Complexe funéraire J.D. Garneau

Thanatologue : un métier qui intrigue

Souvent méconnu de la population, le métier de thanatologue intrigue évidemment par sa nature qui sort de l’ordinaire. Toutefois, ce métier mérite d’être reconnu à sa juste valeur, en raison de son importance au sein de la société.

Pour mieux comprendre en quoi consiste ce métier, la Corporation des thanatologues du Québec y va de cette définition : le technicien en thanatologie exerce ses fonctions dans des entreprises de services funéraires et auprès de familles en deuil appartenant à divers milieux et à diverses cultures et religions. La planification, l’organisation et la direction des rites funéraires font partie de sa formation, tout comme les techniques de manipulation, de conservation et de présentation des défunts ainsi que l’exécution de tâches administratives quotidiennes. 

À titre informatif, au Québec, ce sont 3000 travailleurs qui exercent leur métier quotidiennement dans l’industrie funéraire.

Autrefois appelé croque-mort, le professionnel en thanatologie assume actuellement de plus larges fonctions. Ainsi, selon ce que rapporte le site
monemploi.com, si l’on attendait du thanatologue d’hier, qu’il ait une présence plutôt effacée, on s’attend, aujourd’hui, à ce qu’il ait des aptitudes multidisciplinaires... Il devra avoir un bon équilibre émotif et psychologique, ainsi que plusieurs qualités interpersonnelles telles que la capacité de travailler avec des gens éprouvés et celle de manifester de l’empathie à leur endroit. Il devra aussi être attentif, à l’écoute, et posséder un sens aigu de la vente, puisqu’il devra pouvoir guider et conseiller une clientèle de plus en plus exigeante.

À l’heure actuelle, encore peu de gens endossent ce métier. À cet effet, au Collège de Rosemont, à peine 15 élèves par année obtiennent leur diplôme en thanatologie. D’ailleurs, depuis 1980, le Collège de Rosemont est le seul établissement public d’enseignement québécois autorisé à offrir ce diplôme d’études collégiales.

Malgré tout, pour la majorité de la population, la mort reste intrigante et mystérieuse et la côtoyer de si près au quotidien peut sembler effrayant. Ronny Bourgeois, le directeur général actuel du Complexe funéraire J.D. Garneau n’est pas du même avis, lui qui est dans le domaine funéraire depuis de nombreuses années. Il s’est donc prêté au jeu et a répondu à quelques questions relatives à ce métier intrigant. 

En quoi le métier de thanatologue n’est pas un métier comme les autres?

Ce sont surtout les horaires de travail qui rendent le métier différent. Vous vous en doutez bien, la mort se produit à toute heure du jour et de la nuit. Les professionnels funéraires sacrifient souvent des rencontres familiales, des soupers d’amis, afin de répondre à des familles dans le besoin. Cela demande une grande facilité d’adaptation. 

Qu’est-ce qui est le plus surprenant du métier de thanatologue?

La fausse image du public qui pense que nous sommes des gens riches. Il y a une différence marquée entre le coût des funérailles et le salaire des professionnels qui travaillent dans une maison funéraire. Si on calcule le nombre d’heures qu’un thanatologue fait dans une semaine, le fait qu’il doit être disponible 24h/24, qu’il peut être dérangé n’importe quand dans ses activités personnelles pour aider des gens dans le besoin, je vous assure que ce n’est pas pour le côté pécuniaire de la chose que nous nous lançons dans les affaires funéraires!

Quelles qualités doit-on avoir pour faire ce métier?

Il faut être en mesure d’accompagner, de conseiller et de soutenir les gens, en plus de les assurer d’une présence constante, mais discrète, d’abord et avant tout... Puis,  il faut avoir le sens artistique développé, afin de redonner à l’être cher disparu, l’apparence naturelle qu’il avait de son vivant.

Est-ce difficile de côtoyer la mort au quotidien?

Il faut apprendre à se faire une carapace. C’est loin de toujours être facile...Je crois par contre que la mort, présente dans nos vies au quotidien, fait de nous des êtres fondamentalement vivants et enthousiastes.

Est-ce difficile de recruter de nouveaux employés dans ce domaine d’emploi?

Nous avons parfois, comme dans bien des domaines de la difficulté à trouver du personnel motivé. Toutefois, notre entreprise a su au fil des ans, recruter des jeunes dynamiques qui apportent un vent de fraîcheur.

Qu’est-ce qui est le plus stimulant dans ce métier?

Nous carburons tous à aider les familles à passer à travers l’épreuve qu’ils vivent. Comme nous sommes nous-mêmes une grande famille unie, nous souhaitons toujours faire la différence dans la vie de nos clients, en leur facilitant le plus possible les premières étapes du deuil...

Qu’est-ce qui est le plus difficile dans ce métier?

Nous sommes toujours touchés par certaines histoires ou certaines situations plus dramatiques que d’autres. Les années d’expérience ne nous apprennent malheureusement pas à nous détacher complètement des tragédies dont nous sommes témoins. Nous demeurons humains, d’abord et avant tout.