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MOIS DE L'ARBRE ET DES FORÊTS

Une forêt de possibilités

Chaque année en mai, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs et ses partenaires vous convient à célébrer et à découvrir notre belle forêt québécoise et ses multiples richesses en participant aux nombreuses activités qui se tiennent partout au Québec.

En cette édition 2018 du Mois de l’arbre et des forêts, je vous invite à découvrir la campagne Une forêt de possibilités et à partager autrement votre attachement à cette ressource verte et renouvelable. Découvrez aussi le Collectif pour une forêt durable, une mobilisation regroupant différents organismes afin de valoriser notre forêt québécoise et témoigner de l’importance des produits du bois, qui contribuent à la lutte contre les changements climatiques, et du développement durable de nos forêts. 

Profitez également des nombreuses activités qui se tiendront partout en Mauricie. Encore cette année, en partenariat avec l’Association forestière de la Vallée du Saint-Maurice (AFVSM) et plusieurs organismes, municipalités et écoles de notre région, le Ministère offrira gratuitement à la population de la Mauricie plus de 61 500 plants d’arbres.

Pour en apprendre davantage sur les activités de notre région et sur la distribution des plants, je vous invite à consulter le programme, fort varié du Mois de l’arbre et des forêts sur le site mffp.gouv.qc.ca.  Que vous utilisiez la forêt, que vous en viviez ou que vous l’aimiez tout simplement, je vous invite aussi à en découvrir toutes les possibilités sur le site : www.uneforetdepossibilites.com/fr.

Enfin, je remercie  l’AFVSM et tous nos partenaires pour leur implication et leur engagement à faire de ce mois, encore une fois, un événement tout particulier pour les gens de la Mauricie.

Bon Mois de l’arbre et des forêts 2018 à toutes et tous!

Cécile Tremblay
Directrice générale du secteur central. 

Région de la Mauricie et du Centre-du-Québec

Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Retrouvez le cahier dans sa version intégrale ici

MOIS DE L'ARBRE ET DES FORÊTS

L'occasion de découvrir la forêt de la Mauricie!

En mai, à l’occasion du Mois de l’arbre et des forêts, appelé communément le MAF, le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), l’Association forestière de la Vallée du St-Maurice (AFVSM) et de nombreux autres organismes régionaux soulignent l’importance de l’arbre et de la forêt.

La publication de ce cahier spécial signifie le début du MAF et vous offre l’occasion d’en apprendre davantage sur la forêt de la Mauricie. Ce cahier est le fruit d’une collaboration entre l’Association forestière et ses nombreux partenaires.  Tout au long du MAF, la population est invitée à se joindre aux différentes activités qui auront lieu un peu partout en Mauricie. Pour ce faire, vous trouverez à l’intérieur de ce cahier le calendrier des activités ouvertes au public. 

La forêt fait partie de notre histoire régionale. La forêt c’est plus que des arbres qui poussent. C’est un écosystème, une diversité de plantes, de champignons, de végétaux, d’animaux qui vivent ensemble. La forêt, c’est un territoire de lacs et de rivières, c’est un milieu de vie, un lieu de loisir, de plaisirs sportifs et de ressourcement. 

La forêt c’est aussi des hommes et des femmes qui y travaillent et utilisent ses ressources naturelles et renouvelables. Des professionnels passionnés qui l’aménagent avec l’objectif de la voir se renouveler année après année. La forêt c’est notre histoire, c’est le présent et le futur de milliers de personnes! 

La forêt c’est notre milieu de vie, elle est partout autour de nous, elle a beaucoup à offrir et pour apprécier ses bienfaits, il faut la connaître. Malgré la proximité de la forêt, la population la méconnaît et cette méconnaissance engendre des idées reçues, des questionnements et des préjugés.  

Faire aimer la forêt, expliquer l’intérêt de l’aménager, faire connaître les bienfaits de l’utilisation du matériau bois et enfin informer les jeunes quant aux possibilités d’emplois en forêt c’est la mission de l’Association forestière de la Vallée du Saint-Maurice.

Je suis persuadée qu’en lisant ce cahier spécial, vous apprendrez plusieurs choses sur la forêt et si vous souhaitez en savoir davantage, je vous invite à suivre notre page Facebook afin de découvrir nos capsules d’information spécialement produites à l’occasion du MAF. Pour mieux connaître l’AFVSM et devenir membre, rendez-vous sur notre site web au www.afvsm.qc.ca.

