adeptes se verront plutôt cachottiers, vivant la proximité sans trop déranger, inopinément. Comme si, oups, par magie, le contact humain était inévitablement, par exemple pour se déplacer. On pourrait presque crier à l’accident! 

D’autres peuvent repasser pour leur subtilité. Tel un chien dans un jeu de quilles, exit la discrétion! Ils se frottent, au grand dam de leurs victimes, sans toutefois faire preuve de coercition. Juste un tantinet moins subtiles, vous pigez? 

Le plaisir, où est-il?

Cette question est louable chez celui pour qui ce type d’effleurage n’apporte rien en termes d’excitation sexuelle. Par contre, le fidèle du frotteurisme, quant à lui, y ressent une source de satisfaction indéniable, ce qui le pousse à recommencer de plus belle, et peut-être même, dans des contextes plus à risques. Nous parlons alors de progression. 

Certains font agir quasi incognito. Ils réussiront à approcher Mme Unetelle ou M. Untel de façon ni vue ni connue. Puisqu’ils ne sont pas démasqués, ils pensent jouir d’un grand pouvoir et d’être en contrôle...

Au contraire, d’autres verront leur plaisir plus que bonifié lorsqu’ils susciteront des réactions. Déranger, ils aiment ça! La carte de l’accident ou du hasard représente certes un moteur d’excitation sexuelle toujours plus vif. Se faire rabrouer peut aussi faire partie de l’équation du plaisir. 

Le silence, l’ignorance et l’absence de réaction risquent de représenter une source d’humiliation, de mécontentement ou de sentiment d’échec pour ces agresseurs. Dénoncer reste toujours la meilleure chose à faire. 

Pourquoi?

Le frotteurisme est une forme de sexualité atypique. Mais, pourquoi s’y adonner? Les causes justifiant le frotteurisme restent vagues. Des difficultés interpersonnelles semblent se démarquer en guise d’explication principale. Pour certains, c’est plus facile de se frotter que d’entrer en relation avec les autres. 

À quelle fréquence?

Et si je vous disais qu’il s’agit probablement d’une des paraphilies les plus rependues, mais pourtant des moins judiciarisées, seriez-vous surpris? Comment réellement prouver, hors de tout doute raisonnable, que l’agresseur sexuel commet ce type de contact intentionnellement? 

Le fait de ne pas trop craindre de conséquences donne du pouvoir et incite à recommencer. La majorité des victimes sont des femmes, mais l’inverse existe aussi. 

Le frotteurisme n’est jamais banal. Il y a de l’aide qui existe, d’un côté comme de l’autre. Gardons nos distances!

Sexologie

Anti-conformité sexuelle, prise 2!

CHRONIQUE SEXO / Normal, normal, normal. Qu’est-ce que la normalité? Celle qui correspond aux explications proposées par ces dossiers à la saveur psychopopulaire? Celle qui s’enligne vers les mêmes valeurs quantitatives imposées par ces sondages médiatiques? Ou peut-être aussi, pourquoi pas, celle qui se conforme aux idéologies du blogueur du moment? Allons donc savoir!

Parce qu’il est normal que votre normalité et qu’il est anormal que votre anormalité, déboulons les mythes dans ce second volet anti-conformité sexuelle!

Orgasme assuré

Ne pas jouir à tout coup lors d’un rapport sexuel, en voilà une réalité plus que probable au grand dam des quelques-uns qui peuvent y déduire un échec incontesté. La vie étant ce qu’elle est, des fois, on jouit, et des fois, on ne jouit pas! 

Grave pour autant? Absolument pas, à moins d’envisager l’orgasme comme étant la finalité obligatoire. 

Les rapprochements peuvent aussi se voir justifiés par une quête d’affection, de plaisirs autres, de complicité, d’échange de sentiments, alouette. À vous de narguer le pressage qu’impose l’orgasme absolu en élargissant vos horizons. Des raisons pour faire l’amour, il y en a plus d’une! Idem pour les finales.

Pénétration obligatoire

Combien sont ceux qui croient qu’une relation sexuelle dite normale doit nécessairement, encore et toujours, comprendre la sacro-sainte pénétration? Levez la main! Erreur monumentale! Voici ma réponse à cette fausse croyance: il y a autant de façons de prendre son pied qu’il y a de chemins qui mènent à Rome. 

