Ron Choules va affronter les Olympiques pour la première fois à titre d’entraîneur-chef des Cataractes de Shawinigan vendredi soir à Québec.
Ron Choules va affronter les Olympiques pour la première fois à titre d’entraîneur-chef des Cataractes de Shawinigan vendredi soir à Québec.

Un duel significatif pour Ron Choules

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
Le duel sera disputé en terrain neutre et sans spectateur à Québec, mais n’allez surtout pas croire que le premier match de Ron Choules contre son ancienne équipe n’a aucune signification à ses yeux.

Les Cataractes de Shawinigan ne devaient pas affronter les Olympiques de Gatineau cette saison, mais dans la bulle de la LHJMQ à Québec, les deux clubs vont croiser le fer vendredi soir au Centre Vidéotron. Nouvel entraîneur-chef des Cataractes, Ron Choules risque d’avoir des émotions partagées. Comme entraîneur, il a travaillé à Victoriaville, à Bathurst et au Cap-Breton, mais c’est à Gatineau, comme adjoint à Benoît Groulx et ensuite à Éric Landry où il a passé le plus clair de son temps dans le circuit Courteau. Ce n’est pas tout.

«Les gens oublient qu’avant la venue d’Internet et des réseaux sociaux, j’ai sué à grosses gouttes pour ce logo-là en tant que joueur. J’ai grandi à Hull. Je suis attaché à cette équipe», a dit celui qui a inscrit 97 points en 141 matches pour les Olympiques de Hull entre 1980 et 1983.

Ah oui, il a accumulé 470 minutes de punition à une époque où le hockey servait aussi de prétexte pour présenter un gala de boxe.

Le logo des Olympiques est tatoué sur le coeur de Ron Choules, mais ce logo a aussi laissé des cicatrices. À deux reprises, il pensait avoir mérité le droit d’accéder au poste d’entraîneur-chef à Gatineau.

«Les deux fois, je n’ai même pas été considéré. Je n’ai jamais reçu un appel de courtoisie. Je comprends le processus. Je n’étais peut-être pas l’homme de la situation, mais je n’ai pas eu droit à une entrevue. Je sais que la dernière fois, il y avait sans doute des inquiétudes en raison de mes ennuis de santé qui m’ont forcé à démissionner. L’équipe s’est très bien occupée de moi. Le médecin, les thérapeutes. Je les remercie. J’étais dans une mauvaise place. Je vais beaucoup mieux maintenant.»


« L’équipe [les Olympiques de Gatineau] veut ramener la tradition gagnante et parle d’un rapprochement avec ses anciens. Pourtant, on dirait que ce sont les anciens Voltigeurs qui ont obtenu les postes clés. »
Ron Choules

Des Olympiques-Voltigeurs

Ron Choules assure qu’il ne veut pas donner l’impression d’être rancunier. Ce n’est pas son objectif, mais dans son cri du coeur, il s’explique mal le double discours de l’organisation qui souhaite se rapprocher de ses anciens.

«Je suis un ancien joueur. J’ai été entraîneur-adjoint pendant quatre ans. On ne m’a pas considéré. C’est la même chose pour des gars comme Marty Johnston et Gordie Dwyer, des anciens joueurs qui ont saigné pour le club. Ils sont devenus de bons entraîneurs, mais ils n’ont jamais été considérés pour le poste d’entraîneur-chef non plus. L’équipe veut ramener la tradition gagnante et parle d’un rapprochement avec ses anciens. Pourtant, on dirait que ce sont les anciens Voltigeurs qui ont obtenu les postes clés.»

Quand on lui demande d’expliquer cette réflexion plus loin puisque Louis Robitaille arrive de Victoriaville, Choules parle d’abord de Derick Brassard qui s’est joint au groupe des propriétaires. Il est un ancien Voltigeur.

«Louis a commencé sa carrière de coach à Drummondville. Quand Ben Groulx est parti dans la Ligue américaine, ils ont pris Mario Duhamel, un ancien des Voltigeurs. Martin Raymond est un ancien des Voltigeurs. Bon, c’est une nouvelle ère. Il y a de nouveaux propriétaires. Ils font ce qu’ils veulent. Louis Robitaille et Darren Rumble sont de bons entraîneurs. Je comprends ça. Je leur souhaite bonne chance. Vraiment. Sauf que c’est une chose de dire que les anciens sont importants, quand en réalité, ce ne sont que des paroles. J’aurais aimé avoir un appel, c’est tout.»

Sacrifices

Évidemment, Ron Choules a été témoin des ventes de feu des Olympiques pour préparer l’avenir du club, qui repose maintenant entre les mains de Louis Robitaille.

«Nous avons fait des sacrifices. Nous avons souffert. Je me sens mal pour Éric (Landry). Il allait avoir un super club pour les prochaines années. Une année, aux Fêtes, nous étions en deuxième place du classement général et nous avions vendu nos meilleurs joueurs quand même. C’était difficile. Nous pensions avoir l’équipe pour aller jusqu’au bout.»

L’avenir des Olympiques est radieux, mais parfois, il suffit de parler à un ancien pour comprendre l’envers de la médaille. Le duel Olympiques/Cataractes ne sera certainement pas un match comme les autres vendredi soir.