Angéline Fourchaud,

Directrice de l’Association forestière de la Vallée du St-Maurice

MOIS DE L'ARBRE ET DES FORÊTS

La Mauricie, un territoire forestier riche, habité et géré durablement

Nous sommes nombreux à profiter des bienfaits du milieu forestier. Pour certains, la forêt est vue comme un lieu de repos ou de loisir, et pour d’autres comme une source de travail.

LE TERRITOIRE MAURICIEN

En Mauricie, la forêt représente 85% du territoire! Si on ajoute à cela les lacs et les cours d’eau, c’est 96% du territoire. Seulement 4% de la Mauricie représente des zones urbaines et agricoles. De cette superficie, la forêt publique, gérée par l’État québécois, compte pour 81% et la forêt privée pour 17%. Les 2% restants sont de juridiction fédérale (parc national de la Mauricie et communautés autochtones).

Afin de se retrouver dans un si grand territoire, le domaine forestier public est divisé en unités d’aménagement (UA). En Mauricie, le territoire public compte cinq UA, soit les UA 026-51, 041-51, 042-51, 043-51 et 043-52. Concernant la forêt privée mauricienne, on y dénombre environ 5 700 propriétaires de lots boisés, situés principalement dans le sud de la région.

La Mauricie présente une grande variété de paysages forestiers : on compte six domaines bioclimatiques sur les dix présents au Québec. Ce qui signifie que nous avons une grande diversité d’essences d’arbres sur un même territoire, donc une faune et une flore plus diversifiées, mais aussi plus de possibilités d’usages des différents types de bois récoltés (pâtes et papiers de toutes sortes, sciage de résineux et de feuillus dans toutes les longueurs et qualités, déroulage de feuillus nobles pour l’industrie du meuble, panneaux gaufrés et autres) et enfin, différentes activités telles que la récolte de sirop d’érable ou de produits forestiers non ligneux.

Les essences forestières les plus fréquentes sont le sapin baumier, le bouleau blanc, le bouleau jaune, le peuplier faux tremble et l’épinette noire.

LES UTILISATEURS DU MILIEU FORESTIER

Sur le territoire public, de nombreux acteurs se partagent la forêt pour différentes utilisations. On pense aux villégiateurs ou aux amateurs de plein air (motoneige, vélo, VTT, randonnée, camping, etc.),  aux chasseurs, pêcheurs et trappeurs, aux industries forestières, à l’exploitation minière, aux autochtones habitant le territoire, aux gestionnaires de pourvoiries et de Zecs, aux acteurs de la conservation et des aires protégées (parc national de la Mauricie, réserves de biodiversité projetées, refuges biologiques, réserves écologiques, etc.), aux promoteurs de produits forestiers non ligneux (producteurs de sirop d’érable, cueilleurs de champignons forestiers, etc.). Sans oublier les étudiants, les chercheurs, et autres.

Tous ces gens – dont vous faites peut-être partie - veulent profiter des bienfaits de la forêt. Les villégiateurs veulent profiter de la forêt pour relaxer, les entreprises forestières ont besoin de récolter du bois, les chasseurs et pêcheurs veulent avoir accès au territoire, mais alors comment est-ce possible de répondre aux attentes de tout le monde?

La Table locale de gestion intégrée des ressources et du territoire (TLGIRT), où siègent des représentants des principaux groupes d’utilisateurs de la forêt, joue un rôle important dans l’harmonisation des usages. La TLGIRT est un outil de participation et de collaboration qui vise à prendre en compte les intérêts et les préoccupations des personnes et organismes présents sur le territoire forestier.

LE RÔLE DU MINISTÈRE DES FORÊTS, DE LA FAUNE ET DES PARCS

Depuis le 1er avril 2013, la gestion de l’aménagement durable des forêts relève du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP). Celui-ci est responsable de la planification forestière et de l’harmonisation des usages avec les utilisateurs de la forêt en vue d’assurer l’approvisionnement des usines de transformation de bois possédant une garantie d’approvisionnement et d’assurer la vente de bois aux enchères sur le marché libre. 

Le MFFP réalise également le suivi et le contrôle des interventions forestières réalisées sur les terres du domaine de l’État. Il se fixe aussi des cibles de protection et de conservation.

