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À votre tour!

Aude Lafrance-Girard: des richesses à préserver

Au Québec, le repreneuriat constitue un enjeu auquel le secteur de l’hôtellerie et du tourisme n’échappe évidemment pas. Si 75% des entreprises qui le composent sont indépendantes, celles-ci symbolisent l’authenticité et une richesse économique à préserver. Nouvellement membre du conseil d’administration du CTEQ, Aude Lafrance-Girard est également directrice générale de l’Hôtel Château Laurier Québec.

Le grand-père d’Aude, Robert Girard, a d’abord dirigé l’entreprise. Plus tard, son père Alain l’a fait croître en compagnie de membres de la fratrie. Aujourd’hui, c’est aux côtés de ce dernier, président de la PME familiale, que la jeune gestionnaire tient les rênes de l’Hôtel Château Laurier tout en gérant le George V service de banquet et traiteur, de même que l’Hôtel Château Bellevue. Une lourde charge pour laquelle elle s’est longuement préparée.  

«Dès mon plus jeune âge, je circulais dans les corridors de l’Hôtel Château Laurier, se souvient Aude. J’ai finalement poursuivi des études en administration des affaires à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM, avec une spécialisation en gestion du tourisme et de l’hôtellerie. Après avoir passé environ deux ans dans un autre établissement, je reviens pour occuper différents postes, apprivoisant ainsi l’ensemble des secteurs de l’entreprise.»

Entre continuité et changement

Pour Aude Lafrance-Girard, la présence de son père, qui demeurera à la tête du conseil d’administration jusqu’à sa retraite, procure un sen­timent de continuité, notamment pour l’équipe en place. «Que mon père soit lui aussi un repreneur l’amène à être plus à l’écoute de par son expérience et c’est une chance pour moi», juge-t-elle en outre. Les deux entrepreneurs, complices, se font d’ailleurs confiance et adhèrent à des valeurs communes.    

«Mon père est très généreux dans son partage et me pose beaucoup de questions pour me mettre au défi», ajoute la directrice générale qui s’applique à déployer son propre modèle de gestion. «Avec le temps, l’équipe et l’établissement sont devenus performants et je privi­légie la délégation de pouvoirs, une approche collaborative à travers laquelle les gens ont plus de latitude et de responsabilités. Et j’ai certaines ambitions de croissance!»  

À votre tour!

Richard Gauthier: d’utilisateur de services à ambassadeur

Membre du conseil d’administration du CTEQ depuis sa création, il y a trois ans, Richard Gauthier en assume aujourd’hui la présidence. Directeur du développement des affaires chez Construction Gauthier, il continue également de jouer un rôle au sein de l’entreprise fondée par son père, en 1966. Repreneur et maintenant cédant, le processus de transfert, il connaît bien et n’hésite pas à partager sa vaste expérience.

«J’ai personnellement choisi d’uti­liser les services du CTEQ il y a quelques années pour être accompagné dans cette démarche qui vise à faire place à une troisième génération dans mon entreprise, raconte l’homme. Une attirance mutuelle s’est révélée entre le Centre de transfert et moi. Comme j’avais du temps à donner et que j’ai été actif dans de nombreux conseils d’administration au cours de ma vie, cette nouvelle aventure m’a vite interpellé.»  

À titre de président du conseil d’administration du CTEQ, les activités de sensibilisation auxquelles Richard Gauthier est appelé à participer l’enthousiasment parce qu’il en reconnaît la nécessité. Relève de son père avec deux de ses frères dans les années 80, l’entrepreneur de Chicoutimi confie qu’à la faveur d’une règlementation beaucoup moins complexe à l’époque, le processus de transfert s’était effectué en quelques semaines et sans trop de préparation.   

