Les négos du secteur public

Les professionnels de l’État souhaitent une politique du télétravail

Confinement oblige, près de 90% des professionnels de l’État sont en télétravail depuis les derniers mois. Une pratique qui a ses avantages et plusieurs y ont pris goût. C’est pourquoi le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) réclame, plus que jamais, une politique claire en la matière.

«En fait, ce n’est pas d’hier que le SPGQ souhaite que la pratique du télétravail soit mieux encadrée par l’État, et ce, de façon permanente. L’expérience vécue durant la crise a permis de réaliser qu’il y a des gains d’efficacité à faire en travaillant à distance», insiste la présidente du SPGQ, Line Lamarre, et le sujet fait conséquemment partie des négociations en cours entre le gouvernement et les syndicats.

Line Lamarre, présidente du SPGQ

«Les professionnels de l’État font un travail inestimable et ont prouvé qu’ils sont capables de bien performer dans cette nouvelle réalité», martèle-t-elle. 

Si certains se sont vus forcés d’apprendre les rudiments de la visioconférence et d’autres technologies essentielles au télétravail, la plupart ont rapidement été à l’aise avec la pratique à distance et espèrent la poursuivre à plus long terme, que ce soit sur une base volontaire et/ou occasionnelle.

Reconnaître l’autonomie des professionnels

Or, le télétravail est dans l’air du temps depuis bon nombre d’années. Selon le SPGQ, l’État québécois est «15 ans en retard» dans cette pratique comparativement au secteur privé.

«Une crise, c’est un important moment de changement. On ne doit pas retourner à nos vieilles habitudes», juge la présidente, qui précise que ses membres réclament depuis longtemps plus d’autonomie.

L’objectif n’est pas de surveiller les professionnels à distance, insiste-t-elle, mais plutôt de faciliter leur pratique en reconnaissant leur autonomie et leur efficacité.

«Il faut aussi que nos professionnels aient les outils nécessaires. Travailler sur un coin de table, ça dépanne, mais ce n’est pas une pratique sécuritaire», explique-t-elle, ajoutant du même souffle que d’autres organisations publiques ont déjà déployé des programmes pour aider leurs télétravailleurs à s’équiper correctement.

Un protocole de reprise graduelle

En plus du télétravail, le SPGQ a soumis au gouvernement un protocole de reprise graduelle des activités en milieu de travail, afin de s’assurer du bien-être et de la sécurité des travailleurs.

«Nous savons que la reprise n’est pas pour demain. Mais il est important de bien la préparer afin d’assurer un éventuel retour au travail harmonieux. Nous demandons aux ministères et organismes de bien communiquer au préalable avec les employés qui devront réintégrer les milieux de travail afin de les rassurer et les informer quant aux mesures mises en place pour protéger leur santé et leur sécurité», indique la présidente.

Le SPGQ en chiffres

Plus grand syndicat de personnel professionnel du Québec, le SPGQ représente près de 30 000 spécialistes, dont environ 21 000 dans la fonction publique, 5400 à l'Agence du revenu du Québec et 3600 en santé, en éducation et dans les sociétés d'État.