Enfin, soulignons que le Gouvernement du Québec a adopté une Stratégie d’aménagement durable des forêts (SADF) qui expose la vision retenue et énonce les orientations ainsi que des objectifs d’aménagement durable des forêts, notamment en matière d’aménagement écosystémique.

LES FORESTIERS AMÉNAGENT LA FORÊT DE FAÇON DURABLE

L’aménagement durable des forêts a pour but de maintenir ou d’améliorer la santé à long terme des écosystèmes forestiers, afin d’offrir aux générations d’aujourd’hui et de demain les avantages environnementaux, économiques et sociaux que procurent ces écosystèmes. 

L’exploitation forestière en Mauricie a commencé vers 1850 et aujourd’hui encore nous sommes nombreux à profiter de cette forêt. L’aménagement forestier est guidé par le principe d’aménagement écosystémique ce qui signifie que l’aménagement forestier imite la nature. L’objectif est d’assurer le maintien de la biodiversité et la viabilité des écosystèmes en diminuant les écarts entre la forêt aménagée et la forêt naturelle.

La forêt de la Mauricie est un vaste territoire très diversifié tant au niveau de ses ressources naturelles que de ses utilisateurs. Une telle diversité amène son lot de défis, pour cela des outils et processus existent afin que tout le monde puisse cohabiter. Le succès de la démarche d’harmonisation repose sur la participation de tous!  

MOIS DE L'ARBRE ET DES FORÊTS

La forêt Mauricienne en chiffres

D'une superficie totale de 39 924 km2, la Mauricie est une vaste région qui offre un couvert forestier diversifié comprenant de la forêt boréale, de la forêt mélangée et de la forêt décidue (de feuillus). On y retrouve six des 10 domaines bioclimatiques du Québec, soit ceux de la pessière à mousse (6%), de la sapinière à bouleau blanc (42,2%), de la sapinière à bouleau jaune (30,1%), de l’érablière à bouleau jaune (15,1%), de l’érablière à tilleul (6,2%) et même celui de l’érablière à caryer cordiforme (0,4%) qui est le domaine le plus méridional du Québec.

Sur les 35 448 km2 de terre ferme de la région, pas moins de 33 881 km2 sont recouverts de forêt. De cette superficie boisée, 81% a le statut de forêt publique gérée par l’État québécois, 17% celui de forêt privée et les 2% restants sont sous juridiction fédérale et englobent le Parc national de la Mauricie et les communautés autochtones. Avec environ 96% du territoire recouvert de forêt de lacs et de rivières, on peut dire que la population mauricienne vit littéralement au cœur de la nature. Cette relation privilégiée avec le milieu forestier en permet de multiples utilisations à des fins industrielles ou récréotouristiques. 

Les activités industrielles

Les emplois qui, dans la région, découlent de l’exploitation de produits ligneux (fait de bois) sont diversifiés et se rapportent autant aux activités réalisées en forêt (secteur primaire) qu’à celles de première, deuxième ou troisième transformation (secteur manufacturier). 

En effet, du simple copeau de bois au meuble à haute valeur ajoutée, l’arbre peut être transformé de multiples manières. Dans un portrait de la Mauricie publié en 2012, le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ) comptabilisait 4714 emplois associés directement à l’exploitation de produits ligneux. Si le nombre de ces emplois a pu varier depuis, le développement de nouveaux secteurs d’activité, tel celui de la bioénergie, semblent prometteurs pour la région. 

À l’heure actuelle, une vingtaine d’usines de transformation du bois œuvrent en Mauricie et plusieurs d’entre elles sont en situation de recrutement. Cette tendance confirme ce que M. Luc Blanchette, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, anticipait au printemps dernier lorsqu’il estimait que 15 000 postes seraient à pourvoir dans le domaine forestier au cours des cinq prochaines années au Québec. 

Les perspectives d’avenir pour ce domaine sont d’autant meilleures que les produits dérivés du bois sont nombreux et laissent place à l’innovation. Plusieurs de ces produits demeurent pourtant méconnus du public. Par exemple, la cellulose, l’hémicellulose et la lignine extraites du bois interviennent dans la production de serviettes de bain, de dentifrices, de vernis à ongles, de produits de maquillage, de tampons désinfectants, de médicaments, de peintures, etc.

De plus, les ressources de la forêt ne se limitent pas à celles issues de la transformation du bois. Il faut y ajouter l’exploitation de ressources non ligneuses dont le sirop d’érable est l’exemple emblématique. D’après la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, pour la seule année 2016, 73 acériculteurs œuvrant en Mauricie ont produit 1 722 779 livres de sirop d’érable. 