Un monde à redécouvrir

«J’ai eu l’occasion de toucher à plusieurs tâches dans l’entreprise familiale; j’étais donc bien formé au moment de prendre la barre, mais il fallait quand même que l’affaire puisse constituer le gagne-pain de trois entrepreneurs. Avec l’aide du comptable, nous avons alors travaillé à livre ouvert. De nos jours, le contexte est bien différent et une multitude d’enjeux entrent en ligne de compte. Le transfert est un monde à redécouvrir», estime M. Gauthier.

S’il consacre encore quelques heures par semaine à Construction Gauthier, le président du conseil d’administration du CTEQ a connu l’aboutissement de l’exercice de reprise de sa propre entreprise tout récemment. Celui-ci implique son fils, Pier-Alexandre Gauthier, qui en est devenu le président et directeur général, de même qu’un dirigeant externe à la famille, Maxime Tremblay, qui occupe le poste de directeur des opérations. Une mission accomplie!

SECRETS DE RÉUSSITE

Les défis  
Le transfert d’entreprise concerne aujourd’hui énormément d’enjeux, qu’il suffise de penser à la fiscalité, à la réglementation, aux garanties, mais aussi au facteur humain. Dans tout le processus, on doit s’assurer que tout le monde y trouve son compte.

Les bonnes pratiques 
Il est important d’impliquer le plus de gens possible dans la démarche, de transférer le savoir mais, surtout, de ne pas prendre toute la pression comme dirigeant. Pour que l’entreprise soit intéressante à acheter, il faut sans cesse y investir. 

Un conseil 
Avant d’être entrepreneur, on est une personne; l’entreprise n’est pas la seule chose qui existe sur terre! Au moment de quitter, des mécanismes de sortie doivent avoir été prévus et on a avantage à miser sur d’au­tres passions, des projets personnels.

À PROPOS DU CTEQ

Créé en 2015, le CTEQ coordonne les démarches des repreneurs et des cédants dans leur projet de transfert d’entreprise. Présente sur tout le territoire québécois, son équipe de conseillers propose des formations et des événements (sommets, conférences, 5@7, etc.), mais aussi un service de mise en relation et de référencement d’occasions de reprise et de profils de repreneurs, l’INDEX. 

Le Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ) poursuit sa mission et rayonne de plus en plus dans le milieu économique. Dans cette série d’articles, découvrez l’engagement de personnalités d’affaires qui partagent tellement la même vision du CTEQ qu’elles ont choisi d’en devenir des ambassadeurs ou des membres du conseil d’administration.

DEUXIÈME DE 11  • Prochain rendez-vous : le 13 novembre

https://ctequebec.com/

À VOTRE TOUR

Andrew Molson: Brasser des affaires… et promouvoir le repreneuriat

Avec près de 60000 entreprises à céder au cours des prochaines années dans la Belle Province, il est essentiel de préparer la relève entrepreneuriale afin de préserver les emplois, les savoirs et le dynamisme sur tout le territoire québécois. Représentant de la septième génération de la famille Molson, c’est à tout le moins le message que s’applique à transmettre Andrew Molson auprès des actuels propriétaires dirigeants.

«Dans toutes les régions du Québec se trouvent des femmes et des hommes en âge de prendre leur retraite, mais qui sont toujours aussi passionnés par les entreprises qu’ils dirigent. Ils doivent néanmoins apprendre à céder leur place pour le bien de ce qu’ils ont créé au fil des ans. À titre de porte-parole du CTEQ, mon souhait est d’enclencher une réflexion à cet égard chez ces entrepreneurs», fait valoir d’entrée de jeu Andrew Molson.  

Très engagé et détenteur d’une vaste expérience en affaires, l’homme possède le Cabinet de relations publiques NATIONAL, assume la présidence du Groupe conseil RES PUBLICA et siège notamment aux conseils d’administration de Molson Coors Brewing Company, du Groupe Jean Coutu et de la Société en commandite CH, propriétaire du Canadien de Montréal. Il agit en outre comme administrateur de plusieurs organismes à but non lucratif. 

