À la vôtre

La crème des mousseux pour les fêtes

CHRONIQUE / À l’approche des fêtes, les occasions spéciales se multiplient au même rythme que le doux pop des bouteilles de mousseux. En effet, rien de mieux que quelques coupes scintillant sous la valse exaltée des bulles pour donner le tempo à la fête!

En hommage à l’année 2017 qui s’est déroulée sous le signe de la diversité, voici des suggestions de mousseux d’origines variées qui se sont bien démarqués par leur rapport qualité-prix-plaisir. Que vous soyez prosecco, cava, crémant, champagne ou franciacorta, vous trouverez une bulle sur laquelle danser et vous éclater. Vous constaterez que les crémants se sont particulièrement bien illustrés — leur proposition singulière amenant hors des sentiers battus et provoquant de belles effervescences.

P. S. : Comme cette chronique paraît dans plusieurs quotidiens du Québec et que certains produits sont offerts en quantité très limitée, prenez soin de vérifier leur disponibilité avant de vous rendre en succursale.

LES BONNES AFFAIRES

Prosecco valdobbiadene superiore, Brut,
Nino Franco
(SAQ : 349 662 — 21,30 $)

Sexologie

Le miroir et vous, un bon ménage?

Évitement, arrangement, contemplation, en fait, je devrais plutôt vous demander quelle est la perception que vous avez de vous-même, avec ou sans miroir ?

Au-delà de l’objet ne réfléchissant que banalement votre image, je me questionne à savoir quelle vision portez-vous sur cette personne globale que vous êtes? Votre ego pourra possiblement en témoigner.

Je parle de celui dont l’univers du web s’entend pour définir comme étant la représentation et la conscience que chacun possède de soi. 

Il est tantôt considéré comme le fondement de la personnalité, mais plus encore, c’est ce fameux « moi », ce « je » forgeant l’individu, comme le dirait si bien Freud et sa gang de psychanalystes. 

Grosso modo, c’est la valeur que l’on a, ou du moins que l’on croit avoir, à ses propres yeux, mais aussi aux yeux d’autrui.

À partir de là, chers lecteurs, dites-moi comment se porte donc votre ego à vous. 

Faible

Tout petit, mini, rikiki qu’est l’ego, certains ne donnent pas cher de leur personne. Né pour un petit pain, cette expression résignant l’individu à ne pas valoir grand-chose, en voilà une analogie pouvant expliquer ce à quoi rime l’ego faible. 

L’incapacité à reconnaître ce qu’il y a de beau chez soi, ses forces, qualités, valeurs, mène trop souvent à l’envie finalement de jouer à l’homme ou la femme invisible. 

Ne se sentir à la hauteur de rien apporte cette impossibilité à vivre d’audace, de prendre des risques, de recevoir des autres. Vulnérabilité incombe alors ce trop timide, modeste, renfermé qui ne peut s’affranchir.

Juste assez

Parce que de l’ego, ça en prend dans la vie. Bien que notre éducation, que je considère encore à ce jour basée sur ces valeurs judéo-chrétiennes, nous limite à ne pas trop s’orgueuillir de son plein potentiel, je ne vois pas de mal à se percevoir comme cette personne digne de reconnaissances tant de sa part que de celle des autres ! Ajoutant à ceci la vertu de faire preuve d’autocritique en voyant aussi ce qu’il y a d’un peu moins flatteur chez soi, un bel équilibre se forme, lequel permet l’affirmation, la confiance et, bien sûr, la possibilité de se choisir.

Trop

Quand trop c’est trop, dommages collatéraux s’en suivent. Oui, si vous ne le saviez pas, je vous annonce qu’il y a de ces gens qui ont trop d’égo ! Qui, en effet, ne se contentent pas de se voir comme ces êtres merveilleux, mais qui en plus, se considèrent bien au-dessus de la mêlée. Plus beaux, plus fins, plus intelligents, plus importants, ces derniers font du commun des mortels des êtres évidemment inférieurs. Pouvoir en découle forcément ensuite. Comment faire autrement quand seuls un regard, une présence, un contact sont perçus par eux comme un privilège ? Imaginez en plus l’exponentiation probable lorsque argent, responsabilités professionnelles ou autres il y a ? Tout devient possible, même l’inacceptable. 