Les activités récréotouristiques

La forêt mauricienne offre non seulement un bon nombre de ressources à ses utilisateurs, mais leur fournit aussi un milieu de vie pour pratiquer leurs activités préférées. De la cabane à sucre au printemps, au ski de fond en hiver en passant par le vélo de montagne en été ou l’observation des couleurs en automne, il y a toujours quelque chose à faire en forêt! 

Aussi, pour les mordus de chasse et de pêche, on compte 75 pourvoiries dans la région, dont 23 à droits exclusifs. À cela s’ajoutent les réserves fauniques St-Maurice et Mastigouche ainsi que 11 zones d’exploitation contrôlée (Zec). Ces dernières recouvrent de larges territoires situés sur des terres publiques. Gérés par des Organismes à but non lucratif (OBNL), les Zecs sont accessibles à tous et à toutes pour diverses activités de villégiature. 

La Mauricie est aussi reconnue pour son Parc national qui a attiré 217 252 visiteurs en 2017. Quant aux amateurs de VTT, ils trouvent dans la forêt mauricienne un véritable lieu d’évasion et de découverte. La motoneige prend le relai en hiver avec plus de 1 928 km en sentiers aménagés du lac Saint-Pierre au réservoir Gouin. Finalement, la forêt d’ici est un lieu culturel dans lequel on retrouve du théâtre, des spectacles musicaux, des camps de vacances et trois réserves autochtones atikamekw.

MOIS DE L'ARBRE ET DES FORÊTS

La Mauricie, chef de file pour la protection des forêts contre le feu

Article rédigé par la Société d’histoire forestière du Québec (SHFQ) spécifiquement dans le cadre du Mois de l’arbre et des forêts 2018.

Première association de protection contre le feu

Le 2 mars 1912 au matin, un comité de travail de la St Maurice Boom& Log Driving Association s’est rencontré à Montréal afin de jeter les bases d’une nouvelle association pour la protection des forêts contre le feu. Il était composé, entre autres, de Ellwood Wilson, chef du service forestier de la Laurentide Co. de Grand-Mère, aussi propriétaire de la Ellwood Wilson Co. et initiateur du projet. Autour de lui, J. M. Dalton, représentant la Union Bag and Paper et la Great Fall Co. de Trois-Rivières, F. Ritchie de la Wayagamak Paper, R. F. Grant de la St Maurice Lumber Co. et L. Devenyns de la Belgo Canadian Pulp & Paper Co. de Shawinigan. Étaient aussi présents J.-H. Dansereau, W. Power, J.-H. Rousseau, W. Ritchie et H. A. Calvin. 

En après-midi, le ministre des Terres et Forêts, Jules Allard, se joignit au groupe pour l’assurer de son soutien et de celui de ses fonctionnaires. Le 19 mars 1912, la St. Maurice Forest Protective Association reçut officiellement ses lettres patentes. La première association de protection contre le feu venait de naître!

Durant la première année d’activité de l’Association, les gardes éteignirent 97 feux. En plus d’avoir combattu les incendies, les gardes avaient ouvert et aménagé 845 kilomètres de chemins de portage et monté un nombre considérable de lignes téléphoniques en prévision de la construction, au cours de l’hiver 1912-1913, de huit tours d’observation.

La revue officielle de l’Association forestière canadienne, The Canadian Forestry Journal, titra en mars 1913 : « St. Maurice Forest Protective Ass. LA PLUS PRÉCIEUSE MESURE PRISE DEPUIS DE NOMBREUSES ANNÉES AU CANADA. » (traduction libre). L’auteur du texte concluait au succès de l’expérience : « Il était généralement admis [...] que le travail de pionnier de cette première association de protection contre les feux de forêt avait connu tellement de succès et avait produit de telles économies en effort et en argent que cette oeuvre serait bientôt copiée dans tout le Canada. »

La prévention

La St.Maurice Forest Protective  Ass. utilisa des images tournées sur son territoire pour agrémenter ses tournées de prévention.  Dès 1930, l’organisme de protection s’associa à l’abbé Albert Tessier pour favoriser son mouvement de propagande. 