Avoir un plan B, voire C et D, et pourquoi pas tout l’alphabet, est certainement garant d’une multitude d’options pour atteindre un certain plaisir. Le niveau de détresse s’en verra également moindre, tant chez messieurs que mesdames, le jour où l’avenue-pénétration sera compromise. Pensez-y. 

Un homme, un vrai

Je parle de celui qui a toujours envie. Qui est toujours prêt à marquer un but. Ce portrait est une baliverne et est angoissant pour la gent masculine à l’érection moins facile! C’est une source de pression, n’est-ce pas les gars? 

La réponse sexuelle masculine commence par l’excitation et est, elle aussi, variable, au même titre que celle de la femme. Des «Je n’ai pas envie», des «J’ai mal à la tête» ou des «Non merci, on verra demain» sont envisageables, pour ne pas dire probables chez ces derniers, de même que la baisse du désir tout court. Cette réalité n’est nullement liée avec une histoire d’adultère, d’orientation sexuelle mitigée, d’amour effrité, de relation tirant vers la fin ou je ne sais trop quoi! Un homme, un vrai, c’est aussi ça...

Vive la masturbation!

La pratique masturbatoire est une conduite souvent diabolisée. Avoir connaissance que l’autre s’y adonne peut parfois mener à un tsunami pour l’amour-propre.

Cette activité ne représente pas nécessairement un geste justifié par un manque de sexe, une performance boboche de votre part, une éventuelle diminution de la performance ou encore une probable tendance à préférer s’autosuffire.  

La masturbation mise aussi à combler un besoin individuel. À titre comparatif, si vous déjeunez un matin en solo, n’ayez crainte, vous pourrez également profiter du repas du souper en duo! L’appétit sexuel en est de même. 

Que de choses réglées! Anormal ou pas? Qui l’est? Possiblement ni vous,  ni l’autre, ni moi! À tellement vouloir être dans la norme, n’en perdez-vous pas vos repères? Soyez donc vous-mêmes, exempts de comparaison, et vivez votre vie... sexuelle! 

Sexologie

La normalité sexuelle, c'est quoi?

CHRONIQUE / « Myriam, Myriam… Dis-moi si je suis normal »

En quête de normalité sexuellement parlant, l’êtes-vous ? 

Assez, trop, comme ci, comme ça, peu, abusivement ou encore raisonnablement, louables que ces interrogations à savoir s’il y a normalité, ou pas, en terme d’habitudes sexuelles. D’où, d’ailleurs la raison pour laquelle je me dois de revenir pour une seconde fois sur ce sujet. L’humain étant ce qu’il est, cette volonté de se rassurer en étant, ou en se conformant, à cette moyenne dite normative témoigne de ce besoin probable de sécurité, de confirmation, voire de confiance. Histoire d’apaiser ces inquiétudes trop souvent nommées en consultation, je vous propose MA vision de cette maudite normalité ! 

C’est quoi ça ?

Oui, dites-le-moi ! C’est quoi ça, être normal ? Et tant qu’à y être, expliquez-moi donc qui a établi ces règles, normes, prescriptions définissant, supposément, la conformité de cet état apparemment normal. Oui, si vous le connaissez, présentez-le-moi afin que je lui remette les pendules à l’heure de mon horloge sexuelle !

Qu’on se le dise, la sexualité ne comporte aucun assujettissement précis si elle est appliquée au sens de la loi empêchant ainsi la victimisation de pauvres gens. À vous alors d’établir votre propre charte.

Belle ou pas

Fesses à la peau d’orange, poils aux mamelons, prépuce trop long, petites lèvres prédominantes, pubis gras, tablier au ventre, seins galettes, toujours loin des standards que votre apparence physique ? Fréquentes sont ces confidences m’expliquant une retenue certaine dans les pratiques sexuelles expliquée par des complexes physiques de l’anatomie la plus intime. 

Absence de nudité, sexe dans le noir, stratégie des plus complexes pour cacher cet aspect qu’il ne faut voir, tous des moyens pour remédier à « l’anormalité physique ». Et si ce modèle comparatif constamment suggéré l’était lui aussi non singulier de par son irréalisme ? Aimez-vous !

Fréquence

« Me semble qu’un couple normal devrait faire l’amour deux à trois fois par semaine ? »

La santé sexuelle d’un couple ne se définit pas le nombre de crochets faits au calendrier le soir des grandes veillées, mais plutôt par le plaisir qui en découle, l’agrément de ses rapprochements et le niveau de satisfaction physique et émotionnelle des deux partenaires. Exit, comptabilité ! La relation sexuelle est bien plus qu’une question de fréquence. À vous de miser sur la qualité plutôt que la quantité. 