Aide, conseil et soutien

S’il lui tient à cœur d’accroître le rayonnement de la cause du repreneuriat – qui est appelée à gagner en importance dans les années à venir –, il souligne du même souffle que chaque entreprise qui disparaît se traduit par des pertes d’emplois, directs et indirects, et par une communauté qui s’affaiblit. Il insiste donc sur les notions d’aide, de conseil et de soutien autour desquelles s’articule la mission du CTEQ et qui visent la pérennité des organisations.

«Des gens qui sont prêts à acheter, il y en a beaucoup, mais identifier des entrepreneurs qui pourraient vendre s’avère un exercice autrement plus difficile, note M. Molson. Dans le trans­fert, il y a un aspect personnel, émotif. Il existe différentes manières de passer le flambeau, mais l’objectif consiste chaque fois à assurer la poursuite des activités de l’entreprise, à garder la confiance de tous les intervenants qui gravitent autour d’elle.» 

SECRETS DE RÉUSSITE

Les défis  
Dans le cas du cédant, séparer la personne de l’entreprise est souvent difficile. Il faut pour ce faire recourir à des conseillers, particulièrement dans un contexte familial. Il y a un aussi défi de loyauté et d’engagement à long terme dans le processus de transfert. 

Les bonnes pratiques 
Les gens qui ont du succès ont su s’entourer de talents et combinent à la fois une vision à court et à long terme de l’entreprise. Conserver son sens de l’humour et considérer la concurrence avec respect sont également des éléments clés.

Un conseil 
Le transfert, il importe de bien y penser et de se préparer avant d’en parler. On doit avoir en tête le maintien des valeurs et principes qui ont fait la réussite de l’entreprise pour attirer et retenir les talents. Continuer d’être attractif, c’est une forme de leadership… 

À PROPOS DU CTEQ

Créé en 2015, le CTEQ accompagne repreneurs et cédants dans leur projet de transfert d’entreprise. Présente sur tout le territoire québécois, son équipe de conseillers propose des formations et des conférences, mais aussi un service de mises en relation et référencement d’occasions de reprise et de profils d’acquéreurs, l’INDEX. Dans le but d’établir un plan de transfert et d’en maximiser le succès, un accompagnement personnalisé est également offert par l’organisme.

Le Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ) poursuit sa mission et rayonne de plus en plus dans le milieu économique. Dans cette série d’articles, découvrez l’engagement de personnalités d’affaires qui partagent tellement la même vision du CTEQ qu’elles ont choisi d’en devenir des ambassadeurs ou des membres du conseil d’administration.

Premier de 11 • Prochain rendez-vous : le 30 octobre

Série - À votre tour! 6/6

Escaliers Jean Laberge : le souci de rester en région

Pierre-Jean Gagnon a fait un pari osé en reprenant Escaliers Jean Laberge en n’ayant aucune expérience dans l’art qu’est l’ébénisterie d’escaliers. Mais le risque en a valu la peine !

Son « bébé », comme l’appelle Jean Laberge, a été fondé il y a 42 ans à partir de rien. Aujourd’hui, Escaliers Jean Laberge a une réputation bien établie dans la région du Saguenay et un carnet de commandes rempli. À la veille de la retraite, le propriétaire avait une idée claire de la relève qu’il souhaitait. « Je ne voulais pas que mon entreprise tombe entre les mains de grandes compagnies provinciales ou nationales et qu’elle soit transformée en réseau de distribution, comme cela se passe souvent dans la région, dit-il. J’ai toujours eu un tempérament de développeur régionaliste et je voulais que mon repreneur ait la même vision. C’est le cas, et cela me rend extrêmement heureux ! »

Le défi que devait toutefois relever le repreneur, Pierre-Jean Gagnon, était son manque d’expérience en matière d’entrepreneuriat… et du travail du bois. « La fabrication d’escaliers est une technique très spécifique, très pointilleuse, explique-t-il. Grâce au transfert de connaissances d’une durée d’une année, j’apprends la conception, mais aussi la gestion d’une entreprise. »