Les images tournées dans la Mauricie étaient diffusées partout dans la province. L’abbé Tessier voulait, par l’oeil de sa caméra, exposer la magnificence de la forêt québécoise, pour que le spectateur se prenne d’amour pour elle. 

Alimentées par ces productions québécoises et par un nombre considérable de productions américaines et canadiennes, les conférences cinématographiques de la St. Maurice Ass. avaient été présentées à 17 965 personnes dans la Mauricie en 1940 et à 103 927 personnes, en 1939, sur l’ensemble du territoire québécois. Le succès était incontestable.

La détection aérienne des incendies

Déjà en 1916, Ellwood Wilson, président de la St. Maurice Forest Protective Association signalait dans le rapport annuel de l’association que l’étape la plus importante dans le processus de réduction des coûts et d’augmentation de l’efficacité des patrouilles consistait à adopter la patrouille par avion. Le 15 novembre 1918 (quatre jours après la signature de l’Armistice), la direction de la St. Maurice Forest Protective Association autorisa Wilson à trouver des hydravions pour la saison suivante.

Le 6 mai 1919, Ellwood Wilson, les dirigeants de la Montreal Branch of the Aerial Leagues of Canada*** et le directeur de l’Association forestière du Canada, Robson Black, se présentèrent devant le ministre des Affaires navales canadiennes, C. C. Ballantyne, pour soumettre une proposition de prêt ou de don de deux «hydroavions » pour exécuter une expérience de détection aérienne des feux de forêt pour le compte de la St. Maurice Forest Protective Association. Le prêt fut immédiatement accordé.

Deux avions, des flying boats de marque Curtiss HS-2L, ont été transférés de Halifax à Grand-Mère, où les opérations de détection allaient être localisées. Le premier hydravion, le A1876, fut baptisé en fonction de sa mission de surveillance : « La Vigilance ». 

Le 23 juin 1919, les deux avions étaient accostés au Lac-à-la-Tortue. Au cours de l’été, l’association a essayé, parallèlement à la détection des feux, la photographie aérienne, la reconnaissance des peuplements et le transport de matériel de combat. Malgré l’utilité incontestable de la Vigilance, l’expérience ne parvint pas à convaincre les membres de l’Association d’investir davantage dans le projet.

La Mauricie aura encore là démontré son leadership et son esprit d’innovation, car cela prendra encore plusieurs années avant que l’avion ne remplace définitivement les tours d’observation, symbole de la protection des forêts pendant des décennies au Québec. 

Source : Feux de forêt, l’histoire d’une guerre de l’historien Patrick Blanchet. 

MOIS DE L'ARBRE ET DES FORÊTS

Connaissez-vous votre Association Forestière

Fondée en 1990, l’Association forestière de la vallée du St-Maurice (AFVSM) est un organisme sans but lucratif dont la mission est de sensibiliser la population à l’importance sociale, économique et environnementale de la forêt en Mauricie. À cette fin, l’association qui compte cinq employés permanents et dont les bureaux sont situés à Shawinigan organise des activités pour l’ensemble de la région. Elle est notamment connue pour ses visites forestières qui, à travers randonnées pédestres, visites d’entreprises, dégustations, concerts et autres activités, font découvrir les richesses de la forêt et des produits du bois. Abordables et ouvertes au grand public, ces visites présentent chaque année des nouveautés et s’échelonnent de mai à octobre.

L’AFVSM est aussi très active auprès des jeunes du primaire et du secondaire dans l’ensemble des écoles et camps de jour de la région. Elle leur offre des animations sur différents thèmes relatifs à la forêt et à son aménagement responsable. Elle les informe aussi sur les nombreux métiers liés à la forêt et à la transformation du bois. Par exemple, elle organise la journée « Viens vivre la forêt » qui permet aux élèves de 3e à 5e secondaire de découvrir ces métiers à travers une vingtaine d’ateliers interactifs. 

Au fil des ans, l’association a su s’entourer de nombreux collaborateurs pour développer son expertise et faire valoir la possibilité d’utiliser les ressources forestières de manière durable. Elle a ainsi établi une relation de confiance avec les Zecs, pourvoiries, municipalités, MRC, partenaires de l’industrie forestière, intervenants de la forêt privée et organismes gouvernementaux qui lui font part de leurs préoccupations et des enjeux forestiers régionaux qui les concernent. L’AFVSM tire profit de ces partenariats pour élaborer des conférences et vidéoconférences sur l’actualité du milieu forestier en plus de produire diverses publications en ce sens. À travers les journaux, sa page Facebook et son site web, l’association aspire à ce que tous ceux et celles qui ont la forêt mauricienne à cœur puissent partager leurs expériences et avoir accès à de l’information fiable à son endroit. 

