Lors de son récent passage à La Tuque, Guy Cormier, président et chef de la direction du Mouvement des caisses Desjardins, a indiqué que le projet de BELT pourrait permettre de donner beaucoup de valeur économique à la région. Il est en compagnie de Patrice Mangin, directeur général de BELT et Patrice Bergeron, président de BELT.

La Tuque, Vitalité et Prospérité

Bioénergie La Tuque. Le projet progresse très bien.

Le projet de Bioénergie La Tuque (BELT) consiste en une bioraffinerie alimentée par les résidus forestiers qui pourrait produire plus de 200 millions de litres par année de carburant totalement renouvelable. Un projet ambitieux qui pourrait créer près de 500 emplois en Haute-Mauricie. Les dirigeants de BELT visent toujours l’objectif 2023.

Les résultats des études préliminaires ont été présentés au début juin à Helsinki, la capitale de la Finlande. Les représentants des équipes de BELT et des équipes de NESTE (le partenaire principal) ont, au terme de deux jours de discussions, sélectionné, parmi toutes les technologies qui ont été étudiées, les deux plus prometteuses au monde.

«Il fallait les analyser selon des critères très précis et très stricts pour s’assurer d’avoir la meilleure. On en a analysé près de 700 et on a présenté huit lignes.  Il y a eu deux jours de débat en juin dernier afin d’identifier les lignes technologiques les plus prometteuses. Là, on passe à la phase 2», a affirmé Patrice Bergeron, président de BELT.

La phase 2 consiste à faire les essais de démonstration afin de préciser et valider les études technico-économiques sur les deux technologies sélectionnées. 

Cette phase s’échelonnera jusqu’en 2020. À ce moment, les recommandations finales d’investissement seront dévoilées à NESTE.

«Nous sommes très heureux de dire aujourd’hui que NESTE a été impressionné par notre équipe et le travail qui a été effectué. Normalement, selon notre entente, ils avaient six mois pour confirmer leur intention de poursuivre. Nos résultats ont été assez convaincants pour avoir une réponse sur-le-champ. C’est donc extrêmement positif pour le projet», insiste Patrice Bergeron.

Il n’y aura toutefois pas d’usine de démonstration à La Tuque; les dirigeants de BELT ont fait une croix sur cette option.

«Ça retarderait le projet inutilement. Les technologies qu’on a sélectionnées ont déjà des démonstrateurs ailleurs. Malheureusement, ce ne sont pas des technologies canadiennes. Ç’aurait facilité la chose, mais on ne veut pas retarder le projet», insiste Patrice Bergeron.

Parallèlement à cette phase 2, l’équipe de BELT se penchera aussi sur les besoins de main-d’œuvre pour cette nouvelle usine. En partenariat avec les institutions d’enseignements, BELT évaluera les besoins de formation.

«Cela fait partie de la mission de BELT. Il faut se préparer à former la main-d’œuvre. Il faut être prêt en 2023. On va travailler fort en ce sens. Dans les prochains mois, on va identifier clairement nos besoins afin de former nos jeunes et pouvoir les embaucher. C’est un milieu sexy pour les jeunes et ce sont des emplois bien rémunérés».

Les dirigeants de BELT ont également annoncé récemment que le siège social était désormais situé à Wemotaci et que sa place d’affaires est au Conseil de la Nation atikamekw à La Tuque.

«Ça démontre que c’est un projet développé en très grand partenariat et fortement supporté par la nation atikamekw. C’est un projet rassembleur pour les autochtones et non autochtones».

BELT est fier de cette collaboration, entre autochtones et non-autochtones habitant sur le même territoire, afin développer un projet porteur qui sera bénéfique pour l’ensemble des communautés et la population.

«On espère que cette belle collaboration soit un modèle à suivre au Canada», insiste Patrice Bergeron.

Volonté de Québec

L’intérêt pour le projet est constant, et les dirigeants de BELT multiplient les sorties pour expliquer leur projet. 

Un des points qu’ils martèlent sur toutes les tribunes, c’est que le Québec doit bouger et démontrer une volonté d’utiliser ces biocarburants.

«C’est un mauvais message qu’envoie le Québec. Le Québec doit démontrer sa volonté d’utiliser ces carburants-là dans ses paniers de produits énergétiques, sinon on rame dans le beurre […] On peut avoir le meilleur endroit et les meilleures conditions au monde pour établir ce projet-là, si le Québec ne démontre pas sa volonté d’utiliser ces biocarburants renouvelables là… », a laissé tomber M. Bergeron.

Ce dernier souhaite que le Québec se dote d’un mandat, c’est-à-dire un pourcentage obligatoire d’utilisation de carburant renouvelable en remplacement des carburants fossiles. 

«Malgré tous nos efforts, le Québec est encore aujourd’hui une des seules provinces canadiennes à ne pas détenir un tel mandat. Le Québec doit se doter rapidement d’un mandat clair qui soit au moins équivalent aux autres provinces et des États-Unis», a conclu Patrice Bergeron.