Une aide précieuse

Pour les accompagner dans ce transfert, les deux entrepreneurs ont fait appel au Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ). « Je pensais que c’était une intervention divine que de les avoir avec nous, souligne Jean Laberge. Je suis un expert dans la fabrication d’escaliers, mais je n’y connais rien en montage financier, en négociation, en processus de transfert d’entreprise. » Et Pierre-Jean Gagnon d’ajouter : « Ils nous ont aidé dans toutes les étapes du transfert. Sans eux, je n’aurais pas pu acheter Escaliers Jean Laberge. »

Après avoir travaillé 15 ans dans une multinationale, Pierre-Jean Gagnon est aujourd’hui pleinement épanoui dans son propre atelier, en compagnie de ses employés et de ses « œuvres d’art » qui orneront plusieurs maisons de la région. Jean Laberge, quant à lui, continue à léguer son savoir-faire au nouveau propriétaire et prendra une retraite bien méritée en mai prochain. Après quoi, il compte tout de même passer voir son bébé de temps en temps, et pourquoi pas, utiliser de nouveau le ciseau à bois !

Série - À votre tour! 4/6

Tabagie Grand-Père : passer le relais à la jeunesse

La tabagie Grand-Père à Louiseville est une véritable institution dans la région de la Mauricie. Propriétaire de père en fils, Michel Ringuette a tenu la caisse de l’établissement pendant 28 ans. Lorsqu’il a confié les rênes de l’entreprise en 2015 à Alexandre Cloutier, un jeune entrepreneur de Trois-Rivières, M. Ringuette a dû apprendre à lâcher prise.

« Quand j’ai rencontré Alexandre, il m’a dit que ce qui l’intéressait dans la reprise de la tabagie, c’était de relever un défi », raconte Michel Ringuette. En effet, Alexandre Cloutier, entrepreneur d’une vingtaine d’années, est déjà propriétaire d’une tabagie à Trois-Rivières. Il a acheté celle de Louiseville dans le but d’asseoir et de développer sa présence dans le secteur du commerce de détail. « Faire cette acquisition me donne un effet de levier intéressant, explique-t-il. Elle me permet d’avoir plus de volume et de fixer un meilleur prix à davantage de produits. »

Lâcher prise : une étape indispensable dans la vente d’une entreprise

Pour Michel Ringuette, céder le commerce qu’il avait repris de son père n’a pas été chose facile. Lors de la vente, il a ainsi proposé à M. Cloutier de travailler dans la tabagie pendant encore deux ans afin de s’assurer que le nouveau propriétaire ait du temps pour se familiariser avec l’entreprise. « C’est grâce aux conseils d’un expert du Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ) que le passage du témoin s’est bien passé, souligne M. Ringuette. Il m’a aidé à gérer mon ressentiment face à la prise de responsabilités d’Alexandre et à lui donner sa chance. Il m’a également aidé à travailler sur moi, à ne pas me stresser avec les choses qui n’allaient pas à mon goût. J’ai donc pu lâcher prise à ce moment-là, et ça fonctionne bien depuis ce temps. »

Quant à Alexandre Cloutier, le soutien du CTEQ lui a permis de circuler sans encombre dans ce processus de transfert de connaissances. « Lorsque quelque chose chicotait Michel ou inversement, on en parlait avec l’expert du CTEQ. Ensuite, on se rencontrait tous les trois dans un café pour en discuter. Ces rencontres ont vraiment aidé à réduire les tensions et à faire en sorte que tout aille pour le mieux. »

Grâce à ces deux années de cohabitation, Alexandre Cloutier a pu trouver sa place non seulement au sein de l’entreprise, mais aussi auprès de la clientèle. La retraite de Michel Ringuette est prévue pour février, mais il compte tout de même venir de temps en temps s’acheter un billet de loterie et, sait-on jamais, gagner le gros lot !