Il est d’ailleurs possible à tous et à toutes de devenir membre individuel de l’AFVSM pour la modique somme de 10$ par année. En plus de contribuer à soutenir sa mission, les 650 membres actuels de l’association reçoivent son bulletin trimestriel « Échos de la forêt », sont invités à ses activités et obtiennent des rabais sur les visites forestières (voir dernière page de ce cahier). Les membres peuvent aussi obtenir du support technique pour l’organisation ou la promotion d’activités en lien avec la forêt. À cet égard, l’association s’implique déjà dans des projets concrets qui valorisent l’importance non seulement de la forêt, mais aussi des arbres en ville et dans les boisés urbains. Par exemple, c’est par l’entremise de l’AFVSM que, au cours du mois de mai, des organismes de la région distribueront près de 60 000 plants d’arbres offerts gratuitement par le MFFP à la population.

MOIS DE L'ARBRE ET DES FORÊTS

La forêt privée, un potentiel à considérer

En Mauricie, le territoire forestier est principalement public, mais 17% de la forêt représentent des territoires privés! Cette forêt privée appartient à des propriétaires dont les objectifs de possession et de production sont variés. La gestion de ces boisés est différente de celle mise en place pour la forêt publique.

Où se trouve la forêt privée?

La forêt privée est habituellement située à proximité des villes et généralement en milieu rural habité, près de la population! En Mauricie, on la retrouve principalement au sud de la région, dans les basses-terres du St-Laurent et le long de la rivière Saint-Maurice. Il y a toutefois de grands blocs de forêt privée, plus au nord, entre La Tuque et Obedjiwan.

Qui sont les propriétaires?

On dénombre en Mauricie 6 600 propriétaires de lots boisés. Certains sont agriculteurs, alors que d’autres sont ouvriers, professionnels ou retraités. Certains utilisent leur boisé pour la pratique de loisirs, tels que la chasse et le camping, alors que pour d’autres, il s’agit d’une source de revenus ou d’un investissement, comme c’est le cas pour les acériculteurs (producteurs de sirop d’érable et de ses dérivés).

La mise en valeur de la forêt privée

On pourrait croire qu’il est préférable de se contenter de récolter la forêt publique et de laisser la forêt privée croître indéfiniment. Une telle approche aurait des conséquences négatives importantes sur l’économie. En Mauricie, les activités sylvicoles effectuées en forêt privée génèrent des revenus de 17 millions de dollars et créent des centaines d’emplois. De plus, en aménageant sa forêt, le propriétaire s’assure d’avoir un territoire en santé, un milieu dynamique et diversifié qui est valorisé en fonction des objectifs fixés. Effectivement, les propriétaires de boisés sont invités à se questionner sur ce qu’ils veulent faire dans leur forêt... Les motivations personnelles pour posséder une forêt sont multiples : plaisir d’en jouir, placement financier à long terme, bassin de bois de chauffage, revenu d’appoint, lieu d’activités familiales ou autres. Selon la motivation du propriétaire, ce dernier mettra en place différents types d’aménagements.  

 Des organismes régionaux ont été instaurés afin d’aider les propriétaires forestiers dans la mise en valeur de leurs boisés. En Mauricie, il y a l’Agence de mise en valeur des forêts privées mauriciennes (AMFM), le Syndicat des producteurs de bois de la Mauricie (SPBM) et les groupements forestiers. Les conseillers forestiers sont aussi un maillon de la chaîne. Ils interviennent à titre de consultants.

La mission de l’AMFM est d’orienter et de développer la mise en valeur des forêts privées dans une perspective d’aménagement durable. Le propriétaire d’un boisé d’au moins quatre hectares qui souhaite mettre en valeur sa forêt et avoir accès aux programmes mis en place par l’État doit d’abord demander à un ingénieur forestier de lui produire un plan d’aménagement de sa propriété. Ce plan lui permet d’enregistrer ses superficies forestières auprès de l’État et d’obtenir un statut de producteur forestier. Une fois enregistré, le producteur peut prendre contact avec un conseiller forestier accrédité par l’Agence afin de discuter des travaux d’aménagement qui pourraient être admissibles à une aide financière.

