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UNIVERSITÉ LAVAL AU CŒUR DE NOS VIES

Comment lutter contre la pauvreté en milieu rural ?

En collaboration avec Le Soleil, l’Université Laval signe une série d’articles présentant les retom­bées de ses recherches sur le quotidien des gens. Cette semaine, nous mettons en lumière la Faculté des sciences infirmières.

En ville, la pauvreté est souvent bien visible et on retrouve une foule de ressources pour aider ces personnes en difficulté financière. Hors des grands centres, le phénomène est généralement beaucoup plus caché, mais ces gens ont tout aussi besoin de soutien. Sophie Dupéré, professeure à la Faculté des sciences infirmières (FSI) à l’Université Laval, a réalisé avec des collègues de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) et le Réseau québécois de villes et villages en santé (RQVVS) un projet de recherche sur ce sujet. L’objectif était de mettre en lumière des initiatives de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale en milieu rural pour aider d’autres municipalités à passer à l’action. 

Si la dure réalité de la pauvreté frappe rarement en plein visage lorsqu’on se promène en milieu rural, elle y est par contre aussi présente qu’en ville. En fait, d’après le recensement de 2016, près de 15% des personnes, en milieu rural comme en milieu urbain, vivent avec un faible revenu. C’est donc un peu plus de 224000 personnes résidant en campagne au Québec. 

«C’est une question qui est très peu abordée, constate Sophie Dupéré. S’il peut y avoir de la solidarité en milieu rural, la pauvreté est aussi très marginalisée et stigmatisée. En ville, il existe un certain phénomène d’anonymat, mais en milieu rural, on peut facilement se faire étiqueter de pauvre du village.»

Souvent, les personnes à faible revenu évitent donc d’avoir recours aux services disponibles pour les aider. Le fait de ne pas avoir de voiture peut aussi avoir un impact extrêmement grand sur la vie des gens en milieu rural où les services de transport en commun sont souvent absents ou peu développés. Même chose pour les logements sociaux. 

«Les gens qui vivent par exemple une perte d’emploi se retrouvent généralement avec peu d’options pour réduire leurs dépenses,  ils vont alors rester dans leur maison et couper dans d’autres besoins essentiels, comme l’alimentation, et vont s’isoler», explique Sophie Dupéré, qui se spécialise en santé communautaire. 

Pour ces raisons, les gens en situation de pauvreté ne sont pas toujours faciles à identifier en milieu rural. «Pour se faire un portrait de la situation, il faut aller parler au chauffeur d’autobus, à la bibliothécaire, à la coiffeuse, au propriétaire du dépanneur et aux intervenants communautaires qui voient bien des choses, énumère Sophie Dupéré. Il faut aussi regarder s’il y a des maisons et des appartements en mauvais état, des familles sans voiture, etc.»

 

UNIVERSITÉ LAVAL AU CŒUR DE NOS VIES

Mieux protéger les droits des aînés

En collaboration avec Le Soleil, l’Université Laval signe une série d’articles présentant les retom­bées de ses recherches sur le quotidien des gens. Cette semaine, nous mettons en lumière la Faculté de Droit.

Alors que la population vieillit, les aînés peuvent s’avérer une cible de choix pour des gens mal intentionnés. La protection de leurs droits passe souvent par l’information. En matière d’abus financiers par exemple, les juristes peuvent jouer un rôle en matière de prévention. Christine Morin, professeure à la Faculté de droit de l’Université Laval, travaille notamment sur cet enjeu. 

Savez-vous vraiment ce que signifie une procuration générale? Si vous la signez pour permettre à un proche de gérer vos biens et vos finances, pourrez-vous continuer à faire vous-même des transactions? Bien sûr que oui! Pourtant, lors d’une recherche-action, le quart de la centaine de personnes âgées autonomes sondées, de Montréal et Québec, n’était pas au courant. Cette étude de la Chaire de recherche Antoine-Turmel sur la protection juridique des aînés, dont Christine Morin est titulaire, a été réa­lisée avec Option consom­mateurs. On a aussi demandé aux participants si la procuration peut être révoquée en tout temps, sans l’accord du mandataire. Encore une fois, la réponse est affirmative et seulement les deux tiers des répondants étaient au courant. 

«Les avocats, les notaires et les conseillers financiers tiennent souvent pour acquis que tout le monde connaît cette information, mais nous avons vu qu’une grande proportion de personnes âgées ne connaissent pas bien les différents instruments juridiques qu’elles signent et qu’elles les signent néanmoins», explique Christine Morin. 

Ces documents peuvent bien sûr être très utiles. Par exemple, si une personne âgée passe plusieurs mois par année à l’extérieur du pays. «Si ces outils sont mal utilisés, ils peuvent cependant mener à des abus, précise Me Morin. C’est comme signer un chèque en blanc. Le man­dataire doit vraiment être de confiance.» 

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L’intelligence artificielle au service de la médecine de précision

En collaboration avec Le Soleil, l’Université Laval signe une série d’articles présentant les retom­bées de ses recherches sur le quotidien des gens. Cette semaine, nous mettons en lumière la Faculté des sciences et de génie.

L’intelligence artificielle (IA) se trouve déjà à plusieurs endroits, comme derrière votre autocorrecteur, dans la reconnaissance faciale de Facebook ou derrière la machine devenue imbattable aux échecs. Prochainement, votre médecin pourrait, grâce à l’IA, vous prescrire des médicaments en fonction de votre profil bien particulier pour maximiser les chances de succès du traitement. C’est, entre autres, ce sur quoi travaille François Laviolette, chercheur dans le domaine de l’IA au Département d’informatique et de génie logiciel (IFT) de la Faculté des sciences et de génie de l’Université Laval (ULaval).

«Plus on sera capable de bien comprendre le corps humain et les spécificités de chaque personne, meilleurs seront les diagnostics et la prédiction de la réponse ou de la non-réponse d’une personne à un médicament à l’aide de l’IA, explique François Laviolette. Nous sommes encore au début des avancées de l’IA en médecine personnalisée: le meilleur est à venir.»

L’un des enjeux qui freinent le développement de l’IA en santé est l’accessibilité aux données. «Généralement, les études réalisées incluent une centaine de pa­tients, 1000 lorsqu’on est très chanceux, mais ce n’est pas suffisant pour bien faire fonctionner l’IA, précise le chercheur. La donnée, c’est ce qui fait fonctionner l’IA. Puis, les protocoles de recherche sont différents d’une étude à une autre, alors c’est complexe de combiner plusieurs études afin d’avoir accès à une quantité plus importante de données. Il faut aussi considérer l’enjeu très important de la protection des renseignements personnels.» 

Ces défis ne sont toutefois pas près d’arrêter François Laviolette. Il est d’ailleurs arrivé à développer un algorithme capable de prédire la résistance d’une bactérie à un antibiotique malgré la rareté des données. «Cela a été possible en intégrant à l’algorithme des connaissances a priori, comme les mécanismes les plus importants liés à la résistance, pour lui permettre de converger plus rapidement», explique François Laviolette, qui dirige aussi le Centre de recherche de données massives (CRDM) de l’Université Laval qui compte 50 chercheurs et développe des collaborations avec l’industrie en vue de mieux s’attaquer aux défis des données.