Le temps de vivre 50+

Être proche aidant quand on est un homme

Pour les proches aidants de la génération de nos aînés, l’homme était traditionnellement reconnu comme étant le pourvoyeur. Il s’impliquait généralement peu dans les tâches domestiques et les soins aux proches. Le modèle masculin, alors centré sur la force, la fierté et le contrôle, s’oppose à la demande d’aide, qui sous-entend de la vulnérabilité, de l’humilité et une certaine dépendance aux services.

Si bon nombre d’aidants attendent d’être à bout de souffle avant de chercher du soutien, cette réalité est particulièrement vraie dans le cas des hommes proches aidants. Ces derniers s’attendent alors à une réponse rapide et concrète. Ils utilisent surtout des services d’information (maladie, services, etc.), de répit et de maintien à domicile (entretien ménager, popote, etc.). Ils préfèrent les démarches à court terme et sont plutôt réfractaires à l’idée de partager leur vie privée en groupe.

Petits conseils pour l’homme proche aidant afin de prévenir l’épuisement

  • Créez-vous un réseau de soutien familial et communautaire qui vous permettra de souffler par moment
  • Pratiquez une activité physique
  • Ayez une saine alimentation
  • Aller chercher de l’aide psychologique, s’il y a lieu
  • Organisez vos journées et vos semaines : faites une liste des choses à faire 
  • Faites une liste des personnes disponibles pour vous offrir de l’aide 
  • Planifiez des moments pour vous (sorties entre amis, menuiserie, etc.), 
  • Ayez à portée de main un réseau de contacts pour recevoir rapidement de l’information quand c’est nécessaire
  • Comme aidant d’une conjointe, planifiez des moments à deux et ne les reportez jamais
  • Renseignez-vous le plus que vous pouvez sur l’état et la maladie de la personne que vous aidez afin de diminuer les craintes et mieux anticiper les prochaines étapes.

42% des proches aidants sont des hommes

10% à 20 % des hommes proches aidants demanderont de l’aide

Le visage masculin du proche aidant

Il y a de ces personnes que l’on croise sur notre chemin et qui changent complètement notre vision du monde, de l’humain... de la vie. J’ai eu le privilège de rencontrer un homme dont l’amour et l’admiration pour son épouse transcendent les épreuves qu’il a su surmonter ces dernières années. Résolu à faire vivre la mémoire de sa femme, cet homme nous a partagé son histoire.

Cette histoire, c’est celle de Claude Brunelle, 71 ans, mais aussi celle de sa femme, Louise. En 2011, M. Brunelle se rend compte que son épouse a du mal à s’orienter, commence à oublier certaines choses, mélange les semaines dans le calendrier et, avec le temps, commence à avoir du mal à tenir une conversation. C’est petit à petit que la maladie s’est insérée dans leur couple. Cette maladie dont tout le monde parle et que tout le monde craint. Celle avec un grand A, pas la maladie de l’amour, mais bien la maladie d’Alzheimer. C’est insidieux, ce parcours, celui d’être la personne qui se souvient, celle sur qui tout retombe et qui doit, inévitablement, prendre une grande part des responsabilités, ce parcours de proche aidant. C’est donc tranquillement que Claude commence à organiser la vie familiale, s’occupe de l’entretien ménager, de la préparation des repas et même des soins d’hygiène de sa belle Louise. Mais après trois ans à courir, à se soucier constamment de la sécurité de sa femme et à mettre sa propre santé en jeu, il craque : il a besoin d’aide et, heureusement, la demande. Il trouve des préposées qui viennent l’aider à prendre soin de Louise. Ses « anges », comme il aime si bien les appeler et, sans qui, il ne serait plus là, aujourd’hui, pour nous en parler.

L’histoire de Claude, c’est aussi celle de Pierre, de Louis, de Gisèle et de tous les proches aidants d’aînés. N’hésitez pas à demander de l’aide. Des ressources, il en existe près de chez vous.

Vanessa Bouchard, responsable des communications et du développement, L’Appui Mauricie pour les proches aidants d’aînés.

TRAVAILLEURS EXPÉRIMENTÉS ET CONCILIATION TRAVAIL, VIE PERSONNELLE ET PROCHE AIDANCE

Dans le contexte actuel où la main-d’œuvre se fait de plus en plus rare et que remplacer un employé peut coûter de
50 à 200 % du salaire annuel, la rétention des employés devient donc une priorité. L’une des options qui peut s’offrir aux entreprises est de retarder le départ à la retraite de leurs employés expérimentés. Ces hommes et ces femmes qui détiennent, bien souvent, des postes-clés au sein des entreprises et qui, grâce à leur expertise développée au fil des ans, sont des piliers et des références pour le restant de l’équipe. 

Toutefois, ces hommes et ces femmes ne vivent plus la même réalité qu’il y a 30 ans quand ils devaient s’occuper d’enfants en bas âge et concilier leur travail et les rendez-vous à l’école ou chez le médecin de leurs enfants. Maintenant, ils demandent à leur employeur, bien souvent, de la flexibilité et des congés pour mieux accompagner leurs parents ou leur conjoint(e) dans la maladie ou la perte d’autonomie. En d’autres termes, bien des travailleurs doivent maintenant concilier travail et proche aidance et les employeurs doivent s’adapter à cette nouvelle réalité de plus en plus présente.

LES IMPACTS DU RÔLE DE PROCHE AIDANT SUR LE TRAVAIL

Être travailleur et proche aidant n’est pas une mince affaire ! Ces rôles combinés s’accompagnent de plusieurs tâches et responsabilités qui peuvent s’intensifier en fonction de l’évolution des incapacités de la personne soutenue. Il n’est pas toujours évident de jongler avec ces divers rôles et encore moins d’en parler à ses collègues de travail, voire à son employeur. 

Les études tendent à démontrer que, souvent, les proches aidants vont quitter leur emploi plus rapidement, prendre une retraite précoce, demander une diminution des heures, vont parfois, dû à la charge mentale, être moins concentrés ou productifs durant les heures de travail, et devront s’absenter un plus souvent pour les rendez-vous médicaux ou pour soutenir la personne qu’ils aident. En fait, les engagements des proches aidants en matière de soutien et de soins coûtent aux entreprises canadiennes
1,3 milliard de dollars annuellement en perte de productivité des employés. 

Pourtant, une étude de Pôle santé HEC Montréal1 démontre aussi que les proches aidants « [...] sont significativement plus engagés que leurs collègues qui ne prennent pas soin d’un aîné.» Cela démontre donc que les employeurs qui prennent des mesures pour soutenir et accommoder les proches aidants de leur entreprise s’en voient récompensés par une rétention plus importante de leur main-d’œuvre.  Parmi les mesures et les politiques d’assouplissement qui bénéficient aux deux parties, on retrouve : horaires flexibles, temps partagé, congés payés, télétravail, etc.  

CE QUE LA LOI PRÉVOIT

Au Québec, les normes du travail protègent les travailleurs visés par cette loi en leur permettant, sous certaines conditions, de s’absenter du travail en raison de l’état de santé d’un proche. Ces congés sont sans salaire et une attestation médicale peut être exigée dans le cas d’une absence prolongée. À ce sujet, le site d’Éducaloi propose une fiche d’information intéressante que vous retrouverez sous l’appellation Les congés pour raisons familiales et personnelles.

LES RESSOURCES EXISTANTES

Les programmes d’aide aux employés (PAE)

Offerts dans plusieurs organisations, les PAE ont pour but de soutenir les employés aux prises avec des difficultés personnelles ou avec des problèmes de santé physique ou psychologique. On y propose différents services, comme : consultations téléphoniques juridiques, financières, psychologiques, etc. N’hésitez pas à vous informer si un tel programme existe dans votre organisation.

Les organismes spécialisés en employabilité

Les organismes en employabilité offrent des services – orientation, counseling, accompagnement individuel, activités de groupe, etc. – favorisant le maintien en emploi, l’intégration ou la réintégration au travail. Certains de ces centres ont acquis une certaine expertise et mis sur pied des services particuliers pour les femmes et les proches aidants. Pour vous aider à trouver une ressource en Mauricie, consultez le site internet d’Emploi-Québec qui a conçu un répertoire des organismes spécialisés en employabilité.

Autres ressources dans la communauté

Bien qu’elles ne s’adressent pas spécialement aux aidants travailleurs, les organismes communautaires proposent une foule de services pour leur faciliter la tâche et leur permettre de maintenir un équilibre. Cela va de l’aide pour l’entretien ménager au transport bénévole, en passant par les services de répit. Pour trouver facilement des ressources dans votre région, consultez le répertoire des ressources sur le site
www.lappui.org ou appelez le service Info-aidant, au 1 855 852-7784.

Trousse à outils pour les employeurs

Votre entreprise serait ouverte à proposer à ses travailleurs proches aidants les outils et les ressources qui s’offrent à eux ? Contactez l’Appui Mauricie pour explorer les possibilités : 819 841-0900.