Pratique

« On fait toujours les mêmes affaires ! »

Possible que vous soyez du type plus casanier qu’aventurier, mais après ! ? Je vois de ces couples voulant chambouler leurs accoutumances par obligation d’essayer la pratique du moment. Avoir recours à la sodomie, aux pratiques sadomasochistes, à l’échangisme ou autres quand l’envie n’y est pas n’a rien de banal. En fait, cette pression s’avère souvent lourde de sens, mais aussi de conséquences. Changer une solution gagnante, pas nécessairement une bonne idée. 

Fantasmes

En avoir, acceptable ou pas ? La culpabilité d’avoir des idées «olé olé» m’est souvent répertoriée. Davantage si elles reposent en plus sur une personne autre que chéri d’amour ou qu’elles surviennent au moment de l’acte ! Non, le fantasme n’est pas une cause d’adultère. Au contraire, je le compare même à cette roue de secours suppléant à cette baisse d’excitation pouvant entraîner diverses difficultés. Après tout, ce qui se passe dans votre tête reste dans votre tête, non ? La personne sans imagination n’a pas d’ailes… dit-on. 

Pour vous, qui vous souciez peut-être d’être comme tout le monde et parce qu’il me reste encore trop de points à normaliser, je vous donne rendez-vous le week-end prochain pour la suite de ce dossier. Au plaisir. 

Sexologie

Explorez vos cinq sens

CHRONIQUE / Envie d’autres choses ? Aujourd’hui, loin de moi la prétention de réinventer la roue. J’ai bien envie de faire vivre votre sexualité autrement.

Puisque le Bon Dieu vous a muni de plus que d’organes génitaux féminins ou masculins, revenons à l’essentiel en faisant l’amour, tout simplement. Au-delà du combiné pénis/vagin/clitoris, et s’il était possible de vivre ces plaisirs charnels avec les yeux, les oreilles, le nez, la bouche et les mains ? 

Ces fameux cinq sens, une notion allant bien plus loin que les bricolages du préscolaire. Voyons-y. 

La vue

Qu’y a-t-il de plus beau que le corps d’un homme ou encore d’une femme, selon vos préférences ? D’autant plus vrai lorsqu’il s’agit de cette personne que l’on aime ou pour qui, minimalement, l’attirance physique est indéniable. 

Et que dire de ses œillades lancées à l’autre en guise de renforcement, encouragement, soutien. 

Une communication en soit que ces yeux doux !

À quand remonte votre dernière contemplation ? Je parle de cette fois où vous avez pris le temps d’observer l’autre sous toutes ses coutures ? Remarquer chacun des détails de son biotope ? Observer l’ensemble de ses réactions, réponses, secousses ? Un beau bonheur que cette admiration que peu prend encore en considération.

L’ouïe

Je vous épargnerai ces onomatopées que peuvent inspirer les bruits sensuels, voire sexuels. Un bon aiguillage du niveau d’appréciation que ces respires entendus, essoufflements, halètements, gémissements et sans parler de tous clapotis émis par le corps lui-même. Une chanson douce à l’oreille indiquant certainement le diapason de la relation. À vous de tendre l’oreille !

L’odorat

Connaissez-vous l’odeur corporelle de votre partenaire ? Pas celui post bain moussant, savonnage et crémage. Je parle de SA vraie odeur. Celle dégagée par son corps, ses pores de peau, ses fluides. Ce réel parfum, que je vous invite à redécouvrir, joue sur votre mémoire sexuelle en plus d’être source d’« émoustillement » pour plus d’un. 

À l’instar de l’animal, sans tous suppléments olfactifs causés par une hygiène disproportionnée, peut-être, monsieur, êtes-vous aptes à reconnaître les besoins de madame ! Une histoire de phéromones, dit-on. À condition de ne pas avoir le nez bouché ! 

Le goût

La langue et ses milliers de papilles gustatives sont capables de beaucoup plus que de distinguer les goûts amers, sucrés, salés et acides. En fait, elles reconnaissent les saveurs de votre chéri (e) et ce, sur chacune des zones de son corps. Du petit bec dans le cou, en passant par le french en bonne et due forme, du léchage tel le suçon à liqueur ou encore à l’amour oral des organes génitaux, nombreuses sont les occasions de se délecter du fumet unique de cette personne partageant la couette. 