SÉRIE - À votre tour! 2/6

Transfert d’entreprise en deux temps : Mécanique Concept M.B. prépare sa relève

Il y a deux ans, Mario Boudreau, propriétaire de Mécanique Concept M.B., ne songeait pas encore à la retraite. Mais quand deux de ses employés ont manifesté leur intérêt à reprendre l’entreprise, il a saisi l’occasion pour préparer sa relève, faisant du même coup un généreux cadeau à ses nouveaux associés.

L’entrepreneur a décidé de transférer l’entreprise à ses employés en deux temps, en commençant par leur céder 49 % de ses actions à prix d’ami. « Ce n’est pas facile de trouver une bonne relève, explique le fondateur de cette entreprise de mécanique industrielle située à Dupuy, en Abitibi-Témiscamingue. Les gars étaient intéressés et avaient du potentiel, alors je me suis assuré qu’ils ne soient pas pris à la gorge dès le départ. »

Lancée en 2005, Mécanique Concept M.B. compte une trentaine d’employés et réalise un chiffre d’affaires annuel de deux millions de dollars. Si tout va comme prévu, Guy Dallaire et Aaron Lahaie, les deux nouveaux associés, en deviendront entièrement propriétaires dans cinq ans. Cette période de transition leur donnera le temps d’acquérir les connaissances et l’expérience nécessaires pour diriger l’entreprise. « Nous avons encore beaucoup à apprendre, et nous sommes très chanceux de pouvoir compter sur l’expérience de Mario », souligne Guy Dallaire.

Un transfert bien planifié

Pour s’assurer de bien faire les choses, Mario Boudreau s’est bien entouré. Il a fait appel à la MRC d’Abitibi-Ouest pour élaborer un plan stratégique et n’a pas hésité à consulter notaire, comptable et fiscaliste. Surtout, il a pu compter sur l’appui précieux d’un conseiller du Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ), un organisme qui appuie gratuitement les entrepreneurs dans ce type de transaction.

« Le CTEQ nous a permis de prévoir toutes les éventualités et de faire appel aux bonnes ressources, affirme Mario Boudreau. Leur présence dans le dossier a aussi rassuré les institutions financières. Les gens du CTEQ ont vu des centaines de transferts d’entreprise, et leur expertise nous a fait gagner beaucoup de temps. Mon seul regret est de ne pas les avoir consultés plus tôt ! »

Un nouveau souffle

L’arrivée de ses deux associés a eu un effet stimulant sur l’entreprise, qui a le vent dans les voiles. « Mes associés ont de l’ambition et ont envie de faire progresser l’entreprise. Alors, j’embarque et j’ai beaucoup de plaisir, parce que je ne suis plus seul pour le faire », dit l’entrepreneur. Une vitalité qui augure bien pour l’avenir de Mécanique Concept M.B.

SÉRIE - À votre tour! 1/6

Boutique Mika à Montréal : plus qu’une vision, une conviction

Des projets, Diane Kiendredeogo en a plein la tête pour sa nouvelle acquisition : Boutique Mika.  Situé sur le Plateau-Mont-Royal à Montréal, le commerce est spécialisé dans la vente de vêtements, de sacs et de bijoux. Mais avec sa nouvelle propriétaire, il va faire peau neuve…

Originaire du Burkina Faso, Diane Kiendredeogo arrive pour la première fois au Québec il y a deux ans. Auparavant à la tête d’une boutique spécialisée en cosmétique pendant plusieurs années, elle ne rêve que d’une chose en posant le pied dans la province : redevenir propriétaire d’un commerce. « Quand je suis arrivée à Montréal, j’ai d’abord cherché un emploi, raconte-t-elle, mais j’avais déjà le projet d’acquérir une entreprise et de la développer. »

Pour éviter les erreurs

Réflexion, recherche d’occasions d’affaires, planification : Diane Kiendredeogo est passée par plusieurs étapes avant d’acquérir Boutique Mika. « Comme je suis nouvelle dans le milieu des affaires québécois, je tenais vraiment à être accompagnée dans mes démarches pour ne pas me tromper ni risquer de perdre du temps et de l’argent. »

