Le Québec de demain automne 2018

Des priorités pour les professions réglementées

L’environnement socioéconomique se transforme et exige une évolution des pratiques dans toutes les sphères du monde du travail. Les ordres professionnels, dans leur fonction de protection du public, font face à différents défis, lesquels représentent autant de priorités pour le Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ) qui profite de la campagne électorale pour interpeller les principaux partis politiques.

Des professionnels immigrants mieux intégrés

La trajectoire d’intégration des personnes immigrantes qui arrivent au Québec comprend de nombreuses étapes. Pour les quelque 10% d’entre elles souhaitant pratiquer l’une des 54 professions réglementées au Québec, il faut d’abord obtenir un permis d’un ordre professionnel. Fortement sollicités pour combler certains besoins de main-d’œuvre spécialisée, les candidats formés à l’étranger doivent donc constituer une priorité pour la société. 

Dans les circonstances, il convient d’agir prestement dans le but de faciliter l’accès de ces nouveaux arrivants aux stages et à la formation d’appoint requis, dans plusieurs cas, afin d’assurer l’atteinte des standards de pratique québécois. 

«C’est une question importante de protection du public et d’équité envers les professionnels formés ici, au Québec», explique la ­présidente du Conseil interprofessionnel du Québec, Mme Gyslaine Desrosiers. 

Afin d’accélérer ce processus, le Conseil demande au gouvernement de prévoir une provision budgétaire significative afin de financer adéquatement l’accès aux stages et à la formation d’appoint donnée dans nos établissements d’enseignement. Cet investissement est le principal moyen d’accélérer l’accession de ces nouveaux arrivants à un emploi de plein potentiel. 

Gyslaine Desrosiers, présidente du Conseil interprofessionnel du Québec

Une responsabilité ministérielle exclusive

Avec ses 800 règlements chapeautés par 26 lois professionnelles, dont le Code des professions est la loi-cadre, ses 46 ordres professionnels et ses 54 professions réglementées, le système professionnel québécois constitue en soi un important défi pour le gouvernement du Québec. Dans leur quotidien, les ordres professionnels traitent par ailleurs régulièrement avec une dizaine de ministères différents. 

L’application de ces lois et la coordination du système professionnel sont présentement assumées par la personne qui occupe le poste de ministre de la Justice. Selon le CIQ, cet important mandat ne peut être réalisé pleinement s’il incombe au même individu qui sera responsable de tous les chantiers majeurs que connaîtra ce ministère ces prochaines années. C’est pourquoi il réclame à l’avenir une charge exclusive. 

«Pour une plus grande cohérence de l’action gouvernementale et dans le but de permettre la mise à jour indispensable du cadre légal et réglementaire du système professionnel, un enjeu rarement priorisé, le prochain gouvernement doit nommer un ministre qui sera responsable à temps plein du dossier», résume Mme Desrosiers.  

D’autres enjeux

Parmi les autres enjeux qui préoccupent le CIQ figure la mise en place d’une commission d’étude sur la révolution numérique et ses impacts sur l’avenir des professions réglementées. L’organisation souhaite aussi que le gouvernement s’inspire du monde municipal afin de garantir aux personnes élues au conseil d’administration et à la présidence de l’un des 46 ordres de pouvoir y siéger sans risquer de perdre leur emploi.