Le toucher

Trop souvent seule vedette de l’investigation des cinq sens, les mains ont la cote pour parcourir les courbes et la génitalité d’autrui. Plus qu’un outil indispensable à la relation sexuelle proprement dite, pourquoi ne pas les considérer comme complices de plaisirs et de découvertes nouvelles ? Puisque membres actives de caresse, câlinerie, bonté et tendresse, elles sont de connivences certaines avec d’autres parties du corps capables, elles aussi du toucher. 

Beaucoup plus qu’une question de préliminaires, l’application des cinq sens au lit peut être également garant de plaisirs charnels menant aussi loin que l’épanouissement orgasmique. À vous d’en faire de complices dignes de mention !

Sexologie

Flirter un peu, beaucoup, passionnément

CHRONIQUE SEXO / Cette espèce de courtisanerie sans but précis, sans sentiment tout à fait défini, sans arrière-pensée, ça vous dit quelque chose ? Ce mode de séduction avec l’étranger, commis de dépanneur, comptable, nouveau collègue, massothérapeute, bref n’importe qui permettant cette décharge d’adrénaline juste bonne au goût, y êtes-vous abonnée ? Le charme, y êtes-vous habituée ? Et la reconnaissance de ces tiers confirmant que vous pourriez encore être sur le marché, y êtes-vous accrochée ?

Qu’on se le dise, si vous avez répondu oui à l’une de ces questions, possiblement qu’adepte du flirt, vous l’êtes ! 

Célibataire ? Pourquoi ne pas s’y adonner ? 

En couple ? En voilà une autre paire de manches pouvant compromettre les valeurs nobles de ce dernier voulant plus souvent qu’autrement unicité l’un envers l’autre. Un jeu dangereux que cette histoire de flirter un peu, beaucoup, passionnément, à la folie. Voyons-y ! 

C’est un début

« Une question de feeling » ai-je envie de répondre à cette question cherchant à savoir quand et comment commence le flirt proprement dit. Au-delà d’un regard aguicheur, d’une révélation flatteuse ou encore d’une complicité amusante, je parlerais de ce petit plus. Oui, de cette chimie faisant en sorte qu’il s’agisse plus que de bonnes intentions, de politesses ou encore de camaraderies. L’autre, de par sa simple présence, vous fait de l’effet autant dans la tête, dans le cœur, que dans la petite culotte… si vous voyez ce que je veux dire.

Attention

« Simple badinage », penserez-vous peut-être d’abord. Ce vers quoi je vous mettrai déjà en garde. Ne serait-ce que contre cette légèreté qui vous habite. Cette sensation d’être vivant, attrayant, séduisant minimalement peut devenir pernicieuse. 

Effectivement, un renforcement positif pour vous qui êtes peut être victime de « routinite » amoureuse comme le prétend Raphaëlle Giordano, l’auteur de ce roman juchant ma table de chevet. Vous voilà officiellement en eaux troubles, je vous l’assure. Regagnez la plage avant le tourment. 

Perte de contrôle

En contrôle, le devenez-vous moins ? À l’image du feu de paille, toujours facile de garder main mise sur ce qui, disons-le, ne semble rien de trop grave initialement. Après tout, cette renaissance retrouvée dans l’attention de cette tierce personne n’est peut-être que le fruit de votre imagination, allons donc savoir. Méfiez-vous de la banalisation ! 

Autre niveau de brasier quand l’échange d’interactions positives devient mutuel. Pas juste vous qui ressentez de l’effet, l’autre aussi ! Vous voilà maintenant artisan des épisodes de flirtage ! Besoin urgent de lait, problème de T4, réunion précipitée, tour de reins réfractaire, telle une nécessité, vous ne savez plus quoi inventer pour recevoir cette attention qui vous fait du bien… tellement de bien. 

Tel un avertisseur de fumée, le temps où je crie : « DANGER-DANGER-DANGER », est plus qu’arrivé. Oui, il est encore temps de prendre vos cliques, vos claques, vos jambes à votre coup et de déguerpir avant qu’il ne soit trop tard et que le jeu devienne sérieux. 

Vous y êtes encore ? 