L’entrepreneure a donc fait appel au Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ), spécialisé dans l’accompagnement des cédants et des repreneurs lors du processus de transfert de propriété. « J’avais déjà identifié le commerce que je voulais acheter, explique Mme Kiendredeogo. Les conseillers du CTEQ m’ont aidé à passer au travers des nombreuses questions légales et administratives. Ça m’a beaucoup rassurée de les avoir à mes côtés tout au long de l’acquisition. »

Le CTEQ a mis la future propriétaire de la boutique Mika en relation avec des partenaires pouvant l’aider dans la mise en place et le développement de son commerce. Parce que Diane Kiendredeogo a une vision bien précise de l’avenir : elle veut miser sur le développement durable. « Je ne souhaite pas simplement vendre des vêtements, explique-t-elle. Je veux que mes produits soient d’origine québécoise, avec du matériel de bonne qualité, et surtout qu’ils soient fabriqués en respectant l’environnement. C’est vraiment important pour moi. »

Ayant déjà repris telle quelle l’activité du propriétaire précédent, Diane Kiendredeogo est actuellement à la recherche de financement pour l’aider à concrétiser son nouveau projet d’affaires. Elle est bien décidée à amorcer des changements dès que possible pour apporter sa touche personnelle au marché du vêtement québécois.

SÉRIE - À votre tour! 3/6

Relève familiale au IGA Extra de Shawinigan : L’art de conjuguer deux générations

Claude Baril, propriétaire du supermarché IGA Extra de Shawinigan, vient de passer le flambeau à sa fille Selena. Un transfert qui a exigé des deux parties de la conciliation... et de la patience!

Au départ, Selena Baril ne souhaitait pas reprendre les rênes du commerce familial. C’est en travaillant pour d’autres employeurs que l’idée a toutefois germé dans son esprit. « Je m’investissais dans les entreprises précédentes comme si elles m’appartenaient, explique-t-elle. À un moment donné, j’ai réalisé que j’avais une belle occasion devant moi et que ça pourrait être intéressant de travailler à mon compte. »

Lorsqu’elle a intégré le IGA Extra de Shawinigan, Claude Baril a été le plus heureux des pères, malgré les difficultés qui les attendaient. « Ce qu’il y a de plus facile, c’est de vendre, de prendre le chèque, de le déposer et de ne plus être préoccupé par son entreprise lorsqu’on va se coucher le soir, concède-t-il. Mais je suis fier que ma fille prenne la direction. Je me ferai toujours du souci pour elle, mais je suis sûr qu’elle va réussir. »

Passer la main en dix ans

Le relais aura pris une dizaine d’années à Claude Baril et à sa fille : le temps pour elle de gravir les échelons et de devenir autonome dans la gestion de l’entreprise. Dix ans au cours desquels deux générations et deux visions ont dû se côtoyer et s’adapter. « Au début, on veut montrer qu’on est capable, qu’on est autonome, qu’on n’a pas besoin des conseils du père-patron, constate Mme Baril. De son côté, il veut nous montrer qu’on a encore besoin de lui. On a réussi grâce aux conseils du CTEQ à mieux travailler en équipe. Lui, il a l’expérience, et moi, j’ai une nouvelle vision ; le but est de faire un mélange des deux. Tout le monde en est sorti gagnant ! » 

En faisant appel au CTEQ, la famille Baril a trouvé une aide indispensable. « Dans une relève entrepreneuriale, les sentiments entrent en compte, confie Claude Baril. On a eu besoin de quelqu’un avec une vision extérieure et impartiale. On nous a permis de prendre conscience de toutes les étapes que comprenait une reprise familiale et, dans certains cas, le CTEQ a été un véritable médiateur ! »

La passation de pouvoir est pratiquement complétée pour la famille Baril. Selena Baril a officiellement pris la direction du IGA Extra de Shawinigan, et son père ne vient plus que deux matinées par semaine...