Le rôle multiressources de la forêt privée

On pense souvent au bois, mais de nombreuses autres ressources peuvent être valorisées, comme les produits forestiers non ligneux (PFNL). Les PFNL sont des biens d’origine végétale, autre que le bois, provenant des forêts ou des arbres. Les produits de l’érable, les petits fruits, les noix, le ginseng à cinq folioles et les champignons en sont de bons exemples. 

Certains demandent peu d’aménagement forestier et d’infrastructures, comme les champignons, alors que d’autres en nécessitent davantage, par exemple, les produits de l’érable. Les activités de prélèvement faunique constituent un autre aspect du rôle multiressources de la forêt privée. Bon nombre de propriétaires vont utiliser leurs terres pour la pratique de la chasse, de la pêche ou du piégeage, ce qui ajoute une valeur à la forêt.

Nos villes et villages ne seraient pas les mêmes sans les forêts qui les entourent. Source de revenus pour certains, source de loisir ou d’investissement pour d’autres, les richesses qu’elles procurent se renouvellent durablement lorsqu’un aménagement forestier durable y est mis en place. Fort heureusement, les propriétaires forestiers sont accompagnés par des professionnels qui assurent ainsi la saine gestion des forêts privées.

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Un organisme au service des producteurs de bois

Le Syndicat des producteurs de bois de la Mauricie a été formé en 1967 afin d’établir un rapport de force et ainsi obtenir des conditions supérieures de mise en marché de leurs produits. Le Plan conjoint des producteurs de bois de la Mauricie a été adopté, par les producteurs, en 1970 et le Syndicat a reçu, dès lors, l’administration de ce plan. Son objectif principal étant de promouvoir et sauvegarder les intérêts économiques, sociaux et moraux de ses membres.

Vers la fin de l’année 2013, suite à une demande du Syndicat des producteurs de bois de la Mauricie à la Régie des Marchés Agricoles et Alimentaires du Québec (RMAAQ) et à la déstructuration du Syndicat des propriétaires forestiers du Sud-Ouest du Québec, la région administrative de Lanaudière fut incorporée dans le Plan conjoint des producteurs de bois de la Mauricie. Depuis, le Syndicat représente environ 14 000 propriétaires forestiers, dont 7 547 inscrits auprès du Syndicat et près de 2 700 d’entre eux sont membres. Le territoire couvre 117 municipalités situées à l’intérieur des MRC et villes suivantes : 

. Les villes de La Tuque, de Trois-Rivières et de Shawinigan;

. Les municipalités de La Bostonnais et du Lac-Édouard;

. La MRC de Mékinac excluant les municipalités d’Hervey-Jonction, 

. Lac-aux-Sables et Notre-Dame-de-Montauban;

. Les MRC des Chenaux, D’Autray, de Joliette, de l’Assomption, de Maskinongé, de Matawini, de Montcalm et Les Moulins.

Le territoire est traversé par deux axes routiers substantiels : l’autoroute 40 traversant du nord-est vers le sud-ouest et l’autoroute 55 allant du sud vers le nord. Ces deux grands axes permettent de faciliter le transport du bois autant à l’intérieur de la région que pour l’exportation du bois à des usines hors du territoire.

Le Syndicat s’occupe principalement de mettre en marché le bois qui est produit par les propriétaires de forêt privée de son territoire. On peut séparer le bois en deux grandes catégories, soit le bois destiné aux marchés de trituration (pâtes et papiers, panneaux, métallurgies, etc.) et le bois destiné aux marchés du sciage et du déroulage. Le Syndicat négocie pour les marchés de trituration, le prix du bois livré à l’usine et le prix du transport ce qui garantit par le fait même le prix qui sera payé à l’ensemble des producteurs. Ces derniers peuvent donc produire, en toute quiétude, leur bois, en étant certains que celui-ci sera vendu et payé. Au niveau du marché du bois de sciage, les producteurs peuvent utiliser les informations fournies par notre organisme afin de déterminer le façonnage de leur bois afin d’optimiser la rentabilité de leurs opérations forestières. Ils peuvent également déterminer, en fonction des spécifications demandées par les acheteurs, l’usine offrant les meilleures conditions de vente. 

Au cours de l’année 2017, les propriétaires couverts par le Syndicat ont mis en marché près de 1,15 million de mètres cubes apparents de bois, soit la livraison de plus de 19 000 camions à des usines de transformations.