Trop tard comme quand vous voulez davantage et surtout ressentez davantage. Comme une drogue, un produit addictif, un « high » inassouvi, le troisième niveau devient ensuite inévitable. Ce qui était initialement qu’un simple flirtage se dirige indéniablement vers un rapprochement, voire un adultère. Pire encore, vers cet élan d’émotions pour quelqu’un d’autre que votre partenaire. En êtes-vous là ? 

Le flirt, un jeu brûlant, mais avant tout, certainement pas si anodin. À vous de faire de votre quotidien, de votre couple, de votre vie à deux, votre terrain récréatif. Les règles changent parfois si vite…

LE BOURLINGUEUR

Des mosquées, un chott et des dattes

CHRONIQUE / Du sable et des cactus. Entre la capitale de la Tunisie, Tunis, et la ville de Tozeur, plus au sud, la route traverse des étendues relativement inhabitées. Les immenses cactus gorgés de fruits rouges, des poires-cactus, dressent une première ligne de végétation. Dans les terres s’alignent plutôt des rangs d’oliviers.

Tantôt, des marchands établis en amont ou en aval de petits villages ont dressé des tables et des étalages de fruits frais. Les chapelets de dattes ou de piments pendent aussi en attendant qu’un voyageur s’arrête. Tantôt, un feu crépite dans la poussière du bord de route, un mouton attaché à proximité. Tout est prêt pour des grillades fraîches.

À moins de 200 km de la capitale, la ville de Kairouan peut passer en quelques clignements des yeux si on ne porte pas une attention particulière. Ses mosquées, inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO, constituent pourtant une pause très intéressante.

Ce n’est pas tous les jours qu’on s’arrête dans une ville fondée au 7e siècle qui, de surcroît, a constitué la première ville sainte du Maghreb.

On y trouve les bassins des Aghlabides, deux immenses réservoirs à ciel ouvert construits au 9e siècle et reliés entre eux.

Surtout, la Grande Mosquée, relativement déserte lors de mon passage, remplit complètement le regard. Avec ses quelque 520 colonnes, sa vaste cour centrale et son cadran solaire, perdu au milieu de toute cette étendue sacrée, il y a de quoi s’attarder. Le cadran solaire sert à connaître l’heure des prières.

Un peu plus loin, sur une place plus achalandée, au cœur du trafic de la grande route, Zawiya de Sidi Sahib s’élève. Il s’agit du mausolée du compagnon de Mahomet, Abou Zama el-Balawi. On raconte qu’il y reposerait avec trois poils de barbe du prophète.

Ce mausolée jouxte une autre mosquée ornée de complexes motifs en céramique. En traversant le hall et une grande cour centrale, on peut s’approcher de la pièce où se trouve la sépulture, mais il est impossible d’y entrer.

On dit de Kairouan qu’il s’agit de la ville des 300 mosquées. Il est donc possible d’y passer plusieurs heures si la religion nous fascine. Sinon, on peut toujours se laisser entraîner dans un magasin de tapis, où on nous expliquera comment ceux-ci sont confectionnés. Mais il faudra savoir négocier ou résister si on tombe sous le charme.

À LA VÔTRE

Pascal Marchand: un Québécois en Bourgogne

CHRONIQUE / Jeune, il se croyait destiné à l’écriture. Ce qui devait être une simple vendange en Bourgogne est rapidement devenue le projet de toute une vie. Pascal Marchand, vigneron mondialement reconnu, est l’un des précurseurs de la biodynamie en Bourgogne.

Le documentaire Grand Cru, réalisé par David Eng, relate le parcours professionnel de Pascal Marchand, un Québécois amoureux des mots qui s’est finalement entiché de la vigne en France. C’est à l’aube de sa vingtaine, alors âgé de 21 ans, que l’aspirant poète de Montréal part en Bourgogne faire les vendanges en 1983. Un peu plus d’un an plus tard, le comte Armand perçoit son potentiel et le met aux commandes du Clos des Épeneaux à Pommard. Sa carrière est lancée!

Lorsqu’il met les pieds en Bourgogne pour la première fois, il remarque que les vignes sont intoxiquées, aspergées de produits chimiques, tandis que les sols apparaissent compactés et appauvris. Alors que les vignerons bourguignons perpétuent les traditions familiales, Pascal arrive avec un regard nouveau et n’hésite pas à douter de l’ordre établi. Avec trois de ses compatriotes de classe de l’Institut de viticulture et d’œnologie de Beaune, il adhère à une philosophie qui s’inscrit dans une vision plus globale de la nature : la biodynamie.