La violence sexuelle est trop souvent la résultante d’actes commis par ceux qui ont, entre autres, un ego surdimensionné. La perception qu’ils ont d’eux n’implique en rien la perception que vous devez avoir d’eux. Nuance importante ! Puisque la vérité se retrouve toujours dans l’œil de la personne qui la regarde, tant hommes que femmes, restez fidèle à la vôtre.

Le bourlingueur

Les dangers de la montagne fumante

CHRONIQUE / Quand j’ai choisi l’Éthiopie comme destination, un peu à l’aveuglette, à la dernière minute, j’ai omis de consulter le site du gouvernement du Canada, comme je le fais toujours. Pour plusieurs zones du pays, on recommandait d’éviter tout voyage non essentiel.

Quand j’ai choisi l’Éthiopie comme destination, un peu à l’aveuglette, on m’a immédiatement suggéré de visiter la dépression de Danakil, une des régions les plus inhospitalières dans le monde. L’Erta Ale, dont le nom signifie « montagne fumante », est un volcan qui culmine à 613 mètres d’altitude. On peut le visiter en même temps que les déserts de sel et les lacs de soufre de la région.

Grimper le volcan, c’était le point culminant du voyage, le moment que j’attendais avec le plus d’impatience. Le seul vrai moyen d’y accéder passe par un tour organisé. Des guides négocient un droit de passage avec le peuple Afar, installé dans la région. Des gardes armés assurent notre protection, à deux kilomètres de marche de la frontière tumultueuse de l’Érythrée.

J’avais bien lu qu’en 2012, cinq personnes ont été tuées et deux kidnappées par des rebelles. Mais le calme semblait revenu. Pourtant, le jour de mon ascension, le 29 novembre, je ne me doutais pas qu’une fusillade prendrait la vie d’un touriste allemand, quatre jours plus tard, là où j’avais posé les pieds. Ces kalachnikovs, trimballées nonchalamment par nos gardes armés, n’étaient donc pas vouées qu’à nous impressionner.

Ce jour-là, pourtant, rien ne laissait croire à un réel danger. Sous le soleil de plomb de Mékélé, la deuxième ville en importance en Éthiopie, une caravane d’une dizaine de voitures a pris la route du désert, s’arrêtant dans un village le temps de boire un thé.

À travers la steppe, les 4X4 roulaient ensuite sur un bitume tout neuf avant de bifurquer dans le sable où les Chinois ont amorcé la construction d’une nouvelle route. En attendant le chemin balisé, comme des enfants, les chauffeurs ont pris chacun une direction, contournant des obstacles et laissant à leur traîne des nuages de poussière. Pour les derniers 11 kilomètres, ils ont toutefois adopté la vitesse tortue, roulant pendant plus d’une heure sur d’inégales pierres volcaniques.

À l’entrée du campement de base, un épouvantail revêtant un habit militaire offrait un salut figé. Perchés quelques mètres plus haut, des soldats bien vivants observaient tout le campement. En toile de fond, un danger tacite dont personne ne parlait vraiment.

Nous nous sommes posés en attendant que la nuit tombe, assis sur des chaises de fortune pour engloutir un plat de pâtes. L’accès au cratère était prévu une fois la nuit tombée à cause de la chaleur trop accablante le jour. Parce que le spectacle de la lave en fusion, aussi, serait plus impressionnant en pleine noirceur.

Bière

Six brasseries à surveiller en 2018

CHRONIQUE / Il ne reste que quelques jours à l’année 2017. Elle aura été riche en actualités brassicoles. Que nous réserve 2018 ? Fort probablement une année pleine de nouveautés, de nouvelles brasseries et de nouveaux projets, comme les années précédentes. Mais si vous ne deviez surveiller que six brasseries, quelles seraient-elles ?

