MIchel Huard

À votre tour

Michel Huard: Des hauts et des bois

Le bois habite la famille Huard depuis des décennies. De Félix à Michel, puis à David, l’histoire de l’entreprise familiale est marquée par le labeur de trois générations… et par une industrie qui a connu des hauts et des bas. Mais à l’heure où Michel Huard prépare son départ, la charbonnerie de Produits Forestiers Basques (PFB) prospère.

Charbonnerie ? La seule évocation de ce terme suscite la curiosité et pour cause: il n’existe au Québec que quelques entreprises engagées dans la production de charbon de bois. Leur mission: offrir un produit distinctif destiné aux amateurs de grillades et de barbecue. Tant chez les restaurateurs que chez les individus qui souhaitent apporter une valeur ajoutée à leurs mets, on note un intérêt renouvelé dans le choix du charbon comme mode de cuisson.

Le patriarche de la famille, Félix, se lance dans l’aventure entrepreneuriale au tournant des années 60. Il démarre en effectuant de l’abattage forestier dans le Témiscouata. Née en 1978 à Saint-Mathieu-de-Rioux, PFB sera acquise, dix ans plus tard, par le Groupe Félix Huard (GFH), lequel opère déjà une scierie et Charbon de bois franc Basques. Parmi les victimes de la crise forestière, GFH est dissoute en 2012, mais la charbonnerie, elle, survit.

«Il s’agissait d’une filiale qui évoluait dans un secteur différent de celui du bois d’œuvre et que mon fils David, deux employés cadres et moi-même avons rachetée», raconte Michel Huard, grâce à qui Charbon de bois franc Basques a vu le jour. À l’époque, l’homme a eu l’idée d’utiliser les sections de bois durs qui ne convenaient pas au sciage. Aujourd’hui, 60% du charbon de PFB est vendu au Québec, 30% aux États-Unis et 10% ailleurs au Canada.

Confiant et engagé

«Je m’apprête maintenant à sortir, mais je ne suis pas inquiet pour la suite des choses ! Si le transfert a la particularité d’être un repreneuriat mixte – familial et non familial –, il implique des gens qui sont dans l’entreprise depuis longtemps», déclare celui qui quittera son poste de président-directeur général ce mois-ci pour le céder à son fils. Il gardera toutefois un lien avec Produits Forestiers Basques pour accompagner temporairement l’équipe de direction.

«La relève possède une bonne connaissance de l’entreprise, de son environnement, de ses défis, des opportunités et des stratégies. Avec une capacité de production limitée, PFB et ses 25 employés misent sur l’efficacité opérationnelle plutôt que sur un accroissement rapide du volu­me d’affaires», précise en terminant Michel Huard, également membre du conseil d’administration du CTEQ et régionaliste interpellé par l’entrepreneuriat québécois. 

SECRETS DE RÉUSSITE

Les défis  
Les repreneurs doivent parvenir à maintenir le même niveau d’harmonie une fois le cédant parti. À l’égard de la préparation, le cédant a avantage à bien définir ses objectifs. La relève, de son côté, doit bénéficier d’un espace pour développer l’entreprise. 

Les bonnes pratiques 
Il faut, à l’intérieur de l’organisation, se donner du temps et que les éléments de gouvernance soient bien appliqués. Un conseil d’administration et un comité de gestion qui jouent leur rôle vont augmenter les chances de réussite du transfert. 

Un conseil 
Quand il est question de transfert à l’interne, il est souhaitable que le repreneur puisse assumer des responsabilités de plus en plus importantes, qu’il participe aux décisions et aux orientations. Il doit s’approprier l’entreprise dans toutes ses subtilités. 

À PROPOS DU CTEQ

Créé en 2015, le CTEQ coordonne les démarches des repreneurs et des cédants dans leur projet de transfert d’entreprise. Présente sur tout le territoire québécois, son équipe de conseillers propose des formations et des événements (sommets, conférences, 5@7, etc.), mais aussi un service de mise en relation et de référencement d’occasions de reprise et de profils de repreneurs, l’INDEX. 

Le Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ) poursuit sa mission et rayonne de plus en plus dans le milieu économique. Dans cette série d’articles, découvrez l’engagement de personnalités d’affaires qui partagent tellement la même vision du CTEQ qu’elles ont choisi d’en devenir des ambassadeurs ou des membres du conseil d’administration.

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