« Je n’étais pas du tout à l’aise de manipuler les produits chimiques pour traiter la vigne. Je cherchais une autre relation avec la nature », affirme Pascal Marchand. Les résultats sont sans équivoque : plants plus vigoureux, vignes plus résistantes aux maladies et plus de biodiversité dans les vignobles. Il réintroduit au passage le labour avec cheval, une technique qui évite le compactage des sols par les tracteurs. Il est également l’un des premiers à se réintéresser à la plantation en foule, une tradition pratiquée par les moines cisterciens aux origines de la viticulture en Bourgogne. Jamais la biodynamie n’a été illustrée plus simplement que dans ce documentaire. « La biodynamie, c’est comprendre les forces de la nature et travailler avec les rythmes de la nature », explique le vigneron.

Il est aujourd’hui négociant et propriétaire de quelques parcelles avec sa société Marchand-Tawse. Pascal appose son nom sur les étiquettes de dizaines d’appellations dont les réputées vosne-romanée, chassagne-montrachet et corton-charlemagne. S’il devait en choisir qu’une seule, ce serait Musigny, sa plus récente acquisition. Un tout petit morceau de terre, de 1/10e d’acre, acheté à une somme équivalant à la valeur de 65 acres au Canada!

Il va sans dire que le millésime du tournage aura fortement teinté le scénario du documentaire. Qualifier 2016 de difficile en Bourgogne serait un euphémisme. La violence qui s’est abattue sur la région est historique — faisant de ce millésime le pire que la Bourgogne ait connu. Le gel, la grêle et la maladie ont si fortement endommagé les vignes que les pertes au printemps atteignaient déjà les 60 à 70 %. Le stress est à son paroxysme pour les vignerons, tellement que plusieurs petits producteurs ont vu fondre leur mince marge de manœuvre — pour certains, 2016 aura été leur dernière vendange. David Eng a ainsi pu capter la triste réalité des changements climatiques, si bien qu’on se sent sur la corde raide tout au long du documentaire.

Personne n’y a échappé. Les plus gros ont aussi eu leur lot de *%!?#*. Même avec la plus grande volonté du monde, quand la vie semble s’acharner sur son cas, la tentation est grande de prendre un petit raccourci. Mais Pascal n’y déroge pas. Sa résilience est à toute épreuve, aucun produit chimique ne touchera ses vignes, même si c’est bien plus difficile à gérer qu’il y a 20 ans.

Grand cru est une immersion en quatre saisons dans les aléas de la vie d’un vigneron philosophe et encore poète à ses heures. Un documentaire terre à terre, non moralisateur, qui dépeint avec brio la grandeur de l’homme et sa quête d’une culture artisanale et biodynamique. Un film que tout amateur de vin devrait voir.

Sexologie

Le doigt à la bouche

Madame, votre ou vos hommes ne sont pas le ou les seuls à apprécier cette introduction du possible index dans l’âtre du bec d’autrui. Explorons donc cette tendance du doigt dans la bouche.

Érotisme de la bouche

Ce n’est pas étonnant que plusieurs individus recherchent le plaisir au-delà des fameuses zones normalement associées au monde sexuel. L’excitation peut certainement venir d’ailleurs, à commencer par la bouche qui, soit dit en passant, ne sert pas uniquement à se nourrir, à chanter ou à siffler!

La bouche a de grandes capacités érogènes. Munie de terminaisons nerveuses en quantité plus qu’industrielle, elle trouvera son compte, par ses lèvres, sa langue, mais aussi ses papilles gustatives. Elle saura stimuler par les mordillements, les lèchements ou les mâchonnements, du doigt ou d’autre chose.

Suggestion pornographique

Avec ou sans imagination à tout casser, le doigt peut faire penser à une forme plus longue que large pas si loin de l’apparence pénienne. Une prémisse à la fellation que cette similitude aux allures phalliques? Un bonheur pour les yeux? Une anticipation vers un futur rapproché? Peut-être!

Peu importe, un peu comme le laissent présager ces films pornographiques qui montrent plus que régulièrement des actrices frôlées la mort par orgasme à force d’acharnement phalangien, il n’est pas étonnant que quelques-uns aient pu croire qu’il s’agissait de la pratique du siècle. Pourtant…

Soumission/domination

Dans le principe soumission/domination, je vois aussi une explication. La pratique d’insérer un objet dans la bouche de l’autre, y compris un doigt, par sujétion et autorité, est monnaie courante dans la sphère du sadomasochisme, que ce soit pour contraindre, faire taire ou restreindre la communication. Voilà toutes des explications à la pénétration buccale. Un jeu qui vous plaît? 

Tous unis vers cette préférence?

Doigt dans la bouche, doigt dans la bouche… Crions-nous ici à une généralité? Absolument pas. En fait, croire qu’il s’agit d’une habitude rejoignant l’ensemble de la gent masculine serait une erreur. Comme dans tout, il y en a pour tous les goûts. Je pousserai même l’explication en vous confirmant qu’il y a aussi des femmes qui aiment et d’autres qui détestent cette technique. C’est selon! 

Préparation minimale

Grande est la surprise, et pourquoi pas le malaise, quand, pour la première fois, l’emboîtement du doigt se fait sentir. Imaginez-en plus lorsqu’il y a eu caresses génitales. De quoi en laisser plus d’un penaud et attirer les morsures dans tous les sens du terme, non? 

Rien n’est aussi efficace que la communication. La préparation de cette pratique digitale commence elle aussi par là. Demander, en voici une bonne idée éloignant sursaut, brusquerie, malentendu, inconfort, et surtout, bouleversement de la relation sexuelle. 

La bouche est également un orifice nécessitant à la fois respect et invitation. 

À vous de traiter la vôtre et celle de votre chéri comme elles se doivent. 

Bonne continuité, Madame! 

À la vôtre

5 vins à moins de 20 $

CHRONIQUE / Chères lectrices et chers lecteurs qui n’osent s’aventurer dans l’espace cellier,

Cette chronique est pour vous. J’aimerais démocratiser ces quelques pieds carrés de la SAQ qui peuvent parfois sembler être l’apanage d’une élite au portefeuille bien garni. Et pourtant, si vous saviez combien cette caverne d’Ali Baba regorge de petits joyaux à petits prix n’attendant que d’être découverts. Pour preuve, je vous offre sur un plateau d’argent 5 excellents vins entre 15 et 19 $ — 5 spécialités à moins de 20 $ pour vous faire plaisir à prix doux.

Le Bourlingueur

Au resto d'une « Master Chef » au Mexique

CHRONIQUE / Mine de rien, à travers toutes les Murailles de Chine et les opéras de Sydney, l’art culinaire constitue à lui seul une excellente raison de voyager. On a beau s’intéresser à la pyramide de Chichén Itzá ou avoir envie de se prélasser sous les palmiers, tôt ou tard, il faudra se mettre à table.

Au Mexique, en matière de panorama, les restaurants de la plage de San Pancho se sont distingués des autres. Contrairement aux salles à manger extérieures des complexes hôteliers, à San Pancho, pas de piscine ou de clients qui trimballent leur valise. Au coucher du soleil, les vagues se brisent violemment sur le sable en renvoyant leur écho vers un horizon rosé. Le temps s’arrête.

Toujours à l’ouest, un des trésors se cache dans la petite ville de San Blas, connue comme un repère des ornithologues. Le restaurant El Delfin serait l’un des meilleurs de toute la province de Nayarit. On le trouve dans l’hôtel Garza Canela, une entreprise familiale ayant ouvert ses portes dans les années 1970, et il est dirigé par la chef Betty Vazquez.

Betty qui?

Betty Vazquez agit comme juge à la populaire émission Master Chef Mexico, l’équivalent des Chefs ici. Elle a étudié au Cordon bleu de Paris et a travaillé avec le chef Juan Mari Arzak, propriétaire d’un restaurant espagnol décoré de trois étoiles Michelin.

Le restaurant et l’hôtel sont tenus par les quatre sœurs Vazquez, leur frère et leur mère. On y retrouve le Mexique des années 1970 dans une salle à manger intimiste où les poutres en bois et les grandes fenêtres nous plongent dans le passé.

Pourtant, les recettes sont modernes, mélangeant les saveurs mexicaines aux techniques classiques de l’Europe.

Lors de notre passage, un menu bien spécial nous attendait. Ce menu change d’ailleurs chaque année avec de nouvelles créations. La salade de pieuvre, mangue et pommes fusionnait des saveurs que je n’aurais jamais pensé marier. Il fallait ajouter une soupe bacon et fromage et un succulent filet de mahi-mahi avec crevettes et légumes.