Le Syndicat offre également un service d’aide technique et d’aide à l’exécution pour les propriétaires désirant effectuer des travaux d’aménagement forestier.  Ce service est offert par le biais du programme d’aide à la mise en valeur des forêts privées du Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP). Il offre une aide financière aux propriétaires qui souhaitent améliorer leurs boisés par la mise en œuvre de travaux sylvicoles. Suite à la demande et à l’intérêt grandissant des propriétaires, d’autres services se sont également greffés aux activités du Syndicat comme des conseils sur l’agroforesterie, la culture intercalaire ainsi que sur la production de produits forestiers non ligneux tels que les champignons, bleuets et autres. Le Syndicat coordonne également les activités réalisées par la Filière mycologique de la Mauricie.

Parallèlement à ces activités principales, des formations sont offertes aux propriétaires forestiers sur l’aménagement forestier, l’utilisation sécuritaire de la scie mécanique ou d’une débroussailleuse, l’abattage contrôlé, la fiscalité, la mise en marché des bois, l’agroforesterie, les produits forestiers non ligneux, etc.  Les propriétaires, pour un coût de 20 $ par formation, peuvent acquérir des connaissances nécessaires pour aménager leur boisé et  travailler en forêt en toute sécurité.    

Le bois et les différentes ressources (champignons, petits fruits et autres) qu’offre la forêt sont des produits écoresponsables. De plus, une forêt aménagée est un milieu de vie en santé qui bénéficiera à la grande diversité de plantes et d’animaux qui y vivent. Vous pouvez faire de votre forêt un environnement riche, aux usages multiples
et la mettre en valeur de façon pérenne tout en y retirant un revenu! Pour vous aider dans votre projet, vous pouvez communiquer avec le Syndicat des producteurs de bois de la Mauricie au 819 370-8368 ou consulter notre site Internet au www.foretprivee.ca/ma-region/mauricie/.

MOIS DE L'ARBRE ET DES FORÊTS

La certification forestière au Québec

Qu’est-ce que la certification forestière? La certification forestière est une démarche volontaire d’une entreprise pour faire reconnaître, par un organisme accrédité et indépendant, que ses pratiques forestières respectent les lois, les normes et les règlements en vigueur en matière d’aménagement durable des forêts.

Elle est un complément au régime forestier du Gouvernement du Québec et demeure, avant tout, une décision d’affaires propre aux compagnies forestières, pour se démarquer ou pour satisfaire les exigences de leurs clients.

Au Québec, 93 % des forêts publiques sont certifiées, ce qui représente la plus grande superficie certifiée au monde. 

Le régime forestier et la certification

Dans les forêts publiques québécoises, un régime forestier est en place, c’est-à-dire un ensemble de lois, de règles et de normes spécifiques au territoire et à ses utilisations. En résumé, le but du régime forestier est d’assurer la durabilité de la forêt et sa protection par une bonne gestion des activités, en protégeant les habitats et les ressources. 

La certification forestière ne remplace pas le régime forestier. Il s’agit plutôt de vérifications supplémentaires pour garantir la qualité de l’aménagement de la compagnie auprès de ses clients et l’amélioration de ses pratiques forestières. 

Types de certifications forestières

Ce sont généralement les entreprises forestières qui détiennent la certification et elles y adhèrent sur une base volontaire. Celles-ci choisissent le système qui leur convient le mieux en fonction de leurs enjeux et des exigences de leurs clients.

En ce moment, trois principaux systèmes de certifications forestières sont reconnus internationalement et administrés par des organismes indépendants. Il s’agit de l’Association canadienne de normalisation (CSA), le Forest Stewardship Council (FSC) et la Sustainable Forestry Initiative (SFI). Chacun a ses particularités, mais tous abordent les grands enjeux actuels de l’aménagement durable des forêts. 

Portrait de la certification forestière au Québec

À ce jour, 93 % des forêts publiques sous aménagement sont certifiées selon un des systèmes de certifications forestières en vigueur et que même pratiquement le quart de cette superficie possède deux certifications (SFI et FSC). 

Pour avoir accès au portrait cartographique de la certification forestière dans les forêts du domaine de l’État : https://mffp.gouv.qc.ca/wp-content/uploads/Portrait_cartographique_certif_for.pdf

D’après les informations contenues sur le site du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.


Source: Site web du Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs