MOIS DE L'ARBRE ET DES FORÊTS

La forêt Mauricienne en chiffres

D'une superficie totale de 39 924 km2, la Mauricie est une vaste région qui offre un couvert forestier diversifié comprenant de la forêt boréale, de la forêt mélangée et de la forêt décidue (de feuillus). On y retrouve six des 10 domaines bioclimatiques du Québec, soit ceux de la pessière à mousse (6%), de la sapinière à bouleau blanc (42,2%), de la sapinière à bouleau jaune (30,1%), de l’érablière à bouleau jaune (15,1%), de l’érablière à tilleul (6,2%) et même celui de l’érablière à caryer cordiforme (0,4%) qui est le domaine le plus méridional du Québec.

Sur les 35 448 km2 de terre ferme de la région, pas moins de 33 881 km2 sont recouverts de forêt. De cette superficie boisée, 81% a le statut de forêt publique gérée par l’État québécois, 17% celui de forêt privée et les 2% restants sont sous juridiction fédérale et englobent le Parc national de la Mauricie et les communautés autochtones. Avec environ 96% du territoire recouvert de forêt de lacs et de rivières, on peut dire que la population mauricienne vit littéralement au cœur de la nature. Cette relation privilégiée avec le milieu forestier en permet de multiples utilisations à des fins industrielles ou récréotouristiques. 

Les activités industrielles

Les emplois qui, dans la région, découlent de l’exploitation de produits ligneux (fait de bois) sont diversifiés et se rapportent autant aux activités réalisées en forêt (secteur primaire) qu’à celles de première, deuxième ou troisième transformation (secteur manufacturier). 

En effet, du simple copeau de bois au meuble à haute valeur ajoutée, l’arbre peut être transformé de multiples manières. Dans un portrait de la Mauricie publié en 2012, le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ) comptabilisait 4714 emplois associés directement à l’exploitation de produits ligneux. Si le nombre de ces emplois a pu varier depuis, le développement de nouveaux secteurs d’activité, tel celui de la bioénergie, semblent prometteurs pour la région. 

À l’heure actuelle, une vingtaine d’usines de transformation du bois œuvrent en Mauricie et plusieurs d’entre elles sont en situation de recrutement. Cette tendance confirme ce que M. Luc Blanchette, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, anticipait au printemps dernier lorsqu’il estimait que 15 000 postes seraient à pourvoir dans le domaine forestier au cours des cinq prochaines années au Québec. 

Les perspectives d’avenir pour ce domaine sont d’autant meilleures que les produits dérivés du bois sont nombreux et laissent place à l’innovation. Plusieurs de ces produits demeurent pourtant méconnus du public. Par exemple, la cellulose, l’hémicellulose et la lignine extraites du bois interviennent dans la production de serviettes de bain, de dentifrices, de vernis à ongles, de produits de maquillage, de tampons désinfectants, de médicaments, de peintures, etc.

De plus, les ressources de la forêt ne se limitent pas à celles issues de la transformation du bois. Il faut y ajouter l’exploitation de ressources non ligneuses dont le sirop d’érable est l’exemple emblématique. D’après la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, pour la seule année 2016, 73 acériculteurs œuvrant en Mauricie ont produit 1 722 779 livres de sirop d’érable. 

Les activités récréotouristiques

La forêt mauricienne offre non seulement un bon nombre de ressources à ses utilisateurs, mais leur fournit aussi un milieu de vie pour pratiquer leurs activités préférées. De la cabane à sucre au printemps, au ski de fond en hiver en passant par le vélo de montagne en été ou l’observation des couleurs en automne, il y a toujours quelque chose à faire en forêt! 

Aussi, pour les mordus de chasse et de pêche, on compte 75 pourvoiries dans la région, dont 23 à droits exclusifs. À cela s’ajoutent les réserves fauniques St-Maurice et Mastigouche ainsi que 11 zones d’exploitation contrôlée (Zec). Ces dernières recouvrent de larges territoires situés sur des terres publiques. Gérés par des Organismes à but non lucratif (OBNL), les Zecs sont accessibles à tous et à toutes pour diverses activités de villégiature. 

La Mauricie est aussi reconnue pour son Parc national qui a attiré 217 252 visiteurs en 2017. Quant aux amateurs de VTT, ils trouvent dans la forêt mauricienne un véritable lieu d’évasion et de découverte. La motoneige prend le relai en hiver avec plus de 1 928 km en sentiers aménagés du lac Saint-Pierre au réservoir Gouin. Finalement, la forêt d’ici est un lieu culturel dans lequel on retrouve du théâtre, des spectacles musicaux, des camps de vacances et trois réserves autochtones atikamekw.