PIT CARIBOU, ANSE-À-BEAUFILS
La brasserie qui a réussi, en 2017, à faire changer les règlements liés au brassage de la bière pour libéraliser la fermentation naturelle et réellement sauvage. Autrefois, la main de l’homme ne touchait jamais la levure, celle-ci était ensemencée par un procédé naturel du contact du moût avec l’air ambiant. En cette ère contemporaine, la levure est ajoutée par le brasseur, dans le but de produire une bière proche d’un style d’inspiration ou d’un profil particulier. Au Québec, il était interdit d’ensemencer son moût naturellement. La brasserie a réussi à démontrer, avec l’aide de la communauté, que l’ensemencement naturel et sauvage est un procédé tout aussi sain que l’ensemencent à la main. 2018 sera donc l’année de la levure sauvage et, si on se fie aux produits qui sont apparus sur les tablettes au cours des dernières semaines, nous aurons droit à des produits de cultures variées aux profils­ aromatiques tout aussi variés.

BRASSEURS ILLIMITÉS, SAINT-EUSTACHE
Une brasserie dont on n’entend pas beaucoup parler, mais qui, dans les prochaines semaines, va augmenter considérablement sa capacité de production, de fermentation et de stockage. Un changement de l’image et des étiquettes est également en transition. Brasseurs illimités jouit d’une bonne réputation auprès des détaillants, car elle a développé, depuis plusieurs années, une relation axée sur le partenariat. Son portefeuille de produits est varié et apprécié par de très nombreux consommateurs. Bref, une brasserie qui n’est pas très souvent citée par les amateurs les plus avertis, mais qui a déjà démontré qu’elle savait très bien où elle s’en allait. À suivre.

BIÈRERIE SHELTON, MONTRÉAL
Darryl Shelton est connu dans le milieu des brasseurs amateurs pour avoir gagné de très nombreux concours ces dernières années. En 2017, il a décidé de se lancer en affaires et de développer ses recettes en partenariat avec la brasserie Oshlag, offrant ses installations à de nombreuses « brasseries » montréalaises. Les amateurs ont pu déguster, entre autres, la NEIPA, la Saison sure houblonnée et très prochainement l’Imperial Stout. Dans la catégorie des bières très houblonnées, la concurrence est rude et difficile. Sans compter qu’il est de plus en plus difficile d’attirer le regard du consommateur averti, de moins en moins fidèle, excité par tant de nouveautés. Mais Shelton arrive à tirer son épingle du jeu en offrant des bières justes, bien équilibrées et « tendance ». Darryl a déjà démontré plusieurs fois qu’il arrivait à lire le marché des bières tendance. Je lui souhaite beaucoup de plaisir en 2018.

BRASSERIE AUVAL, VAL-D'ESPOIR
Benoit Couillard, propriétaire et brasseur de la Microbrasserie Auval­, a toujours voulu garder le brassage artisanal à échelle humaine. Voilà pourquoi sa brasserie n’est pas en mesure de répondre à une demande bien plus forte que l’offre. Car la brasserie jouit d’une excellente réputation qui ne dérougit pas. De très nombreux amateurs avertis parcourent des kilomètres pour mettre la main sur quelques bouteilles, partout au Québec. 2018 sera-t-elle sous le même signe ? Est-ce qu’il sera toujours aussi difficile de trouver ses produits ? Susciteront-ils toujours autant d’intérêt ? Le marché de la bière se régionalise, la brasserie Auval est un magnifique exemple de développement du terroir et de l’artisanat dans un contexte plus proche de l’artisan boulanger que de la boulangerie semi-industrielle. Un dossier à suivre avec intérêt l’année prochaine.

LAGABIÈRE, SAINT-JEAN-SUR-RICHELIEU
Lorsque les frères Laganière ont décidé de produire leur IPA Ta Meilleure en canette, ils ne s’attendaient pas à un accueil aussi favorable auprès des amateurs du style. Et quand vous passez à la caisse et vous voyez que la bière est vendue à un prix tout à fait raisonnable, vous n’hésitez pas à en recommander. Un « success story » qui a propulsé Lagabière sur l’échiquier des brasseurs d’IPA tendance. 2018 sera donc une année charnière pour cette jeune brasserie de la Rive-Sud de Montréal. On devrait être très agréablement surpris des différents produits que nous réserve la brasserie, surtout pour l’été 2018. Avez-vous goûté Ta Plus Meilleure ? Me semble qu’elle sera « encore plus meilleure » en canette.

MICROBRASSERIE BEEMER, ROBERVAL
Connaissez-vous la Micro­brasserie Beemer ? Fort probablement que vous n’en avez jamais entendu parler. J’ai choisi la brasserie Beemer comme symbole de tout nouveau projet qui s’installe en région et qui décide de distribuer ses bières dans son marché local. Beemer, c’est l’histoire de passionnés qui se lancent en affaires et ouvrent leur brasserie à Roberval en 2017. J’ai eu l’occasion de les visiter et de goûter leurs produits. J’ai adoré leur pilsner; elle n’a rien à envier à certaines interprétations québécoises. Lâchez-leur donc un coup de téléphone, me semble que 2018 devrait être une excellente année pour les gars de Beemer et qu’on pourrait en trouver un peu chez les détaillants spécialisés. N’est-ce pas justement le rôle des détaillants spécialisés de nous dénicher des produits régionaux ?

Sexologie

L’orgasme, c’est quand le bon moment ?

CHRONIQUE / Maintenant, avant, après, pendant, en même temps… L’orgasme, c’est quand le bon moment ?

Légitime que ce questionnement à savoir quel est le momentum idéal pour jouir en duo. En premier, en dernier, synchronisé, il y a tant de possibilités, comment convenir de l’instant désiré?  Puisqu’il n’existe pas de chronologie en soi dans l’art de prendre son pied, déboulonnons cette quête idéalisée qu’est la séquence orgasmique parfaite !

Les femmes d’abord !

Quasi une croyance populaire, nombreux sont ceux persuadés que l’ordre des « choses » suppose que « ladies » jouissent les premières. Par souci de bienséance uniquement ? Permettez-moi d’en douter ! J’irai davantage dans le sens qu’il s’agit là d’un modèle plus qu’incrusté.

Toujours premières à beugler leur plaisir, à se défigurer à force de satisfaction, à en demander encore et toujours plus film après film, téléroman après téléroman, publicité après publicité, facile de déduire que la tête du peloton leur revient ! Par devoir, obligation, nécessité, conviction ou pourquoi pas altruisme, pas étonnant que l’on tende à garder l’homme en dernier ou que la relation sexuelle s’achève une fois que ce dernier a vu l’ours. Fausse croyance…

À votre tour gentlemen

Justement messieurs ! Puisque vous êtes nombreux à miser seulement et uniquement sur une érection d’Apollon pour faire jouir ces dames, combien d’entre vous ménagent leurs va-et-vient de peur de n’être plus bon à rien une fois l’apogée venu. La période de latence, soit celle se rapportant à la durée entre l’éjaculation et la prochaine érection étant souvent perçue comme toute finalité explique possiblement ce phénomène. Pourtant…

Grand bien vous fera alors de comprendre que vos capacités à donner du plaisir vont au-delà d’un pénis en érection. Les mains, la bouche, les accessoires, l’imagination restent tous en fonction après l’explosion ! Pourquoi alors ne pas faire diversion à la sacrosainte pénétration ? À vous aussi d’être les premiers !

1, 2, 3, go !

Parce qu’il y a aussi de ceux qui font tout à deux et qui recherchent à vivre l’orgasme au même instant, voire symbiotiquement. Amusant de temps en temps. Éreintant quand il faut que ce soit tout le temps !

Adios spontanéité, il y a de quoi se modérer, être attentif à la fois à son crescendo, mais aussi à celui de l’autre, se tempérer, se limiter, bref se gérer. Qui sait, à force de retarder un plaisir imminent, de ralentir une cadence bouillante ou, au contraire, de tenter le tout pour tout histoire de rattraper l’autre, n’y a-t-il pas risque de carrément rater son propre tempo ? J’en ai bien peur.

Prêt, pas prêt, j’y vais !

Puisque la réponse sexuelle comporte sa montée vers l’acmé, de vouloir la contrôler pour une question d’ordre logique m’apparaît un possible « turn-off» révélant à la fois une quête de routine, mais aussi une éventuelle résistance au changement.

« L’occasion fait le larron », dit-on. Alors, pourquoi ne pas simplement saisir l’opportunité lorsqu’elle se présente ? 

Vous le sentez ? Vous en avez envie ? C’est pour maintenant ? Alors, jouissez comme si vous étiez le dernier ! À votre tour ensuite d’accompagner l’autre vers cette requête si tel est son désir. 

Maintenant, avant, après, pendant, en même temps, en premier, en dernier, synchronisé…

Peu importe ! Le bon moment pour jouir en duo, c’est certainement n’importe quand. Quand on parle de plaisir réciproque, rien ne sert d’établir des plans. Il suffit de se laisser aller au gré du vent. 

À votre tour maintenant…

À la vôtre

Ton vin a-t-il été FML?

Tout le monde connaît la fermentation alcoolique, un procédé miraculeux par lequel le jus de raisin se trouve transformé en vin ou en bonheur à l’état liquide. Et pourtant, une autre fermentation plus obscure se produit parfois, entraînant du coup des changements importants dans le profil du vin.

Deux blancs 100 % chardonnay provenant du même terroir et du même millésime sont totalement différents. L’un est bien frais et tout en fruit, l’autre est rond et moins acide. Pourtant, tous deux n’ont pas fait de fût de chêne.

Pourquoi? Il se pourrait bien que le deuxième ait fait sa fermentation malolactique, ou conversion malolactique, comme il serait plus convenable de l’appeler.

Cette conversion, aussi surnommée affectueusement malo ou FML est la transformation de l’acide malique (dur) en acide lactique (plus faible) et en gaz carbonique. Malique provient de malum, qui signifie pomme en latin (premier fruit dans lequel l’acide aurait été identifié), tandis que lactique tirerait ses racines de lactis, qui signifie lait en latin. La plupart du temps, la conversion malolactique survient après la fermentation alcoolique. Elle est souhaitable et systématique pour les rouges et optionnelle pour les blancs, selon le style désiré.

À terme, la malo diminue l’acidité du vin, donne de la rondeur, stabilise et apporte de nouveaux arômes. 

Elle profite grandement aux rouges septentrionaux à l’acidité mordante. De ce fait, ils gagnent en rondeur et en souplesse. Le champagne y est aussi normalement soumis pour abaisser l’acidité. Certains blancs s’y prêtent aussi naturellement bien comme le chardonnay. D’ailleurs, le chardo bénéficie tout particulièrement bien de la diacétyle, une molécule qui se développe pendant ladite fermentation et qui donne un arôme de beurre aux vins blancs. Amateurs de chardonnay, ça vous interpelle?

La conversion peut se mettre en branle naturellement au printemps, alors que la température des caves augmente, ou après la fermentation alcoolique si la température du vin est maintenue à bonne température (entre 20 et 22 °C). Bien qu’habituellement présente dans la plupart des vignobles, la bactérie lactique, responsable de la conversion de l’acide malique en lactique, est parfois ajoutée artificiellement d’une souche industrielle quand la malo est souhaitée.

D’autres vignerons choisiront d’empêcher la malo afin d’embouteiller un vin blanc plus frais et tout en fruit. Une décision que prendront aussi les producteurs dont les raisins sont bien mûrs et déjà faibles en acidité, comme c’est souvent le cas dans les régions chaudes ou lors de millésimes caniculaires. Enfin, d’autres producteurs qui laissent libre cours à la nature, prendront le vin comme il vient — avec ou sans FML.

Vous avez des questions ou des commentaires? Écrivez-moi à caroline.chagnon@gcmedias.ca.

Suggestions de la semaine

Dão 2015, Quinta dos Roques (SAQ : 744 805 — 15,90 $)

Bière

La bière de Noël, une tradition contemporaine

CHRONIQUE / Noël est à nos portes. Ses traditions ancestrales et coutumes d’un temps passé aussi. Vivement les brassins de Noël que l’on s’échange depuis des siècles, forts en goûts, chargés en épices et lourds en alcools. Des bières qui réchauffent. Et pourtant, la bière de Noël est au style ce que le père Noël est au danseur de polka : l’exception faite sourire. Quant aux coutumes d’un temps passé, elles sont beaucoup plus récentes que vous ne le pensez.

Réglons la question du style. La bière de Noël n’est pas un style, mais une tradition qui consiste à offrir ou s’offrir une bière, différente, pendant le temps des Fêtes. Il existe autant de profils de saveurs différents dans les bières de Noël qu’il existe de danseurs de polka (habillé en père Noël ou pas !).

Les épices, dans les bières de Noël, nous viennent principalement de la culture brassicole belge et du nord de la France. Depuis des décennies, on brasse des bières plus riches, plus rondes et plus épicées que la gamme habituelle de la brasserie. 

Prenons exemple sur la brasserie St-Bernardus. Ses bières rondes profitent bien de l’arrivée de la version « Noël » pendant le temps des Fêtes, mais c’est dans sa tradition de brasser des bières riches et bien maltées. Les traditions brassicoles influencent beaucoup le profil de saveurs des bières de Noël. Offre différente du côté la brasserie Dupont, à Tourpes en Belgique, sa bière de Noël étant une saison impériale, bien houblonnée, toute en fraîcheur et très attendue. On est bien loin de la brune ronde, épicée et alcoolisée. Pourtant, ce sont deux bières de Noël.

Quittons la Belgique pour découvrir les bières de Noël de l’Allemagne ou du Danemark. On est alors bien loin des bières très épicées, mais plutôt sur un profil très peu malté et beaucoup plus digeste. Elles sont très souvent de type lager. Le point commun avec les bières de Noël en Belgique ? Elles sont disponibles à Noël, tout simplement.

Au Québec, nos brasseurs s’inspirent des différentes coutumes des pays influenceurs brassicoles pour proposer styles et traditions du vieux continent. Les bières de Noël n’y échappent pas. Alors, pourquoi proposer le plus souvent des bières épicées ? Car la culture belge et française est beaucoup plus proche de la nôtre que la culture d’un pays scandinave, par exemple. 

Plusieurs initiatives, pour le temps des Fêtes, sont déjà disponibles ou le seront dans les prochains jours.

  • La Résurrection de Broderus, de la brasserie Dunham, nous revient cette année avec un ajout de pommes grenades, sirop d’érable et levures brettanomyces. La brasserie la définit comme une saison de Noël.
  • La Grivoise de Noël, la version plus épicée de la Grivoise Double du Trou du Diable, est actuellement distribuée partout au Québec.
  • La Réserve de Noël, des Trois Mousquetaires, nous revient également avec une belle dose d’épices et un corps bien rond. Une bière liquoreuse, parfaite pour les desserts.
  • Le Domaine Berthiaume vous invite à découvrir la Zeppelin de Noël. Dans la tradition des bières fortes en alcool.
  • Le Brouhaha sortira très prochainement le Sang de Lutin, une saison aux canneberges, habaneros et poivre Sichuan. On est loin des traditions belges...
  • Vox Populi prépare l’arrivée de sa Kettle Sour à la canneberge. Une bière acidulée, aromatisée aux fruits. 
  • Même les brasseries belges sont fières d’envoyer des bières de Noël au Québec avec la Père Noël de la brasserie De Ranke. Une ambrée, à la levure belge, bien amère, avec ajouts de réglisse. 
  • Brasseurs RJ propose également sa Snoreau, une bière ambrée, épicée, aux notes de fruits et légèrement acidulée. Un secret bien gardé dans le monde des bières.
  • L’Atelier du père Noël de la brasserie Le Temps d’une Pinte, à Trois-Rivières, sera très prochainement disponible. Une bière plus « traditionnelle » pour les amateurs du genre.
  • Brasseurs du monde nous a sorti de bien belles bouteilles, emballées dans un papier imprimé, rappelant les bières belges de la brasserie Liefmans. J’ai particulièrement apprécié la Saison impériale hiver aux épices. 


Mais si vous ne deviez en découvrir qu’une, je vous invite à vous procurer la Messe de Minuit des Brasseurs du Temps. La libre inspiration des bières de Noël de Belgique, bien épicée, bien ronde, bien alcoolisée. Dégustée avec un morceau de chocolat, l’accord est gourmand.

Vous l’aurez compris, les bières de Noël n’ont pas de profil aromatique type ou de cahier des charges précis. Elles ont toutes un point commun : elles se boivent pendant le temps des Fêtes et sont d’excellentes raisons d’offrir un peu de bonheur à l’un de vos proches.

Bonne dégustation !

Le bourlingueur

La liberté derrière le volant

Marcher, c’est bon pour la santé. Encore plus à l’étranger. Parce qu’il n’y a rien comme découvrir une ville en se perdant d’une rue à une autre, en tombant par hasard sur un parc, une église étrange ou un restaurant dissimulé au fond d’une cour.

N’est-il pas satisfaisant de déambuler dans Paris, sans plan ni guide, et de voir se déployer les Champs Élysées devant nous, par pur hasard? Orgueil et esprit d’aventure s’emportent, comme un pied de nez aux circuits touristiques préfabriqués. Nous y sommes arrivés sans l’aide de qui que ce soit!

Je préfère donc toujours la marche au métro ou au transport en commun, quand la distance le permet, pour explorer davantage. Mais il est là le hic : la distance. Et quand on choisit de se perdre au-delà des gratte-ciel et des boucles des circuits de tram, il reste à s’acheter un billet de bus ou de train, et à se laisser porter, ou à louer une voiture et la laisser nous conduire dans les lieux les plus inusités.

Road trip! Y’a pas d’expression francophone qui décrive mieux l’ivresse d’être son propre chauffeur vers nulle part dans un fuseau horaire tellement loin qu’on oublie les largesses du décalage.
Mon permis de conduire international en poche, j’ai entrepris de louer une bagnole à Melbourne, Australie. 

Il y a les frais de location, l’assurance, l’essence, mais il y a aussi la satisfaction d’être maître de son chemin.

Voyageant en solo, j’avais lancé un appel à tous dans mon auberge de jeunesse pour me trouver quelques passagers. Direction : la Great Ocean Road, considérée comme une des plus belles au monde, qui longe la côte vers le sud jusqu’à Warrnambool. Les bus touristiques remplis de photographes amateurs la parcourent aller-retour en une journée. Trois petits clichés et puis s’en vont. Moi, je voulais prendre mon temps.

Un Français et une Allemande ont répondu à l’invitation. Pendant que je tenterais de maîtriser la conduite dans la voie de gauche, mon volant bien fixé à la droite du véhicule, mes nouveaux compagnons apprendraient à se connaître.

Et nous étions en route.

À la vôtre

L’Alto Adige, dans toute sa diversité

CHRONIQUE / Les paysages époustouflants et inattendus de l’Alto Adige prennent place dans la partie la plus au nord de l’Italie, dans la région du Trentin-Haut-Adige. Ici, la proximité avec l’Autriche est aussi géographique que culturelle. En effet, en plus de l’italien, l’allemand y est largement parlé puisque l’Alto Adige a longtemps appartenu à l’Autriche avant d’être annexé à l’Italie après la Première Guerre mondiale.

Une diversité culturelle certes, mais aussi géologique et climatique où il fait bon vivre pour une vigne.

En observant le panorama de l’Alto Adige, aussi surnommé Dell’Alto Adige ou Südtirol(er), on comprend d’où provient toute cette diversité. Les Dolomites (carbonate, calcium et magnésium) et les porphyres (roche d’origine volcanique) forment de nombreux reliefs et sommets imposants pouvant s’élever jusqu’à 3900 mètres. La vigne y pousse à flanc de coteaux, à des hauteurs souvent vertigineuses grâce au mur naturel que forment les Alpes contre les vents nordiques. Plus de 20 variétés de cépages s’y enracinent joyeusement, dont plusieurs internationaux : le pinot blanc, le sauvignon blanc, le pinot gris, le gewürztraminer et le chardonnay. Le climat et les sols favorisent certes grandement l’épanouissement des blancs, mais des cépages noirs tels que le cabernet sauvignon ainsi que des variétés autochtones comme le lagrein tirent aussi très bien leur épingle du jeu.

Le Bourlingueur

La galère de Florence

CHRONIQUE / C’était une autre décennie. Je ne m’étais encore jamais aventuré en dehors de l’Amérique du Nord. J’avais tout prévu. Tout. Des horaires de train aux auberges de jeunesse où je dormirais pendant tout un mois. Tout prévu, sauf ça...

Avant de partir, j’avais pris soin d’anticiper chaque pépin. Pour la carte de guichet automatique, on racontait qu’il fallait un code à quatre chiffres, sans quoi certains lecteurs européens ne reconnaîtraient pas notre technologie. Il fallait que la carte porte le logo « plus », pour valider qu’elle fonctionnerait à l’international.

J’avais commandé deux cartes de crédit : une Visa, une MasterCard. On n’est jamais trop prudent.

Les chèques de voyageurs? Pourquoi? On avait bien passé le cap des années 2000.

J’avais rêvé de Rome depuis que j’avais vu le Colisée dans mes livres d’histoire. Pour une première incursion sur le Vieux Continent, je ne pouvais ignorer la fontaine de Trévi, mythique. Aussi ai-je pris le temps de traverser la place Saint-Pierre, déserte à cause de la pluie, et de m’arrêter à la chapelle Sixtine, où des surveillants répétaient « no photo » sans arrêt, pendant que les visiteurs s’entassaient toujours plus serrés.

C’était l’année des Jeux olympiques. L’Italie s’apprêtait à accueillir le monde entier plus au nord, à Turin et dans les montagnes environnantes. À trois semaines de la cérémonie d’ouverture, en plein mois de janvier, j’avais fait toutes les entourloupettes pour m’y rendre.

Pour ce faire, j’ai sacrifié Pise, impossible à atteindre dans mon trajet. Mais Florence. Florence! C’était bien sur la route.

Florence, c’est l’immense Duomo, cette cathédrale Santa Maria del Fiore. C’est surtout la statue du David, de Michel-Ange. Un incontournable.

J’ai pris le train à partir de Rome en matinée, avec un peu moins de 10 euros en poche, avec pour arrivée Turin, au nord, où un lit m’attendait pour la nuit. Ça me laissait un peu plus d’une demi-journée pour Florence, le temps d’une escale pour visiter les environs de la gare.

Il suffisait de laisser son bagage au comptoir de la gare, pour quelques euros, et on le surveillait pour nous. Voilà qui entamait encore un peu plus mon budget.

Pas de problème! 2006 avait fait son œuvre. Au premier guichet automatique, je retrouverais de quoi payer ma pitance.

Sauf que... Sauf que le distributeur de billets a recraché ma belle carte toute neuve, pourtant frappée du logo « plus ». La carte de ma compagne de voyage, qui n’avait plus que quelques pièces en poches également, avait subi le même sort.

Il faut dire qu’il arrive que certaines banques ne soient pas compatibles avec les nôtres... ou que le distributeur soit tout simplement vide de ses billets. Quand la situation se présente, vaut mieux tester une autre machine.

Après trois banques différentes, j’ai compris que quelque chose clochait. C’était avant que l’internet soit universel. Que les téléphones intelligents, au bout des doigts, nous permettent de régler tous nos problèmes en moins de cinq minutes. Parler à un humain, directement sur place, demeurait la meilleure solution.